Ce n’est pas mon genre. Texte intégral Octobre 2017

couv Ce n'est pas mon genre Amazon

Jean-Paul Dominici

Ce n’est pas mon genre !

éditions les trois clefs

collection Thrillers

couverture : Gerrymages /Pixabay

Je m’appelle Anne, et d’après ce que je peux entendre autour de moi, j’aurais toujours étée, et ce depuis ma plus tendre enfance, une jolie petite fille, une agréable et gentille brunette aux formes androgynes, même si j’ai parfois étée un peu trop tapageuse. Car j’étais, il est vrai, une de ces sales gamines qui adorent se friter avec les petits mecs, à commencer par celui que j’avais en permanence sous la main, à savoir Hugo, qui à le malheur d’être mon frère jumeau, mais par contre j’ai aussi étée une fille qui a toujours su se montrer d’une tendresse exemplaire avec ses copines. Toute petite, je travaillais assez bien à l’école, mais sans faire de miracles, toutefois, et cela je suis bien obligée de le reconnaître. La matière dans laquelle j’excellais, c’était les travaux manuels, le découpage, le modelage, les cubes, puis les jeux de construction, quand j’ai fait ma maternelle. Plus tard, mes préférences iront tout naturellement aux sciences naturelles, au dessin et à la musique.

A partir de l’âge de douze ans je me suis mise à grandir à vitesse accélérée. Mon visage poupin s’affina tandis que les aimables contours d’une petite poitrine commencèrent à se dessiner.

C’est à cette époque que j’ai commencé à délaisser mes poupées pour aller affronter les garçons sur le terrain de foot, un jeu que j’adorais et pour lequel je fis preuve de dons stupéfiants, dribblant, courant et shootant comme une aliénée.

C’est à l’issue d’un de ces matchs endiablés, alors que je prenais paisiblement ma douche, qu’un léger écoulement de sang suinta de mon ventre pour dévaler lentement, comme un ruisseau à sa source, le long de ma cuisse à la peau brune.

Sur le coup je ne dis rien à personne mais j’évoquai quand même ce curieux phénomène avec ma mère, une fois rentrée chez à la maison. Nous habitions à l’époque un charmant pavillon abrité sous les saules pleureurs, près de la rivière, Oh, ce n’était pas une très grande rivière mais il s’agissait c’était plutôt d’un cours d’eau tranquille, un de ces endroits  prisés des pêcheurs du dimanche, ceux qui ne pêchent que les petits poissons blancs, et sur lequel nageaient paisiblement de nombreux canards de toutes races et tout autant de foulques noirs à tête blanche et parfois je pouvais même y apercevoir une mouette égarée.

— Oh ma petite chérie, mais, ce n’est rien, ce n’est absolument rien, je t’assure, me dit-elle avec pédagogie, d’une voix qui se voulut rassérénante ; ce petit écoulement de sang, ça s’appelle les règles, et il va falloir que tu t’y habitues, parce que ça se reproduira tous les 28 jours, très exactement. C’est le mois lunaire ! C’est parce que tu ne seras bientôt plus une petite fille, parce que tu vas devenir une petite femme, à partir d’aujourd’hui.

Le phénomène se reproduisit, en effet, mais pas tous les 28 jours, comme me l’avait imprudemment annoncé ma mère, mais il se reproduisit selon un rythme qui fut beaucoup plus aléatoire.

Vers l’âge de seize ans, je commençai à sortir seule. J’adorais danser, que ce soit dans les bras d’un garçon, ou, mieux encore, dans ceux d’une fille, parce que, à choisir, je préférais ceux des filles, je m’y sentais plus au chaud, mais surtout, je m’y sentais inexplicablement plus en confiance et en sécurité.

Mais, à force de me frotter à la gent féminine, parmi tout ce qui porte petite culotte et charmant soutien-gorge, et cela vous le comprendrez, je pense, ce qui devait arriver finit bien entendu par arriver, et cela arriva même relativement vite ! Car, de papouilles en papouilles, puis de caresses en caresses, qui se firent, ainsi que vous pourrez aisément l’imaginer, de plus en plus en caresses osées, j’en vins tout naturellement à échanger, du moins avec les plus chaudes parmi mes jolies copines, mes premiers bisous, qui furent de chastes et innocents bisous au début, mais qui virèrent rapidement en délicieux baisers francs, à l’occasion desquels je pris un immense plaisir à avancer ma langue à la rencontre de celles de mes petites amies pour l’entortiller longuement et voluptueusement à la leur.

Oh, je dois vous avouer que je ne fus pas longtemps fidèle à Stéphanie, qui fut mon premier et charmant flirt, qui était une jolie petite blonde aux cheveux longs et lisses qui sentaient toujours très bon, mais au contraire, et je n’en ai pas le moins du monde honte, je multipliai, et je surmurmultipliai, même, pour être tout à fait franche, les aventures.

Et ce fut ainsi je me sentis rapidement beaucoup proche des filles que des garçons, même si je trouvais que certains d’entre eux étaient franchement mignons, pour ne pas dire simplement craquants. Ainsi, c’est tout naturellement que ma première véritable relation sensuelle, et sexuelle, surtout, eut lieu avec une charmante demoiselle qui se prénommait Viviane, comme la fée, et c’est vrai que pour moi c’en était une, et une belle, pour ne pas dire une ravissante, en plus ! Elle était brune et elle était vraiment très mignonne, avec ses longs cheveux noirs bleutés qui lui cascadaient si joliment sur les épaules, qu’elle avait fort charmantes, surtout en été, lorsqu’elles étaient impudemment dénudées, dès le retour des premiers rayons du soleil. La jolie nymphette qui m’a initiée à ces nouveaux jeux, qui furent pour moi d’un tout nouveau genre, fut suivie de nombreuses autres, qui furent blondes ou brunes et j’eus même le bonheur de tenir dans mes bras, longtemps, une ravissante et ultra chaude petite antillaise originaire de Saint-Martin, qui est une petite île située près de la Guadeloupe, m’a-t-elle expliqué. Je pris vraiment beaucoup de plaisir, je vous le jure, à ces tendres et chaleureux ébats avec cette fille dont la peau était douce et sucrée comme du bon miel d’acacia, mais ce furent des ébats que je souhaitai bien entendu garder les plus secrets possible, car mes parents semblaient s’inquiéter de ne me voir fréquenter que des filles. Un jour, en effet, ma mère ne m’avait-elle pas dit :« J’espère que tu ne vas pas nous virer lesbienne, ma fille, parce que moi, vois-tu, j’aimerais beaucoup que vous nous fassiez des petits enfants, ton frère et toi, beaucoup d’insupportables loupiots, tels que vous l’avez été vous-même, mais ce ne fut à vrai dire que pour notre plus grand bonheur !

Elle s’appelait Célimène, et oui, comme dans la chanson de David Martial, et c’est pour cette raison que toute la journée on pouvait m’entendre chanter, où que je me trouve, à ma maison, au sport, et même à l’école, parfois !

 

 

« Depuis deux mois
J’en reviens pas
Je m’de-mande si je n’rêv’ pas
Tout ça est bien trop beau pour moi
I-maginez
Une poupée
La plus bell’ fill’ du pays
Et la plus a-moureus’ aussi
C’est tout cela
Cé-li-mèn’

Et plus que ça
Cé-li-mèn’
Et c’est pour mèn’
Cé-Cé-Cé-Cé-li-mèn’
Moi je nag’ en pleine folie »
 

Cependant mes amis, à force de faire plus ou moins l’amour avec mes adorables petites amies, je finis par prendre conscience de faits auxquels je n’avais jusqu’à présent pas accordé la moindre importance. Si je dis « plusoumoins », ça signifie bien plus ou moins, parce qu’en fait nous ne nous satisfaisions le plus souvent que de nous embrasser à en perdre haleine et à nous caresser sur toutes les faces afin de nous procurer un maximum de plaisir mutuellement mais nous n’allions que très rarement jusqu’à connaître de véritables jouissances, de véritables orgasmes, quoi ! Tenez, regardez mes seins, par exemple, s’ils étaient joliment dessinés, car oui, c’est vrai, je les ai toujours trouvés particulièrement mignons, mes seins, mais ils étaient manifestement sensiblement plus petits que la moyenne, et ça, il vous faut le savoir, parce que c’est un détail, peut-être, mais c’est un détail qui est quand très important si vous voulez tout comprendre à la suite de mon histoire ! Mes hanches, elles aussi, étaient moins larges. Mais la différence la plus importante résidait dans la taille de mon clitoris. Car, loin d’être petit, mignon et discret comme ceux de mes amies, ces adorables boutons de rose que j’adorais suçoter, longuement, interminablement et lascivement, le mien était franchement plus épanoui, voire il était tout simplement conquérant ! De fait, il ressemblait un peu à la zézette de mon frère, mais en plus petit, quand même, il ne faudrait quand même pas tomber dans une exagération de mauvais aloi,, et les testicules en moins, bien sûr ! Il arrivait même que sa taille devienne franchement impressionnante quand il était amoureusement sollicité par la petite langue agile, ou par les doigts délicieusement fripons de mes si peu farouches partenaires.

Je sortais régulièrement, aussi, à cette époque, pour aller me balader, pour aller faire les boutiques, en ville ou dans les centres commerciaux, pour aller à des concerts mais aussi j’adorais aller danser en discothèque. Un vendredi soir ne voilà-t-il pas que je tombai sur Maxime, qui était un  de mes camarades du lycée, et c’était même un de mes bons copains, un garçon assez grand et très mignon avec de très beaux cheveux longs pas noirs mais presque. Nous nous connaissions bien, et nous nous appréciions aussi beaucoup, ainsi, les manœuvres d’approche de ce charmant garçon brun aux cheveux longs, qui était alors un peu plus âgé que moi, aboutirent rapidement, et peut-être même un peu plus rapidement que ce qu’il aurait pu l’imaginer. Et c’est ainsi qu’après avoir dansé quelques slows langoureux collé-serré avec lui il prit très aimablement ma bouche, et toujours  en douceur il me mordilla la lèvre inférieure, puis il m’embrassa très tendrement, et il continua de plus en plus fougueusement, et il le fit même passionnément, un peu comme s’il s’était soudain senti tomber follement, et même éperdument, amoureux de moi, de bibi, et oui, moi qui jusqu’à ce jour n’avais aimé que des filles ! Aussi, le moins que l’on puisse dire c’est que cette déclaration d’amour muette m’a fait tout drôle, et qu’elle m’a même décontenancée mais par contre elle ne m’a pas le moins du monde fait mouiller ma culotte, non plus, même si je suis restée longtemps scotchée contre lui en le tenant amoureusement par la taille, et oui, vous avez bien lu, parce que j’ai bien dit « amoureusement ! » !

Lorsque nous nous quittâmes, vers une heure du matin, il me dit, en me prenant la main : « Est-ce ça te dirait de venir avec moi à la mer dimanche, parce que mon père est d’accord pour me prêter sa voiture, c’est très sympa, tu sais, parce que c’est loin d’être une guimbarde, sa bagnole ! Mais le problème c’est qu’il en prend le plus grand soin, alors il va falloir que je fasse super gaffe ! « Pourquoi pas, où voudrais-tu aller, lui demandai-je ? »

— Oh pas très loin, vraiment pas très loin, juste à Cabourg, parce que je n’ai pas encore l’habitude de conduire sur de longues distances, je viens juste d’avoir mon permis, tu sais.

— Cabourg, oh, je n’y suis jamais allée, mais il paraît que c’est très sympa, alors oui, c’est OK, tu peux m’embarquer pour la grande aventure.

Le dimanche matin, Maxime vint me chercher, moi, sa nouvelle conquête aux cheveux longs et aux trop petits nichons, par contre, déplorai-je une fois de plus, pour m’emmener à la mer, et je trouvai cet instant très chouette, quand il se gara adroitement devant le portail vert de notre petite maison !

Cette journée de fin juin me parut être idéale pour une sortie en amoureux, car il n’y avait pas trop de monde sur la route, et le temps était resplendissant. Le soleil brillait furieusement et aucun nuage ne venait maculer le ciel, qui resta toute la journée d’un bleu irrésistible.

Et cette nouvelle relation me changeait plutôt agréablement de mes habituelles fréquentations féminines, vous savez.

Oh non, ce n’est pas parce que j’en avais marre des filles, loin de moi cette idée saugrenue, mais j’avais alors, en bonne curieuse et exploratrice que je suis, vraiment envie de goûter à autre chose, de passer de la pourtant savoureuse salade de clitoris, à quelque chose que j’imaginais être beaucoup plus ferme et consistant, si vous voyez ce que je veux dire… Et, pour ne rien gâcher, je trouvai en Maxime un garçon plutôt charmant, attentionné, et surtout c’était quelqu’un de formidablement intéressant !

Passionné comme il l’était de littérature contemporaine et d’astronomie, sa conversation était par conséquent très agréable, et toujours aussi riche que variée.

Après cette tendre escapade, au cours de laquelle nous avions copieusement flirté, je suis bien obligée de vous le dire, vu la suite, nous prîmes l’habitude de sortir régulièrement ensemble et, du coup, je voyais moins mes copines. Charlotte, cette délicieuse jeune fille blonde aux cheveux qui tiraient un peu sur le roux m’en a même fait la remarque, et elle en eut même l’air un peu fâchée. Bien heureusement, je ne lui avais pas parlé de ma relation avec le beau Maxime, me satisfaisant d’évoquer un surcroît de travail scolaire, des révisions, en maths et en chimie, qui était comme chacun le sait les matières où j’étais la plus faible, tant il est vrai que je me sens, aujourd’hui encore, plus l’âme d’une artiste que celle d’une ingénieure !

Je ne se sentais bien sûr pas encore amoureuse de lui, oh ça non, pas du tout, même, mais j’appréciais tout de même vigoureusement la solidité et le charme de ce premier compagnon, de ce beau et sympathique mâle, ce qui eut aussi pour mérite de rassurer définitivement ma mère sur mon orientation sexuelle, et dès lors elle commença à se voir vieillissante en train de faire des confitures bios pour une ribambelle d’adorables et turbulents marmots.

Un jour, bien sûr, à force d’insister, de flirt en flirt, de langoureux baisers en baisers passionnés, de flirt poussé en flirt encore plus poussé, qui avait vu sa main droite se promener lascivement  sur ma foune humide, tandis que la gauche explorait minutieusement ma petite poitrine dont il me dit qu’il la trouvait adorable, oh comme j’en fus heureuse, lorsqu’il me fit ce doux compliment, mais il n’a caressé ma petite chatte qu’à travers le voile de ma culotte, quand même, et après qu’il m’ait gentiment, mais résolument, cette fois, mise carrément à poil, je me retrouvai au creux d’un lit avec lui.

Oh, nous n’avons pas eu à aller le chercher bien loin, ce plumard providentiel, puisque ce fut celui de ses parents, tout simplement, qui étaient partis pour trois longs jours dans leur maison de campagne du Touquet en lui abandonnant les lieux.

Ce fut une folle et douce après-midi, vous pouvez me croire, une après-midi au cours de laquelle, après avoir copieusement chahuté, nous nous sommes tout aussi copieusement et longuement embrassés, et même amoureusement caressés sur tout  le corps, de la racine des cheveux à l’extrémité des orteils, en passant par les bras, les épaules, le cou, le torse et les seins, les jambes, le ventre et les fesses, mais aussi bien entendu la foune et la bite, que je trouvai être fort jolie tout en étant follement intrigante. Puis, lorsque nous parvînmes tous deux au summum de l’excitation et que nous commencions, lui comme moi, il faut bien le dire, car n’allez surtout pas croire que je n’aurais pas eu autant envie de baiser que lui, moi aussi, car en réalité j’en avais envie au point de ne plus en pouvoir, mais il avait quand même fallu que j’aille faire un gros pipi avant que Maxime enfile sagement un préservatif avant de m’écarter cette fois doucement, tendrement et amoureusement, les jambes et, après m’avoir de nouveau longuement caressée et encore tout aussi délicieusement longuement embrassée, il me pénétra alors, mais il le fit avec infiniment de tact et de douceur. Ainsi, je n’ai absolument pas eu l’impression qu’il n’explosait la pachole à la dynamite, comme cela a été le cas pour quelques unes de mes copines, qui mont raconté leurs dépucelages laborieux et traumatisants, mais au contraire j’eus l’impression qu’un long et sympathique serpent de mer s’y faufilait avec infiniment de douceur, et ce fut pour moi, je vous assure, mieux qu’une sympathique découverte, car en fait ce ne fut rien de moins qu’une véritable révélation, et même un vrai bonheur !

Arrivés à ce point de mon histoire, qui est loin d’être terminée, parce ce n’est bien entendu pas de mon dépucelage réussi que je voulais vous parler, mais bien de tout autre chose, et de quelque chose de beaucoup plus compliqué ! Il n’est peut-être pas nécessaire que je vous dise qu’après m’avoir si agréablement pénétrée Maxime me fit ensuite longuement et paisiblement l’amour, comme un chef !

Il sembla y prendre beaucoup de plaisir, mais malheureusement, pour moi, cela fut un peu différent.

Car si j’appréciai bien sûr à sa juste valeur le doux martèlement du ventre du garçon contre le mien, je fus néanmoins un peu gênée par une douleur diffuse que je ressentis au niveau de mon vagin pendant tout le temps où il m’a baisée, ce qu’il avait pourtant fait calmement et posément, et même avec infiniment d’amour, du moins c’est comme cela que je le ressentis. Et pourtant, ce fut un peu comme si un jardinier m’avait énergiquement binée de l’intérieur.

Cette sensation désagréable m’avait un peu gâché le plaisir de faire enfin l’amour comme le font toutes les vraies filles, aussi il était hors de question que je reproduise cette expérience sans avoir entrepris au préalable les actions nécessaires et indispensables afin d’y porter remède.

Lassée de devoir me refuser à mon compagnon, qui me sembla, pour sa part, avoir pleinement apprécié notre tout premier véritable rapport sexuel, au point de souhaiter de toute évidence en avoir un autre au plus tôt, je me dévidai à prendre rendez-vous avec un gynécologue.

Je dois faire de la sécheresse vaginale, ou avoir une mycose, pensai-je, mais tout ça se soigne sans le moindre problème, de nos jours, alors, me dis-je, il n’y a même pas à hésiter.

Le médecin, qui était une belle femme blonde aux cheveux dorés qui ressemblait comme une sœur jumelle à Catherine Deneuve, et qui me sembla n’être âgée  que d’une petite quarantaine d’années, fit preuve de beaucoup de professionnalisme et elle m’accorda tout le temps qu’elle jugea nécessaire pour m’examiner le plus soigneusement possible.

— Bonne nouvelle, s’exclama-t-elle joyeusement après m’avoir examinée sous toutes les coutures à l’aide de tous ses machins et de tous ses bidules en acier chromé, vous n’avez pas de mycose, mademoiselle, je ne vois en effet pas la moindre trace d’un problème de ce côté-là, et vos sécrétions, elles aussi, me semblent tout à fait satisfaisantes. En d’autres termes, vous devriez pouvoir mouiller suffisamment pour assurer une lubrification correcte de votre vagin pendant les rapports sexuels !

Vous avez un frère jumeau, m’avez-vous dit, un faux jumeau, forcément.

— Oui, bien sûr, forcément, parce que nous sommes dizygotes. Nés de deux spermatozoïdes, m’a expliqué maman, et de deux ovules, aussi.

– En fait je crois voir d’où viennent vos problèmes lors des rapports, votre vagin est simplement très étroit, et il aurait même tendance à se refermer, par endroits. Alors soyez rassurée, cela devrait s’arranger avec le temps, et avec la pratique, si j’ose dire ! Alors allez-y, mademoiselle, faites l’amour, faites-le bien, longtemps et paisiblement, et surtout faites-le le plus souvent possible !

Bien, bien…écoutez, je vais quand même vous prescrire un petit examen de laboratoire, juste pour éclaircir certains points, et surtout pour confirmer définitivement mes premières hypothèses.

Je quittai le cabinet complètement rassurée, et de cela vous devez bien vous en douter, car par bonheur je n’étais pas plus malade que cela. Ça fait toujours du bien d’appendre une si bonne nouvelle, pas vrai ! J’appellerai Maxime dès que je serai rentrée, méditai-je gaiement. Parce que, maintenant que je sais ce qu’il me faut, et surtout ce qu’il me suffit de faire pour me soigner, je vais me soigner, et pour ça, vous pouvez me croire, une fois encore…

Il faisait beau sur ma tranquille petite ville de la grande banlieue, les oiseaux gazouillaient dans les arbres, le soleil brillait, les fleurs des plates-bandes sentaient bon, bref, la vie était merveilleusement belle !

Dans la semaine je me rendis au laboratoire pour faire mon examen, bien que je ne sache pas exactement de quel genre d’examen il s’agissait.

— C’est pour établir votre caryotype, tout simplement, me dit l’infirmière qui me fit la prise de sang, et si votre médecin vous demande de faire ça, c’est afin de connaître votre patrimoine génétique. Vous avez des problèmes, de ce côté-là ?

— Oh, je ne pense pas, non !

Je ne fus donc pas beaucoup plus avancée, ainsi que vous pouvez le voir ! Je me précipitai chez Maxime, je l’embrassai avec fougue, et cette fois c’est moi qui lui demandai de me faire l’amour.

Je me détendis au maximum afin de favoriser la pénétration, et cette fois je n’eus pas trop mal quand il me fit l’amour, ce qu’il fit pourtant beaucoup plus énergiquement et longuement que la fois précédente, avant d’éjaculer pour le final en grommelant agréablement, mais un petit peu, quand même, mais ce coup m’avait quand même été beaucoup plus bienfaisant que la première fois.

— Youpiii… jubilai-je, me voilà sur la bonne voie. Et je vous jure que c’est la première fois que je suis une prescription médicale qui me soit aussi agréable.

 

Quelques jours plus tard j’allai récupérer ses résultats et je pris rendez-vous avec ma gynéco.

Le médecin décacheta l’enveloppe, elle en sortit trois feuillets et les lut avec une grande attention.

Son regard scrutateur se posa alors sur moi, et elle sembla dès lors me disséquer de la tête aux pieds, un peu comme si j’avais étée une extraterrestre qui venait de descendre de sa soucoupe volante pour se faire examiner l’intimité par une terrienne dûment diplômée pour ce faire ! Elle planta ses grands et beaux yeux bleus dans les miens pour me dire :

— C’est bien ce que je pensais, mademoiselle, ainsi tout s’éclaire, maintenant. Parce que j’ai enfin compris d’où viennent vos petits problèmes.

— Ah oui, vous avez enfin compris ! Mais, je, je pensais que…mais, qu’est-ce que j’ai, alors ?

—Vous n’avez absolument rien, Anne, ça je peux vous le confirmer, maintenant, mais par contre, ce qu’il y a, c’est que vous possédez un caryotype un peu particulier, un 46, XX !

Je l’ai alors regardée intensément, et vous pouvez aisément l’imaginer, je pense, avec de grands yeux ronds, un peu comme si elle venait de m’annoncer que j’avais le cœur à droite !

— 46 XX ?! Ah oui, et alors, ça veut dire quoi, ça ?

— Alors, cela signifie, excusez-moi de vous le dire aussi crûment, mademoiselle, cela signifie que vous n’êtes pas vraiment une femme, même si vous en avez tous les attributs, et qui sont fort mignons, d’ailleurs ! ajouta-t-elle en jetant un regard furtif, mais qui me sembla être passionnément intéressé, vers mes adorables petits lolos.

— Pas une femme, mais, et je serais quoi, alors, un homme?

D’un seul coup, tout s’éclaira dans ma petite tête, cela expliquait le goût immodéré pour les jolies jeunes filles qui m’avait poursuivi pendant toute mon adolescence !

— Pas plus, laissa alors tomber cruellement le médecin.

Et ce fut alors qu’une panique irraisonnée s’empara de moi, tandis que je hurlai comme une folle:

— Comment ça, pas plus. Je serais quoi, alors, une truie, une chèvre, ou une loutre? Oui, j’ai compris, c’est ça, je suis une loutre, ce qui explique la taille minuscule de mes soi-disant nichons !

C’est alors que le médecin me sourit amicalement en me disant :

— Non, non, rassurez-vous, Anne…

— Rassurez-vous, merde, rassurez-vous, ça fait deux semaines que vous me serinez ça, et voilà que vous me dites maintenant que…

— Et je vous le redis, mademoiselle, rassurez-vous, et surtout calmez-vous, vous n’êtes rien de tout ça, vous êtes bien un être humain, il n’y a aucun doute à ce sujet, mais vous êtes un être humain d’un genre un peu particulier, d’un genre différent, il est vrai.

— Différent ? Vous voulez certainement dire que suis une sorte de handicapée ?

— Handicapée ? Mais non voyons, vous n’êtes pas le moins du monde handicapée, Anne, et de toute évidence vous vous portez à merveille, mais vous êtes juste une sorte… une variété rare d’her, d’hermaphrodite !

— Un hermaphrodite, mais, comment est-ce possible, mais, il n’y a pourtant jamais rien eu de tel dans ma famille.

— C’est sans doute une conséquence de votre gémellité, Anne voyez-vous, vous avez longuement baigné dans les androgènes de votre frère quand vous étiez dans l’utérus de votre mère. Mais je vois, d’après votre numéro de sécurité sociale, que vous êtes née à l’étranger. Où êtes-vous née, exactement ?

— A Lomé, au Togo. Mon père était directeur d’une cimenterie, là-bas, à cette époque.

—Eh bien, ceci explique donc pour quelle raison vous n’avez pas été diagnostiquée à la naissance. Parce que si vous étiez née en France, vous auriez reçu un traitement hormonal de substitution depuis votre naissance.

— Et, et il serait trop tard, maintenant, je suppose ?

— Je le crains, en effet, mais rassurez-vous, une fois encore, tout simplement parce que de nombreux intersexes, comme nous les appelons aujourd’hui, mènent une vie tout à fait normale. Je vais vous signaler quelques associations qui les, qui vous, représentent.

— Ah ! Parce qu’en plus nous sommes nombreux ?

— Nombreux, non, ce n’est pas exactement le terme qui convient, je vous l’accorde, mais vous êtes quelques milliers, quand même, dans notre pays…

— Et, et, est-ce que je pourrai avoir des enfants ?

Elle me sourit alors très aimablement pour me dire :

— bien sûr que oui, et même sans aucun problème, Anne, à condition toutefois que vous suiviez scrupuleusement mon conseil.

— Votre conseil, mais, quel conseil ?

Le médecin éclata d’un très beau rire :

— Oui, vous vous souvenez, ce que je vous ai conseillé la dernière fois, faites l’amour, et faites-le même le plus souvent et le plus longuement possible !

— Oh, chouette, c’est Maxime qui va être content, parce qu’il adore faire ça !

— Pourquoi, parce que vous n’allez pas l’être, vous ?

— Si, si, moi aussi, bien sûr que oui, oh mon Dieu, mais ce que ma vie va être belle !

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