Enseignant du yoga. Extrait de mon autobiographie

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C’est l’époque de la naissance de Julien, le 13 mars 1980, qui fut particulièrement chaotique.

Car non seulement il était né prématurément à sept mois de grossesse mais un gros problème dont je n’ai jamais vraiment très bien compris la nature nécessita une césarienne. Marie-France ayant absolument tenu à accoucher à la petite clinique de  Chateaurenard, la ville où elle est née, et à laquelle elle était viscéralement attachée. Je me souviens encore du visage ahuri du médecin qui nous avait envoyés passer une échographie à Avignon, quand il nous a vus débarquer, une heure plus tard, et qu’il nous lancé d’une façon un peu agressive :  » mais, qu’est-ce que cous faites là, vous ? » tellement il était persuadé que nous filerions à l’hôpital d’Avignon en voyant les résultats catastrophiques de l’échographie. Les conditions de l’intervention furent bien sur très loin d’être optimales et elle a bien faillit  terminer sa jeune vie ce jour-là !  Julien fut bien entendu mis en couveuse à l’hôpital d’Avignon. Ainsi, sa mère ne le verra pendant longtemps que sur les photos que nous lui ramenions de l’hôpital.

Il fallut vendre la maison, ce qui ne posa pas de problèmes vu la qualité de la bâtisse et des importants travaux que nous y avions fait réaliser mais attrista le père de ma femme, et nous prîmes une petite villa en location.

Ma société fut cédée à un confrère du même secteur d’activité qui me paya chichement en marchandises diverses. Je dus donc m’installer comme brocanteur pour récupérer mon argent. Je vendis aussi « les « bijoux de famille », bouquins, meubles. Je travaillais surtout sur les marchés, et je me fis une petite spécialité de cartes postales anciennes et de monnaies. Je me souviens du froid mordant en hiver, malgré les caleçons et les après-skis que je portais pendant les jours d’intense froidure. J’exerçais ensuite la profession de VRP multicartes pour des entreprises de bijoux, de cadeaux, de diététique et de produits naturels.

Je me souviens que j’étais en route pour le marché de Montpellier quand j’ai appris que François Mitterrand avait été élu président de la république. J’avais voté pour lui et étais donc satisfait même si je ne pensais pas qu’il fallait en attendre de grands bouleversements, ce en quoi je ne m’étais pas trompé. Cependant l’abolition de la peine de mort ne fut pas un fait négligeable. J’avais toujours été opposé à cette pratique, depuis le lycée où j’avais déjà fait une intervention remarquée dans ce sens.

J’en ai eu rapidement assez de me geler sur les marchés et d’être tout le temps sur la route.

C’est alors que je me souvins de mes longues années de pratique asssidue du Yoga, que j’avais un peu délaissé, et je pensai qu’il y avait peut-être là un débouché acceptable. J’achetai les bouquins d’André Van Lisbeth, bien connu pour ses ouvrages forts bien documentés, notamment « ma séance de yoga » et « pranayama », je m’abonnai à sa revue, et m’entraînai sérieusement à la bonne pratique des postures ainsi qu’à la meilleure façon de les enseigner.

Je me lançai alors  dans l’activité de professeur de yoga, qui devait sans grandes difficultés me nourrir avec ma petite famille pendant quelques années, puisque mes cours étant appréciés des pratiquants, je ne manquai pas d’élèves attentifs et bourrés de bonne volonté.

Soucieux d’exercer cette nouvelle activité en véritable professionnel, je m’inscrivis à l’école française de yoga de la Sainte Baume, sur laquelle régnaient le réputé professeur Aixois Boris Tatzky et les frères Dominicains. Je vivrai de mes cours et de stages qui auront beaucoup de succès.

V  Professeur de yoga

Je n’eus pas beaucoup de problèmes pour trouver des lieux où exercer. On se souvient que quelques années plus tôt j’avais été VRP multicartes.

J’’avais dans ma clientèle des kinésithérapeutes à qui je vendais des crèmes de massage. Ils constitueront ma base de départ. Ils furent ravis de m’accueillir dans leurs salles de gym et ainsi d’offrir une nouvelle activité à leurs patients. Je mis ensuite à profit mes qualités de commercial pour prospecter les maisons des jeunes et les centres culturels aux alentours d’Avignon. Ainsi je pus rapidement trouver un nombre suffisant de lieux ou exercer et bénéficier ainsi d’un revenu correct.

J’avais  beaucoup aimé mon activité de fabricant de bijoux. Je n’en aimerai pas moins celle de professeur de yoga.

J’avais pour l’essentiel un statut de salarié vacataire dans les MJC, tandis que chez les kinés c’était moins structuré, les conditions de notre coopération s’évaluant au cas pas cas.  Mes cours fonctionnaient bien. J’avais des élèves fidèles qui revenaient d’année en année. Plus tard j’organiserai des petits stages sur les techniques de purification telles que : Vamana dauti, le nettoyage de l’estomac, Shank prakshalana, le nettoyage des intestins, le sommeil, l’alimentation, et j’enregistrerai des cours, notamment de relaxation, sur cassettes, que je vendrai à mes élèves. Je fus même contacté par une société qui me proposa de les commercialiser, mais je ne donnai pas suite car c’était vraiment trop peu rémunéré.

J’enseignais un yoga de bon sens, basé sur la pratique des postures (hatha yoga) la maîtrise du souffle (pranayama) et une initiation à la méditation ainsi qu’à la concentration ((Rajah yoga).

Par la suite, afin d’augmenter mon nombre d’heures de cours, j’étendrai avec succès mes activités à la gymnastique féminine, du type aérobic et stretching, des disciplines qui étaient très à la mode à cette époque.

C’était un milieu très féminin, même si j’avais heureusement quelques hommes dans ma clientèle.

Je fis la connaissance, lors d’un cours, d’une jeune femme récemment divorcée.

A l’opposé de Marie-France, elle était féminine jusqu’au bout des ongles. J’en tombais follement amoureux. Elle s’appelait Véronique.

Je n’avais pas grand chose à reprocher à Marie-France, à part justement qu’elle n’était pas assez féminine à mon goût. Mais ça je le savais quand je l’avais épousée, j’aurais donc dû l’accepter, mais la raison ne commande pas à l’amour, car l’amour est ainsi fait qu’il frappe quand on ne l’attend pas. Et là j’ai été frappé par surprise, voire dans le dos, car Véronique me fit rapidement comprendre que pour elle, c’était tout ou rien. C’était une jeune femme passablement perturbée, amatrice de romans à l’eau de rose et d’extraterrestres, mais c’est bien connu, la folie attire…

Je ne suis pas très fier de la façon dont je dis un jour à Marie-France : « Je m’en vais » pour aller m’installer chez Véronique, dans le centre de l’Isle-sur-Sorgue, sans même dire au revoir à mes  enfants. Désormais je ne les verrai plus que le mercredi et les week-ends, et parfois pendant les vacances.

Bien sûr il fallut divorcer, et ce fut un divorce dit par « consentement mutuel ». Je m’engageai à verser à mon épouse une pension alimentaire qui était bien au-dessus de mes moyens, surtout qu’il allait falloir équiper la petite villa que nous avions louée pour abriter notre nouveau couple.

Cette histoire n’a pas duré longtemps. Véronique, qui était décidément très perturbée, péta bientôt les plombs et il fallut que les pompiers viennent la chercher pour l’emmener à l’hôpital psychiatrique.

J’étais toujours professeur de yoga, mais seul, et désormais dans la dèche.

Je vendis la vieille Mercedes, souvenir de mon passé prospère pour faire l’acquisition d’une deux chevaux Citroën d’occasion.

J’étais tellement dans la dèche à cause de la pension que je payais que je cherchais une solution pour en sortir. Me vint alors une idée : et si je reprenais mes études, que j’avais abandonnées à bac+2 pour essayer de trouver un bon job, et qui surtout  serait plus rémunérateur !

Mais ma situation financière ne le permettait pas. J’allais donc trouver Marie-France pour lui faire part de mon projet et lui demander de trouver un travail afin de me soulager. Après tout, j’avais bien assuré la vie de la famille pendant plus de dix ans, je pensais avoir droit à un petit coup de main.

J’allais donc m’inscrire à la fac en licence de géographie, et bien m’en pris car c’est grâce à ce bac + 3 que je pourrai par la suite connaître une carrière correcte.

Je conservai quelques cours de yoga mais je consacrai dès lors l’essentiel de mon temps à mes études.

C’est ainsi que s’est terminée ma carrière de professeur de yoga.

Vous pourrez consulter les articles de presse relatant cette expérience en vous rendant à la fin de mon autobiographie, section annexe photos

Categories: Enseignant du yoga, Mon Autobiographie. Décembre 2013

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