Panique au club Artois Courses!

couv Panique au club Artois Courses

 

Panique au Club Artois Courses

éditions les trois clefs

collection Thrillers

photo de couverture : Macayran / Pixabay

 

En cette année 1995, oh oui, je m’en souviens très bien, parce qu’à cette époque je travaillais dans ce milieu, presque toutes les entreprises de Paris avaient dû se plier, bon gré mal gré, au dictât du passage obligé vers les incontournables « Nouvelles Technologies ».

L’ambitieux projet de réalisation d’un site Internet, afin de se mettre au goût du jour, chez l’éditeur Albin Julien, qui mobilisait depuis plusieurs semaines le personnel de l’entreprise, fut ainsi un des plus ardus, mais aussi l’un des plus prenants. La délicieuse Leah, ma jolie collègue, fut l’ingénieur délégué par une grande Société de Services Informatiques, qui l’avait désignée pour en être le chef de projet, un chef de projet de charme, donc, se sentait fatiguée, et même un peu plus, car elle se sentait fourbue, et même vidée jusqu’à la moelle ! En fait elle n’avait plus vraiment les yeux en face des trous, comme on dit !

Aussi, par un beau matin, calme et lumineux, du mois d’avril, éprouva-t-elle l’irrésistible besoin, comme tout un chacun qui serait plongé dans une telle situation, aussi stressante, de se changer un peu les idées !

Puisque nous étions samedi elle décida de s’offrir une journée rien que pour elle, afin de faire les magasins. Elle avait l’intention d’aller aux Galeries Lafayette, et à la Fnac, aussi. Et bien sûr ‘aller se balader tranquillement sur les Champs-Élysées avec pour projet d’y faire un innocent et économique lèche-vitrines. Parce qu’il n’y avait que peu de temps qu’elle était salariée, ainsi elle n’était pas encore suffisamment en fonds pour se permettre de faire de véritables folies.

Amélie, sa séduisante copine, cette grande fille blonde aux troublants yeux mauves à la Elisabeth Taylor, travaillait encore, à cette époque, comme serveuse à mi-temps au club Artois Courses, qui était un important bar brasserie PMU situé près de cette même avenue. La jeune fille connaissait bien le client qui venait de s’installer dans la salle du fond. Lhomme à la carrure imposante vêtu d’un costume gris clair de chez Hugo Boss avait en effet des habitudes solidement établies.

Il était de forte stature et portait presque quotidiennement cet élégant complet gris, ou un autre du même type, tandis qu’il chaussait systématiquement des lunettes rectangulaires à monture d’écaille.

— Bonjour ma petite Amélie, lui avait-il lancé gentiment, ainsi qu’il le faisait d’habitude, en arrivant. Voudriez-vous m’apporter un café et un quart Vittel, s’il vous plaît.

La jeune serveuse, dont les cheveux bouclés tiraient un peu sur le roux, lui avait alors adressé un de ces ravissants sourires dont elle détenait le secret, qui lui fut offert aimablement de ses lèvres sensuelles et elle lui répondit : « Comme d’habitude, alors, monsieur Joseph, on ne change rien, n’est-ce pas ! »

— Oh oui, je suis un vieux cheval, vous le savez bien, Amélie, et même un cheval de retour, pourrais-je dire, et ce n’est certainement pas maintenant que l’on va me faire changer quoi que ce soit à mes bonnes vielles habitudes, je crains fort que ce ne soit trop tard, voyez-vous ! Donc, un petit noir et un quart Vittel, et pour moi la journée démarrera ainsi le plus merveilleusement du monde, surtout si, pour ne rien gâcher, elle est accompagnée par votre ravissant sourire. Ah où sont-ils, mes vingt ans, nom de Dieu, ajouta-t-il en lui adressant un regard aimable, mais qui fut bien évidemment envieux !

Tandis que sur le grand écran de la télévision qui trônait au dessus du bar, Danse Guerrière était à la lutte avec le 3, Livaniana. L’homme entreprit alors d’étudier avec minutie les pronostics de Paris Turf pour le grand prix d’Alençon, qui devait se courir dans le milieu de l’après-midi.

Amélie servit son client et revint reprendre sa place derrière le comptoir. Il y avait du monde dans la salle déjà copieusement enfumée, mais toutefois sans excès.

Elle écarquilla les yeux, étonnée, et ravie, de voir son amie Leah franchir la porte de l’établissement, son éternel sac en macramé garni de centaines de perles multicolores en bandoulière et ses longs cheveux noirs adorablement lissés flottant avec élégance sur ses gracieuses épaules, qui étaient partiellement dénudées.

— Je me promenais tranquillement sur les Champs quand j’ai eu soudain eu très envie de faire pipi, lui dit-elle. Alors je me suis dit que ce serait certainement une bonne idée d’en profiter pour venir te péter un petit kiss. Tu veux bien me faire un café, s’il te plaît, ma chérie, lui demanda-t-elle tout en l’embrassant tendrement sur les lèvres.

La jeune asiatique alla aux toilettes en faisant joliment valser son charmant postérieur tout rond puis elle revint rapidement s’installer au comptoir.

— Ça m’a l’air bien calme, aujourd’hui, dit-elle.

— Oui, ça l’est. Et tu vois ça tombe très bien, ça, parce que hier soir je me suis encore couchée tard.

— Serais-tu encore sortie, incorrigible bringueuse que tu es?

— Eh oui, je suis sortie, et j’ai même fait un truc dingue, un truc vraiment génial, figure-toi. Je suis allée, avec une amie de la fac, au concert que donnait Pink Floyd, au château de Chantilly. Tu aurais vu ça, c’était fantastique, doux Jésus! La musique planante, le feu d’artifice, et même le château, qui était tout illuminé! Ils ont joué Wish you were here, Animals et The wall, aussi, bien sûr ! J’ai vraiment passé une super soirée, tu sais, une soirée génialissime !

Et elle entreprit de chantonner gaiement :

Daddy’s flown across the ocean
Leaving just a memory
Snapshot in the family album
Daddy what else did you leave for me?
Daddy, what’d’ja leave behind for me?!?
All in all it was just a brick in the wall.
All in all it was all just bricks in the wall.

« You! Yes, you! Stand still laddy! »

Ainsi, les deux jeunes filles bavardaient paisiblement de part et d’autre du long comptoir de bois exotique quand, sur le coup des quinze heures, à peu près au moment où devait être donné le départ du prix d’Alençon deux hommes à moto, casqués et vêtus de cuir noir longèrent lentement la façade de l’établissement, devant lequel ils s’arrêtèrent.

Le passager descendit paisiblement de l’engin, puis il entra dans le club d’un pas décidé, et il marqua un petit temps d’arrêt au comptoir. Il regarda avec insistance Amélie, un peu comme s’il avait eu l’intention de commander quelque chose à boire.
La jeune fille dira plus tard à un journaliste, qui l’interviewait après le drame : «Je l’avais repéré, bien sûr. Mais j’attendais qu’il enlève son casque. C’est ça, l’effet du casque, ça distrait énormément! On se demande quand est-ce que le gars va l’enlever, et alors, on attend bêtement…»   
Mais au lieu de commander, l’homme, toujours casqué, s’était rapidement dirigé vers la salle du fond. Les jeunes filles le suivirent du regard et elles le virent alors avec effarement sortir un gros revolver de sa veste. Tout en marchant vers lui, il tira froidement sur le client, qui était toujours assis, plongé dans la passionnante lecture de son journal. Un fracas assourdissant retentit dans l’établissement, cependant que l’odeur âcre, caractéristique de la poudre, s’y répandait rapidement. L’homme avait tiré pas moins de sept fois !

Pétrifiées, Amélie et Leah regardèrent l’homme regagner la sortie à grandes enjambées tout en bousculant sur son passage les turfistes médusés et effrayés, dans un brouhaha qui s’accentuait de seconde en seconde.

Son complice l’attendait sur le trottoir. Il pointait un revolver sur les gens qui sortaient en criant et se bousculant quand il hurla soudain :

— Dégagez, putain, dégagez, merde!

Et, sûrement pour se faire mieux comprendre, il tira deux coups de feu en l’air.

Le tireur grimpa aussitôt à l’arrière de la moto. « C’était un trail Japonais de grosse cylindrée » », dira plus tard un témoin. La plaque d’immatriculation avait été soigneusement recouverte d’un adhésif. Les tueurs, en véritables professionnels, n’avaient bien entendu à aucun moment retiré leur casque intégral.

Dès que la moto se fut éloignée, Amélie, toute tremblante, sauta sur le téléphone.

— Qu’est-ce que tu fais? lui demanda Leah.

— Ben, j’appelle les pompiers, et la police. Qui sait, il est peut-être encore vivant !

— Avec ce qu’il s’est pris dans le buffet, ça m’étonnerait beaucoup, mais…

Moins d’une demi-heure plus tard, la Clio noire de la police se garait devant le bar, et elle fut suivie de près par l’ambulance des pompiers. Il était trop tard pour la malheureuse victime, qui était morte sur le coup.

L’inspecteur demanda à tout le monde de rester à sa place, mais beaucoup de clients, telle une nuée de moineaux, s’étaient envolés avant l’arrivée des forces de l’ordre. Il ne restait plus qu’à interroger ceux qui étaient restés, et parmi ceux-ci se trouvaient les jeunes Leah et Amélie.

L’inspecteur, un homme d’âge mur au visage carré et au crâne partiellement dégarni s’approcha d’elles.

— Mesdemoiselles, avez-vous assisté à ce meurtre?

— Oui, on a tout vu, répondit aussitôt Leah.

— Parfait, c’est parfait.

Il sortit un calepin de sa poche

— Je vais noter vos noms et adresses. Vous serez certainement appelées à témoigner.

Leah comprit à cet instant même pourquoi les clients s’étaient égayés aussi vite. La crainte d’être embringués dans une sale histoire ne poussait pas vraiment à s’attarder en ce maudit endroit.

Et là, au vu de la détermination dont avaient fait preuve les tueurs, tout laissait penser que l’on avait à faire à des individus particulièrement dangereux, du genre de ceux qui n’hésiteraient pas à éliminer des témoins qui, pour leur malheur, se montreraient trop bavards.

Le policier s’adressa à Amélie pour lui demander ;

— Mademoiselle, connaissiez vous la personne qui a été abattue?

— Oh bien sûr que oui, parce que c’est un habitué, quelqu’un de très correct, vous savez, un client qui ne boit jamais d’alcool, que du café et de l’eau minérale ! Ici, nous avons l’habitude de l’appeler monsieur Joseph. Mais il faudrait demander à mon patron, je pense qu’il le connaît mieux que moi. Il m’a dit une fois que c’était quelqu’un d’important. C’est peut-être un homme politique, ou un gros commerçant, je ne sais pas, moi, en fait !

— Je vous remercie, mademoiselle. Et l’assassin, l’aviez-vous déjà vu, l’assassin?

— Ça, vous savez, c’est difficile à dire, vu qu’il n’a pas enlevé son casque ! Mais j’ai quand même remarqué quelque chose.

— oui, dites-moi tout, surtout !

— C’est quand il est sorti que je l’ai remarqué, il tenait son pistolet pointé droit devant lui, d’accord, mais il le tenait de la main gauche !

— C’est exact, confirma Leah, je l’ai remarqué, moi aussi.

— De la main gauche! Vous en êtes sûres?

— Oui

— Un gaucher, donc. Cela pourrait bien avoir son importance, en effet. Je vous remercie, mesdemoiselles.

Le corps de l’infortuné monsieur Joseph fut embarqué dans l’ambulance et conduit à l’institut médico-légal, puisque le passage par l’hôpital ne s’imposait pas.

—Tu crois qu’on a bien fait de leur dire ça? demanda Leah

— Quoi, qu’il était gaucher?

— Oui, ça c’est un détail qui pourrait permettre de l’identifier, tu sais. Et cela pourrait par la même occasion nous mettre en danger. Imagine qu’il y ait un procès, et qu’on nous demande de témoigner…

Léon Belvent, le patron blond un peu épais du club Artois Courses libéra son personnel et ferma l’établissement.

Le lourd rideau de fer descendit sur ce nouveau drame de la violence urbaine. Une violence dont la répétition des épisodes tragiques commençait à peser lourd sur le moral des Parisiens.

Leah proposa à Amélie, qui naturellement était encore traumatisée, de venir chez elle, où elle pourrait même passer la nuit, si elle le désirait. Elles gagnèrent la station de métro de l’Etoile main dans la main.

Elles arrivèrent rapidement place Denfert-Rochereau où Fabrice, l’ami de Leah, fut agréablement surpris de les voir arriver toutes les deux.

— Salut, Mélou, oh mais quelle bonne surprise, ça faisait un bail qu’on ne t’avait pas vue, dis-donc! « Le boulot, j’ai trop de boulot, en ce moment, entre la fac et le bar, comme tous les étudiants fauchés… » se plaignit-elle gentiment.

Il fit une bise sur la bouche aux deux jeunes filles, en s’attardant plus longuement sur celle de Léah, qu’il s’amusa à agacer de la pointe de sa langue friponne, tout en agrippant amoureusement les hanches étroites de la jeune fille et en l’attirant contre lui.

Encore sous le choc, elles racontèrent leurs aventures de la journée au garçon.

— J’ai entendu un flash sur France-infos, en effet, mais je t’avoue que je n’avais pas fait le rapprochement avec ton bar. Vous savez qui a été flingué, au fait?

— Oui, bien sûr, c’est monsieur Joseph! s’exclama Amélie.

— C’est Jo le Belge, ton monsieur Joseph, lui retourna Fabrice en se marrant, ils l’ont dit à la radio.

La jeune femme ignorait que cet habitué aux mœurs affables n’était autre que Joseph Vanderbergheim, dit Jo le Belge, un gros truand marseillais qui s’était fraîchement installé dans la capitale.

Jo devait sa fortune à ses nombreuses gagneuses. Des prostituées, bien sûr, mais aussi des machines à sous, dont l’implantation dans les bars était légale en Suisse et en Belgique. Ce sont les meilleures qui puissent être, avait-il l’habitude de dire. Elles travaillent 24 heures sur 24, et elles, elles ne sont jamais indisposées, ni même malades !

Il était aussi soupçonné d’être le patron d’un réseau très bien organisé de distribution de cocaïne pour toute l’Europe de l’Ouest.

— Ça alors, s’étonna Amélie, il avait l’air si sympathique, pourtant, ce monsieur.

— Les truands ne passent pas leur temps à faire peur aux gens, tu sais, crut bon de lui préciser Fabrice. Ils sont comme tout le monde. Ils ont aussi des femmes, et même des enfants.

Et je pense aussi qu’il y a des grand-pères adorables, parmi eux!

Apparemment le tien jouait même au tiercé. A la radio ils ont dit qu’il avait un ticket gagnant dans sa poche.

Leah laissa éclater un joli rire cristallin.

— Oh mon dieu, ce devait être son jour de chance, lâcha-t-elle avec malice.

— Installez vous peinardes, tranquilles, les filles, cool, reposez-vous, et je vais nous préparer illico une bonne bouffe.

Fabrice disparut dans la cuisine afin de confectionner sa spécialité : un gratin de pâtes à la saucisse de Morteau, qu’il se proposait de servir accompagné d’une bonne bouteille de « Vieux Papes », le vin rouge de fête des étudiants fauchés.

Ils s’installèrent pour dîner devant la télé où le présentateur du journal relata dans le détail l’assassinat de l’après midi.

Au vu des nombreuses activités illicites du Belge, plusieurs pistes de recherche s’ouvraient aux enquêteurs. La prostitution, la drogue, bien sûr, mais aussi les machines à sous, qui étaient devenues la spécialité du truand.

Le repas terminé, ils regardèrent le film avec De Funès et Bourvil afin de se détendre un peu avant de se mettre au lit.

—Alors, comme ça, tu dors avec nous, Mélou chérie, demanda le garçon en lui claquant une petite tape amicale sur la fesse gauche alors qu’elle apportait le café?

— Si tu veux bien de moi, oui, parce que je t’avoue que j’ai pas très envie de prendre le métro pour rentrer seule chez moi, surtout en pleine nuit.

Les trois amis se déshabillèrent, et ils posèrent leurs vêtements sur une vieille chaise en paille qui était posée dans un coin de la chambre.

Leah s’installa du côté gauche du lit. Amélie s’allongea sur le dos à côté d’elle et elle s’étira longuement et voluptueusement. Ses seins lourds roulèrent sur sa poitrine. Fabrice, quant à lui, se coucha du côté droit du lit.

— Vous savez que je réalise le rêve de beaucoup de mecs, ce soir, dit-il. Dormir avec deux jolies filles.

Leah éclata alors de rire :

— Dis-moi, mon amour, le rêve des mecs, ça ne serait pas plutôt de «coucher», avec deux filles, de se les taper, quoi, demanda-t-elle gaiement ? Parce que si c’est à ça que tu penses, là mon vieux je peux te certifier que c’est raté, et de loin, parce que moi j’ai l’honneur de vous informer que j’ai bien trop sommeil, et que par conséquent je ne coucherai avec personne, ce soir, je ne baiserai avec personne, c’est ce que je veux dire, et ce n’est pas la peine d’insister, hein, vous deux ! Ces histoires m’ont épuisée, et… j’ai beaucoup marché, aussi. Je ne me rappelais pas que c’était si long, les champs, surtout sous un si beau soleil printanier. ! Mais je dois vous informer que Fabrice, lui, ne se sentait pas le moins du monde fatigué, ainsi sa main se balada avec nonchalance et volupté sur la magnifique et généreuse poitrine d’Amélie. Sa cuisse aussi frôla avec insistance la peau si agréablement douce de celle de la jeune fille. De petits et invisibles arcs électriques circulèrent entre leurs jeunes épidermes quand ils se mirent à tricoter avec leurs doigts de pieds.

Fabrice se serra alors contre son amie de façon à s’emparer de sa bouche aux lèvres pulpeuses, afin de commencer à les mordiller tendrement avant de l’embrasser avec passion tout en lui caressant affectueusement les cheveux le visage le cou et les épaules.

— Sois sage, mon amour, lui conseilla Amélie tout en lui caressant gentiment les fesses et les cuisses, je crois bien que notre Leah s’est endormie, finalement, ajouta-t-elle tout en jetant un œil attendri vers sa copine !

La main du garçon s’égara néanmoins longuement, avec tendresse et jouissance, sur l’adorable petit ventre de son amie avant de descendre lentement, et même particulièrement lentement, sans se presser, jusqu’à atteindre sa toison, et enfin découvrir la moiteur émoustillante, et affolante, de son sexe !

—Tu en as envie, toi, lui demanda-t-il alors à voix basse ?

— Ben oui, bien sûr que oui, j’en ai envie, bien sûr, et même très envie, qu’est-ce que tu crois chuchota-t-elle. Je ne suis quand même pas de bois, et tu ne le sais que trop bien, mon salaud ! Et tu sais aussi que tu es en train de m’exciter un max, avec tes mains, là, qui se baladent partout sur mon corps comme ça, comme des araignées sur les parois humides d’une grotte. Puis elle fit lentement remonter son pied le long de la jambe gauche du garçon.

— Et toi,, mais, toi, oh mais tu es poilu comme un singe. Oh mon Dieu ! Mais, je n’avais encore jamais remarqué ça, tous ces poils, c’est fou !

— Chut, tu veux bien venir sur moi, ma petite chérie, parce que moi aussi j’ai une envie folle de te baiser, lui demanda Fabrice, toujours à voix basse ? « Eh bien baise-moi donc, fit Amélie en se tournant vers lui pour l’embrasser à nouveau chaleureusement et amoureusement, si tu en as envie, mais calmos, hein mon amour, baise-moi, mais baise-moi tout doux, et surtout jouis en silence, because notre petite Léah roupille comme un ange du paradis !

Amélie planta ses attendrissants yeux mauves dans ceux du garçon, mais ce ne fut que pour acquiescer définitivement. Après lui avoir donné un long baiser aussi mouillé que langoureux, elle chevaucha son ami, et elle en introduisit le sexe vigoureux dans son ventre qui était déjà tout chaud, et bien humide, puis elle s’arrêta de bouger, jetant des regards inquiets en direction de sa copine, sans doute pour s’assurer quelle dormait profondément, puis elle commença à se caresser lascivement et tendrement les seins, en insistant particulièrement sur ses adorables tétons roses pâles.

Fabrice posa ses mains sur les belles fesses rondes et appétissantes de sa partenaire avant de la laisser prendre la direction des opérations et ce fut bien elle qui donna le signal du début des hostilités en entamant leur long et langoureux ballet amoureux, montant et descendant inlassablement sur un rythme calme qui se fit néanmoins de plus en plus soutenu au fur et à mesure que l’excitation la gagnait.

Ils réussirent toutefois leur pari fou, à savoir faire l’amour en silence ! Les mamelons d’Amélie caressaient le visage du garçon au rythme envoûtant de ses allers et retours, cependant que les mains de Fabrice cajolaient tendrement son dos. Amélie chuinta, puis elle miaula longuement lorsque son compagnon jouit dans son ventre. Car le plaisir, en montant soudain en flèche, arracha un petit cri à la jeune fille, ce qui ne manqua pas, bien entendu, de réveiller Leah.

— Mais, qu’est-ce que vous faites, vous deux, oh mais, vous baisez, oh putain j’y crois pas, j’y crois pas merde ! Faites chier, parce que je voudrais bien roupiller en paix, moi.

Aux environs de deux heures du matin, les trois amis dormaient profondément.

Ils ne se réveillèrent que lorsque le soleil pénétra dans la chambre par la petite fenêtre, dont ils n’avaient pas complètement tiré les volets de bois verts pomme.

Les filles burent leur thé en petite culotte tandis que Fabrice, en caleçon décoré des personnages d’Astérix et Cléopâtre, se préparait un nescafé mousseux, bien battu, comme il en avait l’habitude. Amélie embrassa chaleureusement ses amis puis elle s’habilla pour rentrer chez elle.

Leah demanda alors à son petit copain :

— Tu l’as baisée, la grande, cette nuit, c’est bien ça, ou alors je l’ai rêvé?

— Oui, bien sûr, je l’ai tirée, un peu !

Cette réponse fit beaucoup rire la jeune fille.

— Un peu! Qu’est-ce que ça veut dire, ça? Tu pourrais peut-être m’expliquer comment on fait pour baiser un peu, mon amour?

— Oh, on ne voulait pas te réveiller, c’est tout, alors on l’a fait calmement, je me suis simplement laissé prendre, un peu comme l’aurait fait un pacha, tu vois le tableau, je pense !

— Je ne t’ai pas entendu te lever, tu n’as donc pas mis de capote?

— Ben, non, pour quoi faire ?

— J’espère au moins qu’elle n’a pas le sida, la copine.

— Elle ne l’a pas, rassure-toi. C’est une fille sérieuse, tu sais.

— Oui, je sais, dit-elle, l’Italien et l’Arménien, et elle laissa éclater son ravissant rire clair, qui tinta comme des grelots tintent dans l’intimité d’une vallée alpine!

— Qu’est-ce que tu racontes?

— Je dis qu’elle ne baise qu’avec parcimonie et à bon escient. L’Italien et l’Arménien, quoi.

Cette vieille blague potache la faisait toujours rire.

— Où est-ce que tu as appris ça, toi?

— A la fac, bien sûr.

— Bravo. Et moi qui croyais que tu travaillais sur Voltaire, en ce moment.

— C’est juste. Mais ce n’est quand même pas une raison pour mourir Candide.

— Tu es en super forme, toi, aujourd’hui, on dirait.

— Oui, tu vois, c’est drôle ça, n’est-ce pas ? C’est toi qui baises comme un malade, et c’est moi qui suis en forme. C’est chouette, la vie, non?

Tu as de la chance, mon petit salaud. Parce que ’est une belle nana, notre Amélie, tu as dû te régaler, C’est bien dommage que j’étais trop fatiguée pour vous tenir compagnie.

— Oui bien sûr, je me suis régalé, mais tu sais bien que c’est toi que j’aime, mon petit coquelicot.

Ainsi qu’elles le craignaient, les deux jeunes filles furent convoquées au quai des orfèvres.

Elles furent reçues par un jeune commissaire de la brigade criminelle, au troisième étage, dans un bureau dont la peinture jaunâtre, passablement écaillée, était cloquée par endroits.

Dans un angle de la pièce, un jeune policier tapait le compte-rendu d’audition sur une ancestrale machine Japy semi-électrique.

L’entretien porta essentiellement sur la façon dont le tueur tenait son arme.

Il tenait son pistolet de la main gauche, confirma Amélie,

— Mais c’est de sa main droite qu’il se servait pour écarter les gens sur son passage. Alors, gaucher, je ne sais vraiment pas si on peut dire ça, ajouta Leah.

Parce qu’elle pensait que sur ce coup-là il valait mieux se montrer prudente, et ne pas se montrer trop affirmative.

Leah était terriblement angoissée par cette dramatique histoire. Elle achetait tous les jours Libération pour suivre les progrès de l’enquête.

Un jour, elle lut que les policiers privilégiaient la piste des dangereux gangsters de la bande corse de la Rose des Vents et de son homme de main Rachid Boualem. C’était une organisation concurrente de celle du Belge pour le trafic des machines à sous, et il était de notoriété publique que Boualem était gaucher.

Mais quelques jours plus tard elle apprit par le journal télévisé que Rachid Boualem venait à son tour d’être assassiné. Il avait reçu une balle dans la tête alors qu’il sortait de chez lui, au petit matin, dans le centre du vieux Dreux. Elle avait été tirée par deux inconnus qui circulaient en moto. Les rares témoins n’avaient pas pu les décrire, parce qu’ils portaient des combinaisons de cuir et des casques intégraux.

Cette histoire était-elle vraiment terminée, ou fallait-il qu’elle s’attende à croiser un jour la route d’une moto, aussi mystérieuse que mortelle, qui serait chevauchée par deux hommes casqués vêtus de cuir noir ?!

Categories: Les nouveautés, Mes nouvelles historico-érotiques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>