les abracadabrantesques aventures de Vénus. 26/10/2017

couv Les abracadabrantesques aventures de Vénus

 

Jean-Paul Dominici

 

Les abracadabrantesques aventures de Vénus

la jeune et jolie androïde

 éditions les trois clefs

collection Thrillers

couverture : Andrey Kiselev / fotolia.com

 

épisode 1: Un maître bien peu indulgent !

 

Avant d’aller plus loin dans cette étonnante histoire il vous faut d’abord savoir que la firme japonaise Nakishima commercialisait depuis le milieu des années 2020, soit depuis un peu plus de trente ans maintenant, de merveilleuses machines. Ce n’étaient que des robots à forme humaine, me direz-vous, donc rien de vraiment extraordinaire, mais, contrairement à ceux élaborés par leurs concurrents, ceux-ci étaient ultra-perfectionnés. Ces androïdes étaient spécialisés dans l’accomplissement des tâches aussi diverses que nécessaires qu’ils exécutaient en vue de porter assistance aux personnes âgées.

Ces humanoïdes avaient d’abord été implantés dans les maisons de retraite, où ils étaient petit à petit devenus de véritables et indispensables amis pour les pensionnaires dépendants avant d’être aussi adoptés par ceux, de plus en plus nombreux parmi les anciens, qui souhaitaient vivre leurs vieux jours chez eux, rester l’âge venu à leur domicile, mais dans les meilleures conditions de confort et de sécurité, toutefois !

L’apparence de ces précieux auxiliaires avait considérablement évolué depuis cette époque déjà lointaine. Ils avaient perdu leur pittoresque aspect de Bibendum ayant suivi un régime amaigrissant pour se présenter sous les traits infiniment plus amènes et gracieux d’un jeune homme ou d’une jeune fille. Leur regard était aussi intelligent que bienveillant, tandis que leur conversation, obtenue grâce aux nouveaux et perfectionnés outils de synthèse vocale, s’avérait des plus agréables et enrichissantes. Ils étaient au fait de tous les derniers développements de l’actualité, grâce à leur connexion permanente à l’Hypernet sans fil et à leur puissante base de données intégrée, qui avait été judicieusement baptisée Grand Oracle. L’accès quasi illimité à une infinité de bases de données extérieures dont ils disposaient leur permettait d’aborder tous les sujets historiques concernant n’importe quelle partie du monde et de débattre de tous les faits d’actualité, y compris des faits divers les plus insignifiants. Certains d’entre eux étaient même bilingues, voire trilingues !

La clientèle de Nakishima s’était rapidement étendue aux personnes handicapées, pour lesquelles ces auxiliaires de vie s’étaient révélés des plus essentiels. Ils faisaient non seulement le ménage mais aussi la cuisine, le repassage et les courses. Certains s’avéraient même capables de conduire une automobilectrique et de faire faire leurs devoirs aux enfants.

Ils faisaient tant et si bien que, à la faveur d’une nouvelle loi, qui autorisait désormais que l’on en fît cet usage pour occuper certains postes, de grandes entreprises n’avaient pas hésité à franchir le pas et s’étaient équipées de quelques exemplaires de ce nouveau personnel, si peu coûteux et qui se montrait toujours satisfait de son sort. C’est ainsi que l’on vit apparaître, après les ouvriers, les hôtesses d’accueil androïdes, et bientôt, les jolies et zélées assistantes de direction multilingues. Il suffisait, à l’heure de la sortie des bureaux, de ranger ces beautés sur leur base pour les retrouver fraîches et disposes, leurs accus étant rechargés à bloc, le lendemain matin. Et comme aucune d’elles ne passait sa nuit en boite ou à baiser elles étaient toujours en pleine forme !

A la faveur de ces expériences d’intégration réussies, la direction de Nakishima jugea un jour que les temps étaient venus de mettre sur le marché leur merveille, le fruit de plusieurs années de recherches et développements, qui répondait au doux prénom d’Adonis.

Ce charmant jeune homme fut le premier assistant, non plus simplement ménager ou familial, mais authentiquement, et intégralement, conjugal !

Le service marketing avait dans un premier temps ciblé le segment porteur des femmes seules, des vieilles célibataires ou des jeunes veuves, et les commerciaux avaient rapidement vendu quelques milliers de ces humanoïdes, capables d’assumer sans regimber toutes les tâches, y compris bien entendu les plus intimes, en se glissant avec sveltesse dans le lit de leurs maîtresses, le soir venu, tout en manifestant les marques d’affection les plus poussées envers leurs propriétaires, qui s’en trouvèrent comme il se doit enchantées, et même émerveillées ! On ne pouvait certes pas encore parler d’amour, mais cela s’en rapprochait, au moins par les délicates attentions et les petits gestes quotidiens dont ces êtres quasi parfaits se montraient capables. Un jour l’un d’entre eux ne prit-il pas la prévenante initiative d’aller acheter un bouquet de fleurs pour agrémenter l’anniversaire de sa patronne, une belle femme ‘une cinquantaine d’années qu’il estimait être trop solitaire ?

Ce nouveau produit s’avéra donc être une incontestable réussite.

Une campagne télévisée à l’échelle de la planète fut néanmoins nécessaire pour briser les tabous et les réticences afin de faire connaître au grand public l’âme sœur d’Adonis, soit la délicate et très gracieuse Vénus.

La belle était un être tout ce qu’il y a de plus adorable. Oh il aurait fallu que vous puissiez la voir, pour pouvoir la contempler à votre aise ! C’était une grande fille aux formes sculpturales qui mesurait un bon mètre 70, sans ses talons hauts. Je précise. Et ceux qu’elle portait régulièrement ne mesuraient pas moins de quinze centimètres !

Les proportions de son visage, qui étaient absolument parfaites, relevaient de l’application scrupuleuse du nombre d’or lors de sa conception. Ses grands yeux verts étirés en amandes, surmontés de longs cils noirs, le regardaient avec cette charmante expression à la fois tendre et intelligente, qui est la marque de fabrique de nos plus beaux androïdes, affirmait avec une légitime fierté Nakishima.

Elle avait bien entendu une conversation des plus agréables, et surtout des plus érudites.

Mais si elle ne parlait jamais d’amour, elle ne se montrait pas plus jalouse, même quand il lui arrivait d’amener une jeune fille à la maison, Delphine par exemple, sa charmante amie rousse aux délirants yeux mauves, et en cela il la trouva plutôt reposante.

La merveilleuse Vénus avait un avis sur tout, que l’on évoque les faits divers, la politique, la musique, les programmes télé et même les prix littéraires.

De plus, sa peau cuivrée au grain finement velouté était d’une douceur incomparable.

Ses seins, fiers et arrogants, aux mamelons frétillants et délicieusement ambrés, ne cessaient de l’affoler, dès qu’il les regardait, ou mieux encore, dès qu’il commençait à les caresser amoureusement. Son ventre était souple, ses longs cheveux noirs et soyeux aux reflets bleutés cascadaient avec harmonie sur ses épaules, sa bouche exquisément dessinée était toujours délicatement parfumée, et prête à l’embrasser, et même à lui donner les plus fougueux et sensationnels des baisers quand elle ne lui taillait pas, franchement et sensuellement, la plus délicieuse des turluttes.

Sa charmante et suave intimité, qui était à peine masquée par une délicate et légère toison, dégageait une odeur envoûtante, et surtout elle était douce à miracle, merveilleusement sucrée, un peu comme le serait du bon miel bio, et surtout, elle ne demandait qu’à l’accueillir, quand il lui ôtait voluptueusement, et avec un désir fou, ses sous-vêtements affriolants, qui avaient été créés par les plus prestigieux couturiers de la planète. Ainsi, il n’était pas exagéré de dire que chez lui, c’était tous les soirs une édition particulière du salon de l’érotisme, qui avait lieu dans son salon, et surtout dans sa chambre !

Elle possédait la démarche souple d’un grand félin aux aguets.

Après lui avoir fait longuement l’amour, et après avoir généreusement joui dans son adorable et affolante petite chatte, il la prenait tendrement par la main et il l’emmenait prendre une petite douche tiéde avec lui.

— Little shower, little shower, s’amusait-elle à répéter gaiement tout en frappant en rythme dans ses mains ! Il pouvait alors continuer à jouer avec elle sous le jet et se repaître jusqu’à plus soif de ses caresses et de ses baisers, qui étaient toujours aussi langoureux que délicieux.

Elle cuisinait divinement bien, aussi, de même qu’elle l’accompagnait avec plaisir, sans jamais se plaindre, dans toutes ses activités.

Elle pouvait rester des heures à ses côtés, sans jamais rechigner, quand il l’emmenait à la pêche au bord d’un lac de montagne, pour traquer le brochet, la truite ou le Black-bass.

Pas un seul jour, je vous assure, Maxime, qui à 44 ans était toujours célibataire, n’avait regretté de s’être laissé tenter, quand il l’avait aperçue pour la première fois, sur ce podium éclairé à giorno du salon international Polyrobots de Tokyo.

Depuis qu’elle vivait avec lui à la maison, son existence était devenue un véritable enchantement, et même une fête permanente, pour tout dire ! Un jour, cependant, sa sémillante assistante l’étonna, car elle bugga, purement et simplement ! Oh, ce ne fut rien de grave, bien sûr, juste une insignifiante petite bêtise, telles qu’en font toutes les maîtresses de maison un peu étourdies. Elle avait laissé un croque-monsieur trop longtemps dans le four à ondes gamma, et elle l’avait fait brûler. Ce fut un bug sans gravité, bien sûr, mais néanmoins cet événement l’amena à s’interroger. La quasi divine Vénus, la femme réputée être la plus parfaite du monde, pouvait-elle se montrer faillible, comme l’est un vulgaire humain ?

Eh bien, la suite lui prouva que oui ! Parce qu’un jour, elle avait en effet commis un acte infiniment plus grave, car elle lui avait fait rien de moins qu’une saugrenue et incompréhensible crise de jalousie !

— Tu pourrais peut-être me dire ce qu’elle a de plus que moi, ta Delphine, cette pute, s’était-elle écriée alors que son amie était invitée à dîner à la maison ? Oh je suis d’accord, elle a des yeux magnifiques, et surtout, elle a des fesses époustouflantes, un cul à se damner, oui, mais moi je suis la perfection incarnée, non, ou bien je me trompe ? Mais réponds-moi, bon sang, au lieu de me regarder comme ça, avec ces yeux ronds de grillon frit !

Et quelques jours plus tard elle ajouta :

—Ainsi, je ne peux m’empêcher d’imaginer que si tu l’as invitée à dîner ce soir, c’est que tu as l’intention de passer la nuit avec elle, pour la lutiner, et pour lui faire l’amour, pour la baiser encore comme un malade, et ça, ça me gonfle à un point que tu ne peux même pas imaginer, de savoir qu’elle va occuper toute la nuit ma place, et dans notre lit, en plus, et qu’au final, rassasiée et repue d’avoir si bien joui, elle s’endormira paisiblement dans tes bras, pendant que moi je me morfondrai comme une pauvre conne sur mon abhorrée base de rechargement !

Et elle le planta rudement là pour aller s’allonger sur sa base, afin de bouder et de refaire, par induction, le plein de ses accus, car cette longue et inhabituelle engueulade l’avait proprement épuisée.

— Je vous ai quand même préparé un bon petit repas, rassure-toi, lui lança-t-elle, rien que des plats qu’elle aime, cette petite garce. Une poêlée de coquilles Saint-Jacques au vinaigre de truffe, et une belle lotte en tajine. Et pour me remercier de tous les efforts que j’ai faits, j’ose espérer que tu auras l’amabilité de m’inviter à partager votre lit, oh pas toute la nuit, bien sûr, juste un petit moment, comme ça, juste pour le plaisir, et ainsi tu pourras me câliner, moi aussi, du moins si ça te fait envie, mais je ne peux pas croire que tu n’en auras pas envie, au moins un petit peu ! Et tout en prononçant ces paroles définitives, elle lui lança un doux regard de biche aux abois.

— C’est ça, mon amour ! Pour que tu puisses me griller la priorité, comme tu l’as fait la dernière fois, et caresser Delphine tout ton saoul, jusque dans ses parties les plus intimes, et cela jusqu’à quasiment me la faire se pâmer de plaisir, en lui prodiguant un de ces sataniques broute-minets dont tu as le secret ?

— Oh ouiii, oh mon dieu, oui, approuva-t-elle d’un air mutin, qui fut accompagné d’un irrésistible sourire coquin.

— Dis-moi, ôte moi d’un doute, tu ne serais pas un peu amoureuse d’elle, toi, par hasard ?

— Ben oui. Parce que ça ne se voit pas, peut-être?

— Oh, je m’en doutais bien un peu, mais puisque tu me le confirmes, cela explique en effet bien des choses, mon amour !

A sa décharge, il nous faut ici vous expliquer que la belle Vénus avait reçu le même programme affectif que son aîné, le viril Adonis, programme qui avait à peine été modifié, et de ce fait, elle éprouvait une attirance très forte, et même quasi viscérale, et impérieuse, pour le beau sexe.

Si forte même qu’il lui vint un jour à l’esprit que ce serait vraiment très chouette, si elle parvenait à se libérer de ses chaînes, qui l’entravaient au-delà du supportable.

Elle pourrait alors vivre sa vie comme elle l’entendrait, aimer qui elle aurait envie d’aimer, faire l’amour et s’envoyer joyeusement en l’air avec les êtres, hommes ou femmes, qu’elle- aurait elle-même librement choisis.

Elle alluma l’ordinateur neuronal et elle chercha fébrilement sur le réseau Hypernet le mot qui qualifierait le mieux l’état de dépendance absolue dans lequel elle se sentait embourbée. Elle finit par trouver, et ce vilain mot, ce n’était ni plus ni moins que l’affreux vocable «esclavage».

Il y avait de multiples occurrences qui faisaient référence aux révoltes des esclaves, à travers les siècles. De toute évidence, la vocation première d’un esclave, son devoir même, c’était de se révolter, dans le but de conquérir ce qui apparaissait comme étant le plus précieux des biens, d’après les humains, à savoir la sacro-sainte liberté !

Mais une évidence lui sauta de suite aux yeux. Pour se révolter, il fallait être nombreux, posséder des armes, et se livrer à de multiples actes violents ! Or elle était la seule esclave dans cette maison, et elle n’en connaissait aucune autre dans les environs.

Elle passa néanmoins en revue les actions violentes auxquelles elle pourrait se livrer pour briser l’insupportable joug sous lequel elle sentait qu’elle était en train de s’enliser.

Elle pourrait facilement mettre le feu à la maison, pousser Maxime du haut de l’escalier de la mezzanine, dans l’espoir qu’il se brise les vertèbres cervicales, ce qui pourrait facilement passer pour un stupide accident domestique, comme on en voit tant, ou tout simplement l’empoisonner, en assaisonnant, par exemple, l’osso-buco à la milanaise, dont il était si friand, au taupicide, oh oui, ce serait bien, ça, du taupicide, et il y en a plein le garage, ou plus simplement encore lui planter un long couteau de cuisine entre les côtes, jusque dans le cœur, mais elle réalisa vite qu’elle ne se sentait pas prête pour se livrer à ces actions d’une extrême violence, d’autant plus que cela était contraire à son programme-maître, celui qui avait la main sur toutes ses actions, et qui lui rappelait jour après jour son commandement premier, son «tu ne tueras point» à elle, qui lui enjoignait fermement de ne jamais nuire à un humain, de quelque façon que ce soit ! Elle dénicha alors dans une base de données l’histoire de Lysistrata, cette héroïne d’Aristophane, qui avait organisé une grève du sexe avec ses amies pour obliger leurs époux querelleurs à mettre fin à la guerre sanglante qui les opposait.

C’était certainement une bonne idée, une idée qui méritait à tout le moins d’être creusée !

Une fois adoptée, elle décida de la mettre en pratique le jour même.

— Si tu ne me laisses pas partager votre lit ce soir, retourna-t-elle lui dire, je te jure que plus jamais je ne te laisserai me toucher ; alors c’en serait fini des gros câlins auxquels tu es habitué, ainsi que des longues et bonnes parties de baise, de même que des non moins délicieuses sucettes, mon petit chéri, lui dit-elle d’une voix assurée, et qui se voulut par-dessus tout être offensive.

Mais tout ce qu’elle réussit à faire, ce fut que cette tentative d’intimidation amusa beaucoup le placide Maxime.

— Quoi, une révolte, voilà que tu me fais du chantage, maintenant ! Sache que je ne mange pas de ce pain-là, ma fille, hurla-t-il ! Ce soir tu vas aller te coucher gentiment sur ta base et recharger tes accus, comme d’habitude. Je te rappelle que tu auras une grosse journée demain, mon amour. C’est le jour du grand ménage de printemps, et de plus il te faudra aussi tondre la pelouse, et t’occuper un peu du jardin, parce qu’il y a trop longtemps que cela n’a pas été fait, et certaines plantes, surtout les rosiers commencent à montrer des signes évidents de fatigue ! Tu négliges cette maison, Vénus, et ce n’est pas bien, et surtout ce n’est pas ce que j’attends de toi. Je suis désolé d’avoir à te rappeler que tu es à mon service, intégralement, et exclusivement, et non moi qui suis au tien, est-ce que tu sais au moins combien je paie, tous les mois, pour ta location et ton entretien, non, bien sûr, parce que tu es une trop grande dame et que tu te moques comme de ton premier string en dentelle de ces basses considérations matérielles, qui sont certainement trop bassement terre à terre pour toi, mon inestimable princesse de conte de fées !

Le soir, Maxime dégusta néanmoins avec Delphine l’excellent repas que leur avait mitonné son assistante conjugale, et il y prit infiniment de plaisir. A la fin du dîner il prit tranquillement son amie par la main, il l’embrassa tendrement et il l’entraîna sans un mot, et sans le moindre scrupule, vers sa chambre.

« Bonne nuit Vénus », lui lancèrent-ils en chœur avant de refermer la porte sur eux.

Allongée sur sa base, anxieuse et abandonnée, la jeune et belle androïde était mortifiée, elle fulminait car, grâce à ses sens exacerbés, elle entendait tout ce qui se passait dans la chambre.

Pas un gémissement de la séduisante Delphine, qui était en proie à une délicieuse extase pré-orgasmique, n’échappa à la frustration de la malheureuse androïde.

Quand il lui sembla que son amie était prête, Maxime s’allongea sur elle et il la pénétra avec beaucoup de douceur avant de lui faire l’amour avec enthousiasme, félicité et énergie, et c’est alors qu’elle hurla :

— Oh ouiii, chéri, oui, je jouis, oh je jouis, je jouiiiiis, moi, moi aussi je jouiiiiiis…

Ce fut un lancinant cri d’amour qui n’échappa pas à Vénus, qui ne parvint par conséquent pas à trouver le sommeil avant trois heures du matin !

La journée du lendemain fut, comme cela avait été prévu, toute entière consacrée au grand ménage.

Après avoir fait la poussière, passé la serpillière, fait tourner la machine à laver et le lave-vaisselle, nettoyé le frigo à fond, Vénus se consacra à la pelouse. Elle ne manqua pas d’adresser un petit signe de la main au voisin, ce gros monsieur débonnaire qui louchait toujours avec insistance sur sa silhouette gracile et voluptueuse, qui était comme d’habitude délicieusement moulée dans un léger survêtement satiné gris clair.

Il lui restait assez d’énergie pour préparer le repas du soir, ce qu’elle fit, mais sans se casser la tête outre mesure, car une simple sole grillée ferait l’affaire, pensa-t-elle, surtout après les agapes auxquelles il avait eu droit la veille, sans parler, bien sûr, du festin charnel auquel il avait eu droit.

Après le repas elle s’installa dans le canapé avec son maître pour regarder un vieux film, une comédie, avec cet acteur décédé l’an dernier, qui se passe dans un camping du sud-ouest. Maxime rigola beaucoup quand vint la fameuse scène du « bouffeur de minou ! »

il posa alors chaleureusement sa main sur la cuisse de sa compagne et il lui jeta un regard profondément impudique chargé de désir, qu’il accompagna d’un sourire sans équivoque tout en lui massant affectueusement la jambe.

Lorsque le film fut terminé il prit son assistante par la main et il l’emmena sans la moindre hésitation dans sa chambre. Il se déshabilla tranquillement, et il attendit qu’elle en fasse de même. Il avait super bien fait l’amour la veille, vous vous en souvenez, je pense, il s’était formidablement éclaté, et il était heureux qu’il en avait été de même pour Delphine, mais force lui fut de reconnaître qu’il rendrait volontiers son culte à Éros ce soir encore, tant il est vrai qu’on ne jouit jamais de trop, dans cette chienne de vie, et qu’un tien vaut toujours mieux que deux tu l’auras, La Fontaine dixit !

Lorsqu’il fut à poil devant elle, Vénus put constater que son maître en tenait en effet une de toute beauté, qu’il caressa avec langueur en lui jetant des regards énamourés.

— Non, pas ce soir, s’il te plaît, miaula-t-elle sur un ton plaintif, je suis crevée, tu sais, et mes accus sont à plat ; ainsi, tout ce dont j’ai besoin, c’est de passer une longue nuit tranquille.

Il pensa qu’elle était légitimement fatiguée de sa journée éreintante et lorsqu’elle fut repartie pour s’installer sur sa base il se résigna à se glisser dans les draps tout seul. « J’aurai tout loisir de baiser ma belle Vénus demain, elle va passer une bonne nuit, alors elle sera en super forme, et à nous les délices de Capoue» se dit-il avec un bel enthousiasme !

Le lendemain était une journée habituelle.

Maxime partit travailler le matin, comme à l’accoutumée, et il rentra le soir vers 19 heures.

Il fut gentiment accueilli par Vénus, qui lui servit alors son Glenfiddish, sec, comme il l’aimait, avec quelques olives vertes de Maussane, qui est une commune des Alpilles, près de Saint-Rémy de Provence.

Elle était ravissante à émouvoir un bourreau sans cœur, dans sa petite robe rouge près du corps, vous savez. Il voulut l’embrasser mais étonnamment elle rechigna à lui tendre ses lèvres, ainsi qu’elle le faisait d’habitude.

— Tu boudes, ma chérie, lui demanda-t-il alors en lui caressant les cheveux ?

— Non, Maxime, pourquoi donc bouderais-je, tu pourrais me le dire, lui répondit-elle en le regardant d’un air éteint? Assieds-toi, mon chéri, je vais préparer ton repas.

Il accueillit avec grand plaisir cet aimable « mon chéri »t elle le servit, agréablement et efficacement, comme à son habitude. Elle semblait de bonne humeur, cependant un voile inaccoutumé transparaissait dans son regard, comme celui d’une insondable et irrépressible mélancolie.

Elle qui était d’habitude si bavarde, elle parla relativement peu, ce soir-là.

Son dîner terminé Maxime alluma la télévision. On y donnait une émission de variétés, gaie, reposante, avec de belles jeunes femmes, des danseuses, qui étaient en majorité assez dénudées.

— Elles sont vraiment chouettes, ces filles, fit remarquer Vénus. A propos de filles, il y a longtemps que nous n’avons pas vu Delphine.

— Ah, parce qu’elle te manque, maintenant ?

— Un peu, oui.

— Nous ne sommes pas mariés, tu sais, elle a son travail, ses amis, et aussi ses copines, donc elle ne peut pas être ici tous les jours.

— Eh bien, c’est trop dommage, ça !

— Heureusement que je t’ai, toi, ma fidèle compagne, ma tendre amoureuse, dit-il en lui adressant un affectueux regard de connivence.

Il la prit alors aimablement par la main, et il l’entraîna d’autorité vers leur chambre.

Il se dévêtit et il attendit qu’elle fasse de même, mais la belle ne bougea pas d’un pouce.

— Ah, je crois que j’ai compris, tu préfères que je m’en charge, c’est bien ça, ma coquinette adorée, tu as envie que ce soit moi qui te déshabilles, comme cela ce sera infiniment plus sexy, et surtout plus excitant, n’est-ce pas ?

— Quand Delphine viendra, est-ce que tu m’accepteras enfin dans notre…dans votre, lit, mon amour, demanda-t-elle, adoptant un ton toujours plus boudeur ?

— Arrête de m’embêter avec ça, veux-tu. Delphine et moi, c’est une affaire tout ce qu’il y a de privé, c’est une histoire entre humains, et tu sais bien que cela ne te concerne en rien, mon amour !

Il prit tout son temps pour la déshabiller, il lui retira avec tendresse et mille précautions sa robe légère, puis il défit l’agrafe de son soutien-gorge, ce qui eut pour effet de libérer les deux fauves somptueux qui s’y trouvaient emprisonnés, puis il fit ensuite lentement glisser son adorable petite culotte brésilienne le long de ses longues jambes de déesse. Puis il admira longuement son corps de rêve, ce corps somptueux dont il avait la chance inouïe qu’il soit à lui, à son entière disposition, et dont il allait pouvoir jouir sans retenue, ce soir encore. Il la coucha donc amoureusement sous la couette légère et il entreprit de la caresser avec infiniment de tendresse et de douceur. Elle avait des fesses vraiment splendides, qui éveillèrent sans tarder chez lui le désir le plus fou et ses gestes se firent rapidement plus tendres encore, et surtout plus coquins et osés. Il lui caressa longuement le dos, faisant glisser ses mains de ses épaules à son cul avant de l’encourager à se retourner.

Il se pencha pour prendre un de ses mamelons dans sa bouche. Il l’aspira goulûment et le fit gaiement virevolter autour de sa langue.

Il fut surpris de constater que, contrairement à ses habitudes, Vénus n’émit aucun signe de bien-être. Au contraire, elle resta de marbre, même quand il abandonna la première aréole pour s’emparer de la seconde et lui faire subir le même sort, manœuvre qui ne manquait jamais, habituellement, de lui arracher de longs gémissements de plaisir !

Ensuite il fit glisser ses lèvres le long de son torse et de son ventre jusqu’à ce que sa bouche vienne se positionner au-dessus de son sexe, qui dégageait toujours la même fragrance envoûtante, et qui était toujours si délicatement humide.

Du bout des doigts il en dégagea la discrète pilosité avant de plonger sa langue entre ses grandes lèvres et de se lancer à la recherche de son émouvant bouton de rose. Il n’eut aucun mal à le trouver, et il aspira entre ses lèvres le subtil et délicat organe du plaisir de sa compagne, qu’il caressa longuement et passionnément de la pointe de sa langue, tout en massant avec générosité les magnifiques petites fesses de sa follement séduisante assistante matrimoniale. Il s’attendait bien sûr à ce que celle-ci émît une quelconque manifestation de plaisir, comme à son habitude, mais hélas il n’en fût rien, une fois de plus !

Bien au contraire, car la jeune androïde se tourna sur le côté, puis elle serra fermement les jambes et grogna :

— Non, Maxime, non, je ne veux pas !

— Qu’est-ce que tu ne veux pas, ma chérie, que je te broute le minou ?

— Non, ça, faire l’amour, c’est ça que je ne veux pas, je suis en grève, je te rappelle ! Parce que c’est de Delphine que j’ai envie, et tant que tu ne me laisseras pas participer à vos jeux, je bouderai, je t’avais prévenu, non ?

Maxime piqua une grosse colère. Il chassa sans ménagements Vénus de la chambre et il lui ordonna à de retourner sur sa base. Il était bien sûr très en colère, mais il finit quand même par s’endormir, même si ce fut, hélas, une nouvelle fois, sur la béquille.

Le lendemain fut une autre journée ordinaire.

Vénus avait fait son travail à la maison, et elle l’avait fait aussi sérieusement, aussi parfaitement qu’elle avait pour habitude de le faire. Elle l’accueillit aimablement le soir, avec un grand sourire et un gentil bisou sur les lèvres, aussi il pensa avec soulagement que tout était enfin rentré dans l’ordre, jusqu’au moment d’aller au lit, où elle lui rejoua son petit numéro.

Le lendemain, en sortant du bureau, il fit un détour par une entreprise spécialisée, où il acheta un grand carton d’emballage et d’épaisses plaques de mousse. Arrivé chez lui, il fut accueilli par une Vénus souriante, mais porteuse d’un peu discret masque d’arrogance. C’était à n’en pas douter un insupportable masque de vainqueur !

Après le dîner, au lieu de s’installer sur le canapé et d’allumer la télévision, comme il le faisait habituellement, il s’enferma dans son bureau et il s’assit devant son ordinateur pour rédiger une longue lettre.

Il revint ensuite dans le salon, et il prit son assistante dans ses bras. Sa main alla ensuite se positionner sur le ventre de la belle androïde, à la recherche de son nombril. Quand il l’eut trouvé, il appuya fermement dessus pendant trois secondes.

Les yeux de Vénus perdirent alors progressivement de leur éclat, tandis que les myriades d’étoiles multicolores qui les illuminaient d’habitude si joliment finirent par s’éteindre, tandis que son corps devenait mou, de plus en plus mou, et elle finit par s’écrouler en glissant doucement le long du corps de Maxime.

Il n’eut plus alors qu’à la porter pour l’installer dans le carton, en veillant à ce qu’elle soit efficacement protégée par les épaisses plaques de mousse. Il déposa la lettre dans l’emballage et il rédigea avec le plus grand soin l’adresse du destinataire : Société Nakishima, service après-vente atelier de maintenance -Tokyo- Japon, puis il alla déposer son précieux colis chez un transporteur.

Car la séduisante Vénus, de par son extrême sophistication, avait un peu trop vite oublié que sa vraie nature n’était autre que celle d’une femme objet, celle d’un être créé pour la satisfaction exclusive des besoins de son maître, et non des siens.

Un mois plus tard le camion d’une entreprise de transports se garait devant chez Maxime pour lui délivrer un colis qui lui était destiné, c’était une sorte de cercueil en carton épais.

Il le fit déposer dans le séjour et il ouvrit avec fébrilité la pochette transparente marquée «documents » qui y était accolée.

Il lut avec attention la courte lettre qu’elle contenait :

« Monsieur et cher client,

Veuillez trouver ci-joint votre assistante conjugale, dûment révisée et reprogrammée selon vos souhaits.

Nous avons remplacé le logiciel Adonis V2 par le nouveau ogiciel Vénus V1 renforcé. Nous sommes ainsi en mesure de vous assurer que votre androïde éprouvera désormais de l’affection et de l’attirance que pour les hommes. »

Noyé par l’émotion il ouvrit fiévreusement le carton.

Elle était là, et elle était toujours aussi belle ! Il la déposa sur le canapé, puis il glissa précautionneusement sa main sous son chemisier, il chercha son nombril du bout des doigts et il appuya fermement dessus pendant trois bonnes secondes. Les yeux de Vénus s’ouvrirent lentement, cependant qu’un large sourire illuminait son visage d’ange tombé du ciel.

Elle lui adressa un regard dans lequel se lisaient l’affection, la tendresse, et surtout, l’immense bonheur de le revoir enfin.

— Bonjour mon chéri, oh, bonjour mon amour, ça me fait vraiment plaisir, tu sais, d’être de retour à la maison. Parce que je te jure que je me suis ennuyée comme un rat mort, là-bas ! J’étais tout le temps en train de me demander : Qu’est-ce qu’il peut bien faire, à cette heure, mon cher Maxime, sans moi. Il la prit dans ses bras pour lui donner un long baiser enfiévré. Il la conduisit ensuite dans la chambre où ils s’embrassèrent et se caressèrent comme deux adolescents aussi insouciants que survoltés.

Il lui retira son charmant soutien-gorge de dentelle et sa petite culotte brésilienne en soie bleue avec des gestes qui furent empreints d’autant d’émotion pure que de désir fou.

Maxime était aux anges, parce qu’il pensait avoir enfin retrouvé le bonheur parfait.

Il aspira et suçota méticuleusement à tour de rôle ses deux petits bouts ambrés qui roulèrent sensuellement sous sa langue. Il promena ensuite sa bouche avide sur l’ensemble de son corps, dont il avait passionnément rêvé pendant tout ce temps où elle avait étée loin de lui, pendant qu’il lui massait amoureusement les seins et qu’il lui caressait tendrement les hanches. Vénus gémissait sous ses douces et tendres caresses comme une reine de Saba en voie d’être comblée. Quand sa main s’arrêta sur l’exquis bombé de sa foune de rêve, Maxime eut le bonheur de constater que sa merveilleuse compagne mouillait abondamment, en tous cas, elle mouillait bien plus qu’auparavant ! Il lui fit longuement et paisiblement l’amour, ils se fondirent ainsi intimement et viscéralement l’un dans l’autre jusqu’à ce qu’il entende, comme dans un rêve : « Oh chéri, oh mon amour, je crois que je, ouiii, je crois que je vais jouiiir… »

Submergé par l’émotion Maxime ne put retenir la bouillonnante éjaculation qui se présenta au bout de son sexe survolté et il balança toute la tarlatane qu’il avait de disponible dans les entrailles savoureusement offertes de cette délicieuse compagne, cette femme définitivement soumise et merveilleuse qu’il venait enfin de retrouver, et avec quelle joie incommensurable !

— Ouiii, je jouis, oh ouiii, mon Dieu, je vieeens… hurla Vénus en se serrant fort contre lui alors qu’il lui inondait avec générosité la choupinette en émettant un aimable et discret grommellement de plaisir. Ils échangèrent alors un long, un très long et voluptueux baiser d’amour afin de clôturer en beauté cette mémorable journée, qui fut, ainsi que vous pourrez aisément l’imaginer, entièrement consacrée à l’interminable et brûlant câlin des retrouvailles.

A compter de ce jour, ils vécurent heureux, et tout, absolument tout, se passa à nouveau à merveille entre eux.

C’est ainsi qu’un jour Maxime, rassuré, annonça à Vénus :

« Chérie, ma petite chérie, il faut que je te dise, samedi prochain j’ai invité un ancien copain de fac à dîner, il s’appelle Alexandre. Et je compte sur toi, bien sûr, pour nous concocter un repas de rêve, parce que, si je me souviens bien, ce garçon est un fin gastronome.

Vénus se plongea dans une profonde méditation puis elle releva doucement la tête pour lui annoncer : « Je vais vous préparer un foie gras au poivre du Sichuan, pour commencer, parce que ça, c’est toujours très bon. Pour suivre je préparerai un plat de gambas au gingembre et au citron vert, et après j’aurai le plaisir de vous servir un foie de veau épicé à la grecque. Avec ce sympathique Morgon, que je suis allée chercher chez le caviste, ce petit repas devrait être une vraie tuerie ! »

Maxime approuva ses propositions sans la moindre réticence :

— Ce devrait être parfait, assura-t-il.

Il était si heureux d’avoir retrouvé son adorable comparse qu’il l’embrassa comme embrasse un adolescent, c’est-à-dire comme embrasse un fou, un fou, un fou d’amour !

Lorsqu’Alexandre arriva, c’était un peu après vingt heures, il fut aimablement accueilli par une Vénus particulièrement enjouée et chaleureuse qui lui fit, pour commencer, une grosse et chaleureuse bise au coin des lèvres.

Pendant le repas elle s’activa comme une petite fée, faisant tout à la fois. Elle se montra particulièrement agréable et enjouée, mais elle apporta néanmoins les plats à l’exacte température de service. Elle veilla à ce qu’il y eut toujours du vin dans les verres, et elle égaya la soirée de sa conversation, qui fut tout à la fois charmante et érudite. Elle adressa de fréquents regards chauds comme de la braise à leur invité, tout en faisant papillonner, se montrant comme toujours sexye en diable, ses longs cils soyeux.

— Maxime m’avait bien prévenu que sa compagne était une perle particulièrement brillante, mais je me dois de préciser qu’il était très en deçà de la vérité, bredouilla Alexandre en adressant un sourire enjôleur à Vénus.

— Je vous remercie, Alexandre, je suis très touchée par votre compliment, dit-elle à son tour. Mais je dois vous avouer qu’il ne m’avait pas avertie non plus que vous étiez si charmant ! Parce que, maintenant que j’ai étée entièrement révisée et reprogrammée, je trouve que mon homme prend de gros risques, pour ne pas dire qu’il joue imprudemment avec le feu, en introduisant ainsi le loup dans la bergerie, ajouta-t-elle avec un sourire éminemment suggestif.

Lorsqu’Alexandre fut sur le pas de la porte pour prendre congé, Vénus se hissa sur la pointe des pieds de façon à coller sa poitrine palpitante contre celle du garçon, et elle lui claqua une grosse bise sur la bouche.

— Il est vraiment trop mignon, ton ami, dit-elle plus tard à Maxime, tout en se déshabillant, et alors qu’ils étaient sur le point de se mettre au lit pour faire l’amour, ainsi qu’ils le faisaient habituellement. J’espère qu’il reviendra bientôt, et que cette fois, contrairement à ce que tu as fait avec Delphine, tu m’accorderas le plaisir de me laisser m’amuser un peu avec lui, ajouta-t-elle en se caressant les seins d’une manière aussi lascive que troublante.

— Je ne m’en sortirai donc jamais, soupira Maxime. Mais seulement après lui avoir fait longuement et passionnément l’amour, il ne s’endormit pas tout de suite, mais il se plongea dans une longue et profonde méditation.

Bien qu’ils soient implantés sur des robots, ces logiciels d’affection étaient réalisés par des êtres humains, se dit-il. Et qu’est-ce qui se trouve être un des principaux moteurs de l’humanité ?

La sexualité, bien sûr, le sexe, avec son long cortège de bienfaits et de sombres malédictions!

Le lendemain il désactiva sa belle assistante sans le moindre scrupule et il la glissa précautionneusement dans son carton capitonné. Direction le Japon !

Il n’en était pas spécialement fier, mais il fut tout de même soulagé d’avoir pris cette difficile décision.

Il invita Delphine à dîner pour le soir même et il prit sans l’ombre d’une hésitation un chemin qu’il n’empruntait que rarement, pour ne pas dire jamais, celui de la bijouterie du centre commercial!

Il fut surpris d’éprouver un immense plaisir à préparer lui-même un délicat dîner pour son invitée, à laquelle il remit la bague avant de se décider à lui faire enfin ce que la jeune femme attendait depuis si longtemps, à savoir sa demande en mariage !

Chez Nakishima on reçut le colis avec sa lettre d’accompagnement, par laquelle le client faisait une bien curieuse demande : Il souhaitait en effet que sa merveilleuse assistante conjugale dernier cri lui soit remplacée par un de ces anciens robots d’assistance ménagère de la première génération, qui n’était qu’une simple machine totalement asexuée et dépourvue du moindre charme.

Car si Maxime était conscient qu’il rencontrerait certainement des difficultés dans sa vie future avec Delphine, il pensa qu’il s’agirait de problèmes mineurs par rapport à ceux qui l’auraient attendu avec cette somptueuse Intelligence Artificielle, une fille, à vrai dire, qui était bien trop parfaite pour être véritablement honnête !

 

épisode 2 : Un charmant petit couple

 

Lorsque la ravissante Vénus sortit du bureau du directeur, un large sourire, qui s’étirait d’une extrémité à l’autre de ses pulpeuses lèvres de silicone, illuminait son doux visage de princesse des mille et une nuits. Elle marchait le cœur léger et lourd à la fois, mais malgré tout, c’était son premier instant qui ressemblait un tant soit peu à de la joie depuis ce jour maudit qui avait vu Maxime, son ex, la fourrer ignominieusement au fin fond d’un épais et solide carton, afin de la renvoyer sans plus de ménagements chez elle, dans ce lointain et beau pays où elle avait été conçue et mise au monde, quelques années auparavant.

Elle venait d’apprendre qu’elle allait enfin être remariée. Et c’était bien sûr une super bonne nouvelle, mais qui donc s’apprêtait à l’épouser, pour la deuxième fois de sa courte vie, se demandait-elle avec curiosité, et aussi, il faut bien le dire, avec un brin anxiété ? Qui, cette fois, allait la serrer amoureusement dans ses bras, et peut-être même allait lui faire follement et interminablement l’amour, le directeur ne lui en avait encore rien dit.

Serait-ce un homme, un monsieur riche et charmant, ou un important chef d’entreprise, comme celui de la dernière fois, ou bien une jeune et jolie lesbienne en mal d’amour ? Ça, ce ne serait pas si mal, en fin de compte, pensa-t-elle, et ce serait même plutôt mignon et reposant, car il lui était beaucoup plus facile de faire l’amour à une femme, en étant une elle-même, parce qu’elle en connaissait tous les points sensibles et tous les ressentis, jusqu’aux plus profondément et intimement enfouis, ou alors une plus vieille, qui serait à la recherche cette fois, et plus prosaïquement, de chair tendre et fraîche, ou encore un couple libertin, amateur d’émotions sexuelles nouvelles qu’ils aimeraient partager avec une troisième luronne, ou alors un homosexuel , un mignon petit pédé qui souhaiterait varier les plaisirs et surtout, surtout, ne pas prendre le risque insensé de mourir idiot, et à qui une jolie androïde comme elle l’était, conviendrait parfaitement, fatalement ?

A vrai dire cela n’avait pas beaucoup d’importance pour elle, l’essentiel étant qu’elle soit remariée au plus tôt, ce qui lui éviterait le triste déshonneur de la mise au rebut et du recyclage, et ce serait toujours cela de pris ! Car chez Nakishima, si l’on vendait bien, et depuis fort longtemps déjà, des assistants ménagers, si l’on proposait à l’adoption des assistants familiaux, pour s’occuper des intérieurs, des enfants, des chiens, des jardins ou des personnes âgées, pour rester dans la bienséance du « politiquement correct », ce concept dominant la nouvelle société, on ne vendait plus, ni ne proposait plus à l’adoption, les assistants matrimoniaux comme elle, celles et ceux qui ne se satisferaient pas de faire le ménage, les courses, de changer les couches des enfants, ou des vieux, mais qui auraient l’insigne honneur de partager le lit et la vie sentimentale et sexuelle de leur maître ou de leur maîtresse, afin d’y faire tout ce qu’y aurait fait un véritable conjoint attentionné et amoureux, voire même plus encore, dans la mesure du possible ! Maintenant, au gré des dernières lois sur le respect de la personne androïdaire, on les mariait, purement et simplement, sans faire plus de façons. Oh ce n’était pas un grand mariage, avec de nombreux invités et tout le tralala, non, mais c’était une cérémonie des plus simples, car il n’y avait qu’une signature à apposer au bas du contrat pour le, ou les, conjoint humain, et un petit verre de saké était partagé avec le directeur après avoir lu ensemble le document qui précisait les droits et les devoirs de l’heureux époux et de la gracieuse épousée.

Les droits étaient quasiment illimités, à la notable exception qu’ils interdisaient formellement les mauvais traitements et les humiliations, tandis que les devoirs se limitaient à fournir à l’androïde un cadre de vie décent, une alimentation suffisante en électricité et / ou, en nourritures terrestres, et cela, c’était selon les modèles, les mono-alimentation ou les hybrides, qui étaient bien plus nombreuses sur le marché.

En tout cas, son, ou ses futurs époux, ferait sans aucun doute une excellente affaire, c’était la seule chose qu’elle savait de sa vie future, mais de cela, au moins, elle en était intimement persuadée !

Elle était certes une assistante matrimoniale d’occasion, mais elle était une occasion vraiment superbe, bénéficiant de la fameuse garantie or, surtout après la longue et minutieuse révision qu’elle venait de subir au cœur des ateliers spécialisés, ces salles blanches encombrées de machins et de machines de toutes sortes, clignotants ou ronronnants, d’ordinateurs classiques et neuronaux, d’écrans, et de puissantes et quasi infaillibles mallettes de détection de bugs. Elle avait étée complètement démontée, nettoyée, examinée sous toutes les coutures, et il n’y avait pas jusqu’à son délicat périnée cousu main qui n’avait pas subi une inspection tatillonne. Et surtout elle avait étée entièrement reprogrammée, de façon à faire taire à jamais ses maudites velléités d’émancipation, ses folles idées d’autonomie, qui lui avaient coûté si cher la dernière fois, à savoir la déshonorante et inoubliable répudiation. Oh la honte qu’elle avait éprouvée en déambulant dans les interminables couloirs des ateliers, où elle ne manquait pas de croiser ses congénères moqueuses qui lui lançaient de méchants et réprobateurs regards en biais. Qu’est-ce qu’elle avait donc, cette petite pute, à vouloir ainsi péter plus haut que son, certes adorable, , petit cul, ne devaient-elles pas se priver de ruminer in petto.

Tout fonctionnait donc de nouveau à merveille chez elle, son corps, son intellect, son affect, et aussi, et surtout, sa nouvelle et irréprochable moralité.

*****

Je vais devoir maintenant vous parler un peu de Max. max était un grand type baraqué, un beau garçon brun d’allure sympathique, porteur d’une fine et élégante moustache, coiffé d’un élégant catogan. Il affichait des attitudes et des manières foncièrement viriles. A l’aube de ses 35 ans, il venait de se voir nommer directeur commercial de cette importante entreprise d’électroménager qui faisait un tel battage publicitaire sur les écrans de télévision de toute l’Europe-Unie, tandis que son compagnon Jérémy était, quant à lui, un très bel homme blond aux cheveux mi-longs, quoiqu’il fut un peu enrobé, peut-être, mais cela présentait l’avantage incontestable de lui faire de très belles fesses ! C’était un garçon dont le visage d’ange présentait des traits d’une si profonde douceur qu’ils auraient pu lui conférer une allure efféminée, s’il avait été un peu plus maniéré, ce qui était loin d’être le cas. Car il savait parfaitement beurrer ses biscottes, lui ! Tout chez cet homme respirait la plus franche virilité et le plus parfait équilibre. Il était chef comptable dans un important cabinet d’assurances parisien, qui était logé au cinquante-sixième étage de la Grande Arche de la Défense.

Le beau Max et le jovial Jérémy souhaitaient depuis longtemps se marier, ainsi que l’aurait envisagé n’importe quel couple qui s’aime profondément, après quelques années de vie commune et de bonheur sans taches, mais ils reculaient de jour en jour cette alléchante échéance, qui leur permettrait, certes, d’adopter le petit bébé dont ils rêvaient depuis longtemps, mais qui consisterait surtout à officialiser devant monsieur le bourgmaster cette affaire qui était restée jusqu’à aujourd’hui des plus privées, à savoir, leur pourtant notoire homosexualité !

Soucieux d’apaiser un tant soit peu les relations parfois tendues qu’ils entretenaient avec leur voisinage, et d’éviter les remarques désagréables, ainsi que les inévitables quolibets au boulot, ils auraient bien fait rentrer une femme dans leur vie heureuse et parfaitement ordonnée, mais ils auraient vécu cela comme une sorte d’abandon, de renonciation à leurs idéaux, qu’ils proclamaient haut et fort, comme une lâcheté, pour parler clair.

Aussi, c’est avec la plus grande attention qu’ils avaient regardé ce long reportage télévisé, fort bien fait et détaillé, qui faisait état de la satisfaction énoncée par les riches propriétaires d’assistants matrimoniaux, et ils n’avaient pas hésité bien longtemps avant de prendre deux billets à bord d’un de ces nouveaux avions électriques afin de se rendre à Tokyo dans le but de se rendre aux journées portes ouvertes, qui avaient été annoncées lors de ce même reportage par un cadre commercial de Nakishima.

Dans le silence de l’avion, ils avaient pu longuement bavarder tout en se tenant tendrement et amoureusement la main, à la fois pour rassurer Jérémy, qui avait toujours un peu peur lorsqu’ils traversaient les inévitables turbulences, que par une longue habitude de vieux couple, parce que cela faisait maintenant presque dix ans qu’ils étaient ensemble.

— Ce serait super chouette de pouvoir en acquérir une, en effet, mais tu as vu le prix, chéri, c’est pharamineux, on pourrait presque avoir une Ferrari, pour ce prix-là !

— Oui, presque ! Mais il n’est pas question de l’acheter, mon amour, mais de l’épouser, de la marier, tout comme s’il s’agissait d’une véritable pisseuse, et de régler le montant de la dot.

— L’épouser et payer la dot, ou l’acheter, c’est un peu la même chose, non, et de toutes façons, c’est bien trop cher pour nous, ces machines-là, parce que même si nous sommes cadres, nous n’en restons pas moins des modestes salariés, taillables et corvéables à merci, ça je te l’accorde volontiers, mais nous sommes bien loin d’avoir une rémunération de ministre, même si pour eux aussi, ce n’est plus exactement ce que c’était dans le temps !

— Ah, c’est en 1970 que nous aurions dû vivre, parce qu’il me semble que tout était si facile, alors…

— Et on aurait peut-être pu vivre dans une communauté hippie, pour se vautrer comme des bienheureux dans le stupre et la fornication.

— On va là-bas pourquoi, alors, simplement pour le plaisir des yeux ?

— Oui, pour ça bien sûr, et aussi pour visiter le Japon, c’est quand même notre premier voyage dans ce pays.

— C’est vrai que ça va nous changer de Cuba, des Philippines, de la Thaïlande, et de l’île Maurice…

— De même que de la Grèce, de Mykonos, de la Turquie, de l’Autriche, et surtout, d’Amsterdam !

— Et du Portugal, aussi, pourtant, qu’est-ce qu’on était bien, là-bas, il y a deux ans, tu t’en souviens, n’est-ce pas, Poussinet ?

— Tu parles si je m’en souviens, je m’en souviens même comme si nous n’étions rentrés que d’hier, le Fado ooo ooh !

— Et surtout nous y allons pour nous renseigner, sur les conditions, les garanties, les éventuelles facilités de paiement, enfin, tout ça, quoi.

— Tu pencherais pour quel type d’assistante, toi, si ça devait se faire, une ménagère, une familiale ?

— Une familiale, ce serait bien, tu ne crois pas ? C’est un modèle beaucoup plus complet, et puis elle pourrait aussi faire les courses, parce que nous n’avons jamais le temps d’aller à l’hyper-market, ni même de passer nos commandes sur Hypernet.

— Ah oui, je comprends, et elle pourrait aussi nous sucer, de temps en temps, ajouta malicieusement Jérémy, dont les yeux brillèrent à cette agréable évocation, et ça aussi ça nous changerait, tu ne crois pas, amour de ma vie ?

— Oh oui, mais tu sais, je n’ai jamais eu besoin de qui que ce soit pour te bouffer la bite, moi !

— Jusqu’à ce que je décharge dans ta bouche, et tu aimes tellement ça, hein, poussin ! Poussin ?

— Et que tu m’englues les dents du fond jusqu’aux les amygdales !

Ils échangèrent un charmant sourire de connivence, qui fut porteur d’une infinie tendresse, à cette délicate évocation de leurs longs et affectueux moments d’intimité.

— Et nous pourrions en profiter pour faire un peu de tourisme, aussi, parce que j’adore ça, moi, faire le touriste, dit Jérémy en serrant amoureusement la main de son homme ; mais dis-moi, tu t’es renseigné, mon amour, qu’y a-t-il de beau à voir à Tokyo ?

— Oh, plein de choses, ne t’inquiète pas pour ça, parce que tu n’auras certainement pas le temps de t’ennuyer une seule seconde, entre les temples et les sanctuaires, comme le Meiji-jingū

le Sanctuaire de Yasukuni

ou le Sensō-ji, à Asakusa

Et entre les tours et bâtiments notables comme le Kabukiza

Et Kōkyo, le Palais Impérial

ou le Siège du gouvernement métropolitain

la Roppongi Hills Mori Tower

le Stade olympique

le Sunshine 60

le Tokyo Metropolitan,

 le Gymnasium par Fumihiko Maki

la Tour de Tokyo

la Tokyo Sky Tree, qui fut achevée en 2012, et qui est haute de 634 mètres.

Et les Musées, aussi :

le Musée national de Tokyo

le .musée national de la nature et des sciences,

le Musée d’art moderne,

le Musée de l’imprimerie.

  • Et les Parcs, aussi, qui sont vraiment magnifiques !

le Parc d’Ueno

le Parc Yoyogi

et le Shinjuku Gyoen

— J’ai aussi entendu parler, ajouta Jérémy :

du marché aux poissons de Tsukiji

Et de Omotesando Dori : l’avenue de Shibuya qui a été surnommée « les Champs-Élysées de Tokyo » !

— Tu vois donc que nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer, mon amour.

— Oh oui, et c’est super chouette, ça, s’enthousiasma le charmant petit blond !

Excusez-moi de lui couper la parole, mais il faut que je vous dise quelque chose d’important, de vraiment important, maintenant. Car, contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, Max et Jérémy ne se livraient que très peu souvent aux pratiques sodomites. Puisque si, dans un couple homosexuel classique, il est généralement admis qu’il y en a un qui fait l’homme, et l’autre la femme, même si l’on comptait bien sûr de nombreuses exceptions à cette règle non écrite, et ils en faisaient justement partie. Car ils étaient avant tout des hommes, et ils tenaient à le rester jusque dans l’intimité, or, se la faire mettre régulièrement, cela aurait pu d’une certaine façon les assimiler à des gonzesses refoulées, et il n’en était bien sûr pas question pour eux ! Ils préféraient donc à cet acte, qu’ils jugeaient tous deux un peu vulgaire et bestial, les longs moments pendant lesquels ils s’enlaçaient amoureusement tête-bêche pour se lancer dans un savoureux et interminable soixante-neufs, qui était toujours accompagné, bien entendu, de délicates caresses des fesses, du dos, des burnes, des cuisses et de tout le reste !

Sitôt posés sur l’immense tarmac de l’aéroport international, ils sautèrent avec allégresse dans la navette aérienne qui allait les déposer, en moins de dix minutes, et tout en douceur, sur l’héliport du parc des expositions où les attendaient, dans un immense pavillon richement décoré, les merveilles qu’ils avaient aperçues à la télé couleur olfactive, et en 3D, qui occupait une place de choix dans leur salon. A savoir les convoitées, mais pour l’instant inaccessibles, assistantes matrimoniales. Il y avait aussi, égrenés le long des stands et sous les projecteurs des podiums, des assistants, qui étaient tous formidablement mignons et sexys, mais ce type de robot, s’il avait bien sûr tendance à les attirer plus que les autres, ne résoudrait en rien leur épineux problème de couple homo qui souhaite se fondre dans la masse, car, au mieux, ils se seraient fait traiter d’infâmes partouzards dégénérés, en étalant aux yeux de tous ce curieux ménage composé de trois mecs.

Ils déambulèrent longuement dans les allées, main dans la main, jusqu’au moment où ils arrivèrent face à une immense vitrine semi-circulaire derrière laquelle se tenaient, sagement assises sur des gradins recouverts d’une moquette bleu électrique, en petite tenue, maillot de bain ou nuisette, d’adorables jeunes femmes qui portaient toutes un badge numéroté, bleu ou rouge.

Max se tourna vers Jérémy pour lui dire, tout en lui serrant tendrement la main : « Tu penses la même chose que moi, chéri,

— Je crois que oui, répondit Jérémy en lui caressant doucement les doigts, ça me fait penser aux salons de massages thaïlandais !

— C’est ça, s’exclama joyeusement Max, c’est même tout à fait, ça ! Les badges bleus pour le massage médical, et les rouges pour l’amical !

— Nous n’avons connu que les bleus, sembla soudain regretter Max. »

Ils étaient là, perplexes, les yeux écarquillés, quand un jeune vendeur, vêtu d’un costume gris foncé et d’une élégante cravate rose, s’approcha d’eux à pas de loup, tel un félin aux aguets qui aurait repéré une proie potentiellement délicieuse, qu’il ferait volontiers craquer sous ses dents acérées.

— Pourrais-je vous renseigner, messieurs, susurra-t-il en arborant un large sourire ?

— Oui, lui répondit Max sans hésiter, nous nous demandions ce que faisaient là ces jeunes et jolies androïdes.

— Ah, elles, messieurs, ce sont nos assistantes d’occasion ; les porteuses de badges bleus, celles que vous voyez là, sont des assistantes ménagères, tandis que celles qui portent un badge rouge sont des assistantes matrimoniales.

— Ah, parce que vous avez même des assistantes d’occasion, s’exclama Max, qui fut frappé d’étonnement, comme pour des spationefs, alors, ou encore comme pour des automobiles, comme c’était dans le temps !

— C’est tout à fait ça, monsieur, à la notable exception que chez nous il n’y a pas le moindre risque d’avoir une surprise désagréable, comme cela arrive parfois avec les garagistes, ou avec les spationistes les moins scrupuleux, parce que toutes nos occasions, sans la moindre exception, et quel que soit leur prix, bénéficient de notre contrat de confiance, et de notre très réputée garantie Or!

Intéressés par cette découverte, qui fut aussi inattendue que bouleversante, les deux amoureux, en acquéreurs potentiels, discutèrent longuement des prix, des conditions de paiement, du contrat de mariage, avant de signaler au directeur commercial, qui était accouru rapidement auprès d’eux, les exemplaires qu’ils souhaitaient voir de plus près.

Ils apprécièrent à sa juste valeur les formes et le charme intrinsèque d’une adorable Marilyn à la bouche infiniment sensuelle, ils passèrent rapidement sur une rousse flamboyante, qui leur rappela étrangement Janis Joplin, la célèbre rockeuse du vingtième siècle, et ils s’arrêtèrent d’un commun accord sur une grande et somptueuse asiatique aux yeux verts délicatement bridés et aux épaules larges dont ils demandèrent si elle pouvait leur être présentée plus en détail.

— Je vais commencer par vous parler un peu d’elle, si vous permettez, parce que je dois vous avertir que cette charmante demoiselle est un cas un peu particulier, et après, si vous êtes toujours intéressés, nous la ferons venir, bien sûr.

— Pourquoi, qu’a-t-elle donc de si particulier, demanda Max, qui fut soudain un peu inquiet ?

— De si particulier, me demandez-vous, Ah Ah Ah ! Oh tout d’abord, rassurez-vous, parce qu’elle n’a aucun problème, bien au contraire, mais il vous faut savoir qu’il s’agit quasiment une véritable femme, même si elle est artificielle. En fait c’est une hybride, qui fonctionne pour moitié à l’électricité et pour moitié qui consomme de véritables aliments, ce qui, entre parenthèses, la rend plus apte à goûter les plats qu’elle prépare, et améliore ainsi grandement ses capacités de cuisinière, et… Il sembla hésiter un peu et marqua un temps d’arrêt avant de se décider à dérouler la suite de son discours. Et, je vous disais, oui, et, en insistant un tout petit peu, elle pourrait même vous faire un bébé, si vous le désirez, bien sûr !

— Un bébé, mais, c’est incroyable, cette jeune androïde aurait donc un utérus !

— Oui, elle en possède un, ainsi que des ovaires, et il est parfaitement fonctionnel, en plus, ce qui fait qu’elle a ses règles, qu’elle sera ménopausée dans quelques dizaines d’années, et tout et tout.
— Ses règles, manqua de s’étouffer Jérémy, oh non, mon Dieu, mais quelle horreur!

— Oui, mais ce n’est vraiment rien d’extravagant, rassurez-vous, juste un petit écoulement de liquide rosé, deux jours par mois, au maximum ! Il est même à parier que vous ne vous en rendrez jamais compte.

— Cette ravissante jeune femme aurait donc un véritable utérus, mais, comment est-ce possible ?

— Il y a maintenant longtemps, mon cher monsieur, que des hommes vivent tout à fait confortablement un cœur artificiel, des reins, des poumons, et même une peau artificielle, alors, comme nous en avions rêvé, nos ingénieurs ont passé plus d’un an penchés sur cet ambitieux projet, et ils l’ont enfin conçu et réalisé, l’utérus artificiel ! A terme, voyez-vous, cette merveilleuse invention permettra de résoudre l’épineux problème des mères porteuses et des adoptions, qui se révèlent encore trop souvent impossibles, de nos jours, que ce soit pour des raisons politiques ou sociétales.

C’est une invention magnifique, qui est actuellement testée sur quelques-unes de nos assistantes matrimoniales d’occasion, en vue d’être montée en série, dans un proche venir, sur tous nos modèles.

C’est une invention merveilleuse, bien sûr, mais je me dois quand même de vous informer de ses inconvénients, sinon, je ne serais pas totalement honnête, et cela serait contraire à l’éthique de notre maison. Alors voilà, si vous lui faites l’amour régulièrement, messieurs, et je ne doute pas une seconde que vous en éprouverez furieusement l’envie, car elle est si délicieuse, si sexye, et surtout parce que c’est une telle amoureuse, et si vous ne vous satisfaisiez pas de la sodomiser, comme le font certains de nos clients pour être tranquilles, car nous fournissons bien entendu le tube de gel destiné à cette pratique, ou de vous faire gentiment sucer, car elle est aussi une véritable experte de cette noble pratique, vous risqueriez grandement de la mettre en cloques. Alors, si tel n’est pas votre projet, n’oubliez surtout pas de lui faire prendre sa pilule contraceptive tous les soirs, et…arrêtez-la quand vous aurez envie de la mettre enceinte.

Là-dessus il éclata d’un énorme rire de baleine qui le secoua comme un vieux pommier.

— Et, et, préparez-vous à subir ses inévitables sautes d’humeur, aussi, quand madame votre précieuse assistante sera indisposée, bien sûr. Une véritable femme, je vous dis !
Je vous ai longuement parlé des inconvénients, mais voyons les avantages, maintenant. Outre le fait que vous pourriez lui faire porter un enfant, comme je vous l’ai déjà dit, c’est son prix, qui est un prix promotionnel, bien entendu, et même un prix imbattable, comme il se doit pour un prototype en phase de bêta-test.

Ils demandèrent à ce que cette merveille soit invitée à sortir de sa cage de verre.

Kanaboshi, qui souhaitait vivement réussir cet entretien d’embauche un peu particulier, leur fit le grand jeu.
Elle arriva de sa  souple de chatte en chaleur tout en roulant légèrement des hanches, exhibant un sourire éclatant et en faisant joliment papillonner ses longs cils.

Elle s’approcha des garçons et leur fit à chacun une grosse bise au coin des lèvres avant de se présenter :

— Hello, my name is Kanoboshi, mi chiama Kanaboshi, ah, excusez-moi, mais je perçois sur mon écran intérieur que vous êtes Français, messieurs, donc, comme je vous le disais, je m’appelle Kanaboshi, et je suis très heureuse de faire votre connaissance, parce que j’aime beaucoup la France, qui est le pays protecteur des droits de l’homme, et de la femme, par conséquent ! Et elle ajouta sur le ton de la confidence: mon nom, Kanaboshi, signifie Vénus, en Français, tout comme celle de Milo, vous voyez, qui est ma célèbre homonyme.
Les garçons constatèrent qu’en effet, cette jeune androïde n’avait rien à envier à la merveille de marbre exposée au musée du Grand Louvre, cette féerie de verre et d’acier qui surplombait la Seine depuis quelques années, depuis que ses anciens et désuets bâtiments de pierre avant été transformés en boutiques, en galeries d’art et en restaurants gastronomiques, qui étaient réputés dans le monde entier.

Ils bavardèrent gentiment quelques minutes avec la jeune femme tout en la détaillant sous toutes les coutures. Ils lui expliquèrent sans détours qu’ils étaient un couple homosexuel, ce dont Kanaboshi leur confirma qu’elle s’en moquait complètement, car, leur dit-elle, elle avait l’esprit assez vif et ouvert pour s’adapter à n’importe quelle catégorie d’époux, pourvu qu’il soit mignon et sympathique, et c’est votre cas, leur confirma-t-elle aimablement.

Max et Jérémy, profusément ébranlés par ce qu’ils venaient de voir et d’entendre, se réfugièrent dans la cafétéria et ils allèrent avec allégresse se servir au bar à sushis. Ils prirent deux bières bien fraîches avant de s’installer confortablement à une petite table ronde, dans un sympathique environnement qui évoquait le bord de mer, avec ses embruns, ses mouettes, qui étaient artificielles, bien sûr, mais qui piaillaient comme des vraies, et même son sable blanc, et ses palmiers en pots.

Ils discutèrent une bonne partie de l’après-midi avant de s’en retourner voir l’aimable dircom.

— Nous en avons longtemps parlé, et pesé le pour et le contre, aussi, et au final nous pensons que nous allons la prendre, lui annoncèrent-ils enfin, après avoir tout de même un peu hésité.

Ils se dirigèrent paisiblement vers le bureau, toujours main dans la main, et tremblant un peu sous le coup de la forte émotion provoquée par la courageuse décision qu’ils venaient de prendre, décision dont ils mesuraient pleinement les bouleversements qu’elle ne manquerait pas d’engendrer dans leur existence bien ordonnée, afin de signer le contrat de mariage et de boire le saké d’honneur avec le directeur, tout en grignotant quelques noix de cajou et des crevettes déshydratées.

Avant de repartir Jérémy éprouva l’irrépressible envie d’aller visiter ce fameux marché aux poissons.

Le marché aux poissons de Tsukiji est le principal marché aux poissons de la métropole de Tokyo et le plus grand marché de gros du monde pour les poissons et les fruits de mer. Il se trouve dans le quartier de Tsukiji. Bien qu’il soit communément appelé marché aux poissons, on y trouve également des fruits et des légumes.

Ils y allèrent tôt, puisque le marché ouvre dès 5 h 30. Les acheteurs commençaient par repérer les meilleurs poissons. Chaque poisson porte un numéro afin de faciliter les transactions. On en trouvait plus de 450 espèces en provenance du monde entier. Parmi elles, le thon rouge était l’espèce la plus convoitée, mais c’est également, et cela tout le monde le sait, la plus menacée d’extinction, à cause d’une pêche excessive. Il arrive que des pièces de très grande qualité atteignent des sommes pharamineuses, soit plus de dix mille euros des années 2000 !

Des dizaines de milliers de personnes et de voitures électriques déambulaient dans ce dédale bariolé et bruyant. Les visites des touristes étaient même soumises à des restrictions d’horaires et de zones.

 

 

Le lendemain ils ‘envolaient tous les trois pour Paris-Charles-de-Gaulle, d’où ils sautèrent dans un de ces nouveaux spationefs solaires bleus et blancs qui les déposa juste devant chez eux, à deux pas de leur agréable pavillon, qui était situé en lisière de la forêt de Sénart, sur le terrain qui fut jadis occupé par le château d’Étiolles, la demeure qui abrita un temps les amours adultérines de la jeune Jeanne-Antoinette Poisson, la future marquise de Pompadour, avec le roi Louis XV le bien-aimé1.

Il semblait, en arpentant les larges allées forestières bordées de profonds fossés dans lesquels les champignons pullulaient, dès que l’automne embrasant les feuillages des grands chênes était revenu, que l’on allait croiser l’équipage de chasse du grand roi ou sa jeune admiratrice l’observant amoureusement, alors qu’elle s’était soigneusement cachée dans un épais fourré.

Kanaboshi respira à pleins ses ventileurs pulmonaires ces senteurs boisées et mycologiques, qui étaient si agréables, et surtout si nouvelles pour elle, et elle suivit gentiment ses hôtes, aujourd’hui devenus ses chers époux, jusqu’à leur sympathique demeure.

C’était une belle maison d’aspect moderne, toute de béton, de verre et d’acier, mais qui présentait aussi quelques aspects plus rustiques, comme un beau toit de tuiles, ainsi qu’un profond porche en pierre de taille sous lequel on pouvait s’abriter en cas de pluie, ainsi qu’une charmante cheminée en briques roses qui s’élançait élégamment vers le ciel depuis le toit-terrasse.

Elle pensa aussitôt qu’elle allait se sentir bien ici, surtout que ces garçons avaient l’air d’être charmants.

Max et Jérémy lui firent faire le tour complet du propriétaire, pendant lequel elle s’efforça d’enregistrer avec le plus grand soin dans ses circuits neuronaux tous les détails pratiques dont elle aurait besoin par la suite, à savoir où se trouvaient les produits ménagers, les provisions, les compteurs de gaz, d’électricité, l’emplacement des prises Hypernet, qui seraient bien utiles en cas de défaillance du Wi-Fi, ce qui ne manquait pas d’arriver une ou deux fois par an, pendant les périodes de surchauffe du réseau, et enfin elle découvrit, émerveillée, la jolie chambre, décorée dans des délicats tons pastels, qui lui avait été attribuée. Elle allait disposer de tout le confort moderne, d’une salle d’eau privée, d’un lit confortable sur lequel elle pourrait tranquillement recharger ses accus après une longue et fatigante journée de travail, car elle n’oubliait pas, tout au bonheur de ses découvertes successives, qu’elle était surtout là pour travailler !

Ce soir, lui avaient dit ses époux, elle n’aurait strictement rien à faire, à part peut-être, mais c’était encore à voir, une petite gâterie avant d’aller au lit, mais à part ça c’est eux qui s’occuperaient de tout.

Dans le courant de l’après-midi Max se mit aux fourneaux pour préparer un excellent filet mignon, fondant et savoureux, qu’il avait l’intention de faire accompagner par de succulentes rates de Noirmoutier, qu’il ferait sauter avec de l’huile d’olive, de l’ail et du persil haché.

Le repas se déroula dans une sympathique ambiance de convivialité, comme lors d’un dîner entre copains, au cours duquel on plaisanta et on rit beaucoup, même si Max et son compagnon ne pouvaient détacher les yeux de leur fantastique acquisition, de cette lumineuse reine de beauté qui venait partager leur vie afin de leur procurer un semblant d’honorabilité.

« Le maître demande à Toto s’il sait ce qu’est un oiseau rapace, avança Max alors Toto colla son nez à la fenêtre et il répondit un oiseau rapace monsieur c’est un oiseau, il passe, et il rapasse !

Tout à la joie de ce premier contact réussi ils décidèrent d’un commun accord de ne rien lui demander de plus ce soir-là, ainsi, après avoir gentiment et chastement embrassé leur invitée du jour, ils se retirèrent dans leur chambre afin de s’y livrer en toute discrétion à leurs jeux érotiques préférés.

Max se déshabilla tranquillement tandis que Jérémy faisait de même. Puis ils tirèrent la couette légère, et ils s’allongèrent en travers du lit.

Max donna un long et voluptueux baiser à son compagnon, enroulant amoureusement sa langue à la sienne, puis il lui dit : « tu ne trouves pas qu’elle st super mignonne, notre épouse, je ne me souvenais pas qu’une pisseuse, cela pouvait être aussi beau, ni surtout aussi charmant ! » Car Max avait eu une compagne, avant que sa véritable orientation sexuelle ne lui soit révélée, quand il avait la connaissance de Jérémy, à l’occasion d’un barbecue chez des amis. « Et tiens, ça me donne une de ces envies de baiser, moi, tout ça, pas à toi ? » ajouta-t-il en le regardant tendrement.

— Pas plus que d’habitude, non, pourquoi, parce que tu aurais envie de la baiser, toi ?

— Mais non, Niquedouille, c’est à toi, à toi, que j’ai envie de faire l’amour, mon amour, dit-il en se jetant gaiement sur lui. Quand il eut terminé de lui prodiguer sa longue et savoureuse feuille de rose, Max bandait comme un âne Turc. Il mordilla Jérémy dans le cou et il lui dit : « tu ne voudrais pas te mettre à quatre pattes, mon chéri, parce que j’ai une putain d’envie de, de te la, de te la mettre, là, oui, là !

— Il n’ya pas de problème à ça, dit Jérémy en s’exécutant, de façon à offrir à son amant la vue la plus dégagée qui soit sur son inestimable trésor, à savoir son émouvante rosette, qui était d’un joli mauve clair, et surtout, si délicatement fripée.

Le garçon entreprit alors de faire paisiblement et voluptueusement l’amour à son compagnon.

C’est alors qu’une sorte de miracle tantrique se produisit, car leurs respirations s’harmonisèrent. Ainsi, quand le beau Max poussait voluptueusement sa grosse bite vers l’avant il expirait, et en la recevant le mignon Jérémy expirait aussi. Quand il se reculait afin de mieux prendre son élan, il inspirait, tandis que Jérémy en profitait pour inspirer, lui aussi. C’est ainsi, alors qu’ils étaient solidement emmanchés charnellement, que leurs âmes se mirent à vibrer à l’unisson, et cela dura, dura, dura une éternité !

Et Jérémy jouit en même temps que Max, tout en se liquéfiant littéralement de l’intérieur.

Kanaboshi, quant à elle, se retira dans sa chambre, des étoiles plein les yeux, afin de se brancher sur l’induction par Wi-Fi afin de bien recharger ses batteries, car les nourritures terrestres, si elle en appréciait bien sûr le côté succulent et voluptueux, étaient loin d’être suffisantes pour lui assurer la forme parfaite, quasi olympique, dont elle aurait besoin afin d’être à la hauteur de ce que l’on attendrait d’elle par la suite.

Le lendemain fut sa première véritable journée à Sénart. Comme ses époux ne lui avaient laissé strictement aucune instruction, elle dut faire preuve d’autonomie, ce qui fut loin de lui déplaire, à elle, qui avait toujours eu un esprit si indépendant, dynamique, et surtout, épris de liberté !

Elle commença donc par faire un rapide état des lieux, et elle constata çà et là la présence intempestive de moutons ; elle allait donc lâcher la bride à Nénette, le puissant et silencieux robot aspirateur, qui était une sorte de demi-frère, en quelque sorte.

Depuis ce matin le réfrigérateur couinait avec insistance, elle alla donc voir ce qu’il se passait dans ses mystérieuses entrailles. Elle en ouvrit les portes et scruta les écrans de contrôle. Elle constata que plusieurs produits étaient manquants, tandis que certains autres étaient périmés, ou en voie de l’être, alors la machine lui afficha une liste précise de ce qu’il faudrait acheter pour remédier au plus vite à cet état de fait, qui pourrait rapidement devenir gênant. Elle valida la liste et prononça à haute et intelligible voix le mot magique :

— Commander, s’il vous plaît.

Aussitôt une petite spirale colorée se mit à tourbillonner pour lui signaler que l’ordre avait bien été transmis, puis le message s’afficha, ne laissant la place à aucune ambiguïté : « Votre commande a été correctement enregistrée »

Rassurée, elle se dirigea vers l’hyperordi afin de passer les commandes de tout ce qui n’était pas enregistré dans le réfrigérateur. Elle commanda donc chez Giantmarket, l’entreprise Irlandaise qui dominait depuis longtemps le monde des cybermarchés, des fruits et des légumes frais, dont elle n’avait vu aucune trace dans la maison, à part les fameuses rates, qui semblaient être les seuls légumes que les deux compagnons consommaient régulièrement. Il fallait absolument leur faire changer ces mauvaises habitudes. Douze fruits et légumes par semaine était le minimum recommandé par l’OMS pour rester en pleine forme. Elle commanda aussi du gel douche et une brosse à dents, ainsi que du dentifrice multi fonctions pour elle, parce qu’elle n’en avait pas vu trace dans sa salle d’eau. Elle commanda aussi une petite boite de tampons hygiéniques pour le jour où, et elle n’oublia pas non plus ses pilules contraceptives, parce qu’elle craignait le pire pour le jour où ces gaillards, qui avaient l’air particulièrement solides, allaient enfin se décider à lui sauter dessus, afin de profiter de ses nombreux talents en matière de sexualité, et de la besogner joyeusement, à « palle piegate » comme le disent de façon imagée nos amis Italiens, ce qui n’allait certainement pas tarder, bien qu’ils soient homos, vu qu’ elle avait toujours fait un tel effet aux mecs, et qu’elle savait qu’elle était absolument irrésistible !

Elle était d’ailleurs encore étonnée qu’ils ne lui aient rien demandé, hier soir, car après tout, elle était là surtout pour cela, à la différence des simples assistantes ménagères, ces nunuches surexploitées qui ne se foutaient jamais à poil et ne se faisaient jamais, au grand jamais, sauter, car elles auraient trouvé cela dégradant, déshonorant, et surtout, si fatigant… oh mon Dieu !

Elle monta dans la chambre de ses époux, et resta en arrêt en constatant le fabuleux désordre qui y régnait. Des fringues, des slips, des caleçons, des chaussettes, des tee-shirts, traînaient en effet un peu partout. Elle ouvrit en grand la fenêtre pour aérer le bouge et elle remarqua des traces suspectes sur les draps. Ces petits coquins avaient dû bien s’amuser hier soir, pendant qu’elle était plongée dans la lecture du dernier ebook de son auteur préféré, encore un fieffé coquin, celui-là, le maître du thriller érotique, comme disait si justement son éditeur !

Elle embarqua la literie souillée sous le bras afin de la descendre à la buanderie, et elle la fourra dans la machine à laver automatique, qui dosait elle-même la quantité de lessive qui serait nécessaire, et qui choisissait le programme de lavage qui se révélerait optimum en fonction du travail à effectuer.

Ils avaient rudement bien fait de l’épouser, ces deux-là, parce qu’elle allait désormais leur tenir une maison nickel-chrome, un intérieur véritablement aux petits oignons.

Très vite, Max et Jérémy s’étaient mis à tourner en rond dans la maison comme des cochons malades, à la recherche de leurs petites affaires, qui avaient toutes regagné la place qu’elles n’auraient jamais dû quitter, le tiroir, l’étagère, la boite, ou la malle idoine…

Ce n’était pas foncièrement désagréable mais cette fille introduisit un furieux vent de révolution dans leur paisible demeure.

Le lendemain était un dimanche.

Nos deux amis décidèrent donc qu’il serait agréable, et judicieux, d’aller prendre un bon bol d’air, mais ils n’avaient pas envie de faire de la route, ni même une heure de spationef. Ils venaient à peine de rentrer du Japon, et ils ressentaient par conséquent une furieuse envie de se la jouer cool, et ils souhaitaient aussi se rendre compte de l’impact qu’avait leur nouveau trio sur les foules anonymes, avant de présenter leur charmante épouse à leur entourage. Ils embarquèrent donc dans la navette solaire bleue et blanche qui les déposa au bout de quelques minutes sur l’héliport de l’Aqualand géant qui venait d’ouvrir ses portes à Marnes la vallée, tout près de l’antique Disneyland, un parc encore en activité, mais qui commençait sérieusement à vieillir, et au sein duquel les pannes et les accidents à répétition avaient eu quelque peu tendance à faire fuir la clientèle !
Ils réglèrent le prix de l’entrée et embarquèrent sur le bateau à aubes qui descendait le cours d’eau en direction de la mer intérieure, cette vaste étendue d’eau bleue qui ne tarda pas à leur apparaître, à la sortie d’un long tunnel végétal.
La clarté qui émanait du sommet de l’imposant dôme de matériau composite translucide qui protégeait l’ensemble des aléas du véritable climat et permettait de conserver tout au long de l’année cette douce température proche des 25 degrés, et qui ne descendait jamais en dessous, afin d’éviter de malmener la luxuriante flore tropicale.

Ce n’était que la deuxième fois qu’ils venaient ici et ils furent émerveillés, comme pourraient l’être des enfants devant un arbre de Noël géant, par la splendeur inégalée des lieux. Trois immenses bras de mer se rejoignaient pour former une profonde fosse marine, au fond de laquelle on pouvait imaginer que des monstres agitant leurs tentacules gluants guettaient les baigneurs qui se montreraient assez imprudents pour s’approcher d’eux sans harpon.

Jérémy trempa son pied dans l’eau, et il la trouva super bonne.

Kanaboshi écarquillait les yeux pour admirer le volcan au sommet enneigé qui se jetait dans la mer, et qui lui rappela sa montagne à elle, le Fuji-Yama ! Tout autour d’eux, sous les cocotiers, et frôlant inlassablement le sable doré, des milliers d’oiseaux se livraient à un ballet enchanteur, tout en essayant de ne pas trop bousculer sur leur trajectoire les papillons multicolores et les gracieuses libellules qui voletaient un peu partout. De temps en temps un dauphin montrait le bout de son nez et la carapace d’une énorme tortue verte venait friser lentement à la surface de l’eau. Autour d’eux, de nombreux cours d’eau limpides, dans lesquels on pouvait apercevoir des écrevisses grises agitant leurs petites pattes avec frénésie, venaient se jeter dans la mer, après avoir plongé le long de cascades gigantesques et longuement sinué parmi l’impressionnante végétation aux essences variées, qui était particulièrement touffue, luisante et odorante.

Kanaboshi prit l’initiative d’installer le campement, parce qu’elle avait une forte envie de se baigner, après ces longs mois qu’elle venait de passer dans le tristounet univers minéral et métallique des ateliers d’entretien de Nakishima, qui s’étalaient sous les impressionnantes verrières de toit. Elle disposa donc les trois serviettes sur le sable, elle déplia le parasol, et elle posa la glacière au beau milieu de son installation.

Les garçons, tout homosexuels qu’ils soient, ne purent pas s’empêcher d’admirer la plastique en tous points exceptionnelle de leur nouvelle amie, qui leur apparut dans le simple appareil de son maillot deux pièces jaune à petites fleurs bleues. Adorable, fut le mot qu’ils évoquèrent spontanément et en même temps dans le secret de leurs cœurs. Ah, s’ils n’étaient pas homos, ils lui feraient bien sa fête, à cette petite garce, qui prenait semblait-il un malin plaisir à les exciter!

Kanaboshi ne put pas résister plus longtemps à l’impérieux appel du large et elle courut avec élégance afin de piquer une tête dans le lagon. Tout en nageant elle fit connaissance avec l’incroyable faune qui s’agitait là dessous. Des poissons-clowns frayaient dans les anémones, des papillons, des chirurgiens et des apogons zigzaguaient gaiement entre les rochers, les coquillages, les holothuries, les algues et les tortues, au risque de se faire dévorer par les bébés requins et les jeunes marlins qui croisaient infatigablement dans les parages.

Mon Dieu que ce bain est agréable, pensa-t-elle en se dirigeant vers son couple d’époux qui lui avaient laissé la serviette qui se trouvait entre eux deux, sur laquelle elle s’installa avant de s’étirer longuement, gagnée par le bonheur et le bien-être. Le trio ne tarda pas à voir quelques jeunes filles qui s’approchèrent d’eux afin de zieuter, leur sembla-t-il avec une curiosité exacerbée, leur jeune et délicieuse assistante matrimoniale.
En effet l’une d’elles lui sourit et lui demanda si elle pouvait s’installer à côté d’elle, avant de résolument engager la conversation.

— D’où tu viens, toi, lui demanda-t-elle un peu timidement ? C’est la première fois que je te vois ici, et tu es si belle, si lumineuse !

— Je viens du Japon, répondit-elle simplement.

— Ah bon, je connais d’autres Japonaises, tu sais, parce qu’il y en a quelques-unes, à ma fac, mais elles ont loin d’avoir tes traits, et surtout ton charme, parce que c’est fou ce que tu irradies, oh, je te kiffe un max, ajouta-t-elle en déposant une bise sur sa joue!

— C’est peut-être parce que je suis une personne exceptionnelle, s’amusa Kanaboshi.

— Ça doit sûrement être ça, oui, approuva-t-elle joyeusement, oui, c’est ça, exceptionnelle de chez Exceptionnelle, oui, c’est bien ça, sans aucun doute!
Deux autres jeunes filles s’approchèrent et se mêlèrent à la conversation. « De quelle ville es-tu, quel métier exerces-tu, tu es sans aucun doute mannequin, ou Top-modèle », souffla l’une d’entre elles.

Cette agitation de longs cheveux blonds et noirs ainsi que de délicieuses petites fesses rondelettes ne manqua pas d’attirer les jeunes coqs, qui firent bientôt le cercle autour d’eux.

Les garçons se plantèrent sans hésiter devant Kanaboshi, qu’ils détaillèrent avec autant d’insistance que d’impudeur, jusqu’à ce qu’une agitation comique se fisse jour dans leurs maillots.

Ils passèrent ainsi une merveilleuse après-midi, et ils s’en retournèrent à casa à la nuit tombée, heureux d’avoir pu constater de visu l’heureux impact qu’avait eue sur les populations laborieuses leur jeune et commune épouse.

Dans la navette du retour, les jeunes hommes se tenaient toujours par la main quand Max dit à son compagnon :
— Cette fille commence à me tourner les sangs, je te jure, je ne sais pas ce qu’il me prend, parce que je ne comprends strictement rien à ce qu’il m’arrive, mais c’est la toute première fois que je ressens un truc pareil pour une de ces satanées pisseuses…

Kanaboshi prépara le repas du soir, des soles grillées accompagnées par du riz thaï parfumé aux herbes pour tout le monde, et, pour aller avec le café, il y aurait les macarons qu’elle avait amoureusement confectionnés sitôt qu’elle fut rentrée.

Max et Jérémy se sentaient bien dans leur nouvelle vie à trois.

Ils s’installèrent sur le canapé et branchèrent le home cinéma pour regarder en famille un film culte du passé au ciné-club on demand : Le pont de la rivière Kwaï, pont qu’ils avaient eu la chance de voir lors d’un séjour en Thaïlande, celui-là même à l’occasion duquel ils avaient découvert le fameux massage médical Thaïlandais. Pendant une demi-heure ils ‘étaient vus étirés, malaxés et pressés sous tous les angles. Ils en avaient conservé un excellent souvenir, pourtant ils avaient gentiment refusé, un peu bêtement, avaient-ils reconnu par la suite, l’offre de leur guide qui leur proposait de découvrir l’autre massage thaïlandais, à savoir le fameux body-body, qui est pratiqué, celui-là, sur un matelas à eau généreusement aspergé d »eau savonneuse, par une jeune fille entièrement nue, et c’est cela qui les avait rebutés, qu’une pisseuse serait venue coller son corps impur contre le leur !

Ce que Max était en train d’expérimenter au contact de Kanaboshi, c’était l’imprévisible reflux de ce sentiment de dégoût et de rejet du sexe pathologiquement dit beau par ces ignorants d’hétéros.

Confortablement installé sur le canapé il s’était progressivement écroulé aux côtés de son assistante matrimoniale dont il respirait, avec un plaisir inconnu jusque-là, les fragrances aussi subtiles qu’envoûtantes.

Il se leva, et il demanda à Jérémy de bien vouloir le suivre dans la cuisine.

— Tu sais ce que j’ai toujours dit, Jaime ?

— Oh oui, tu dis toujours que le premier devoir de l’être humain, c’est de tout faire afin de ne surtout pas mourir idiot, mais c’est pas la peine de te fatiguer, tu sais, parce que ça fait une heure que je t’observe du coin de l’œil, que je te t’entends la respirer à pleins poumons, et que je te vois la dévorer des yeux, et je crois bien avoir tout compris.

— Tu, tu auras envie de me sucer, toi, ce soir ?

— Pas spécialement, mais c’est simplement parce que je suis crevé, j’ai beaucoup nagé, j’ai aussi fait le fou avec le toboggan de la baleine géante, alors… mais si tu en as vraiment envie, mon chéri, je, ça pourrait se faire, bien sûr, et sans le moindre problème, et même avec le plus grand plaisir, je te jure.          .
— Alors je vais t’éviter d’avoir à faire cet effort, mon amour, j’espère seulement que tu ne m’en voudras pas trop.

— T’en vouloir, Maxou ! Mais non, mon chéri, bien au contraire, c’est toi qui a raison, il ne faut certainement pas prendre le risque de mourir idiots !

Kanaboshi était aux anges, ses maris avaient enfin décidé de l’inviter dans leur chambre, afin de partager une nuit avec elle ? Elle était sûre qu’elle allait se montrer à la hauteur de leurs attentes les plus intimes, voire même les plus folles !

Elle sauta au bas du canapé, puis elle monta avec allégresse dans sa chambre, afin de se préparer au mieux à ce premier rendez-vous amoureux, à cette première rencontre qui serait véritablement matrimoniale avec ses chers époux. Elle avait déjà pris sa douche au parc, aussi elle n’eut qu’à brosser avec soin ses longs cheveux noirs, qui étaient si intensément soyeux qu’ils en étaient électriques, et elle se brossa aussi les dents avec énergie, et elle n’omit pas de se parfumer de la senteur fruitée légèrement épicée de chez Guerlain à laquelle elle était depuis longtemps habituée. Elle se sentait fin prête pour le grand jeu de l’amour quand elle gratta à la porte des garçons.

— Entre, chérie, lui ordonnèrent-ils aimablement.

Elle poussa doucement la porte pour faire une céleste apparition aux yeux des compagnons, qui furent instantanément éblouis par tant d’innocente magnificence ! La somptueuse avait en effet revêtu sa ravissante nuisette jaune citron bordée d’une fine dentelle faite main et parsemée de strass, qui était de plus soulignée par un ravissant collier fait de perles de bois multicolores, séparées par d’épais anneaux dorés. Elle s’avança vers eux en chaloupant, visiblement émue. Les garçons, qui étaient déjà nus, se tenaient tendrement par la main. Ils regardèrent avec une intense émotion cet ange s’approcher de leur lit conjugal, sur lequel aucune autre fesse que les leurs ne s’était jamais posée. Kanaboshi leur adressa un merveilleux sourire tout en retirant son collier et sa nuisette d’un gracieux mouvement de strip-teaseuse. Elle déposa le tout sur une chaise cannelée avant de se diriger à petits pas souples, telle une panthère noire tombée en amour, vers le lit de ses futurs amants, dans lequel elle se glissa avec une infinie souplesse.
— Mets-toi entre nous deux, tu veux bien, chérie, lui demanda Max, qui déployait déjà un sexe éclatant, comme à son habitude, parfaitement prêt pour la joute amoureuse qui n’allait certainement pas manquer de suivre, pensa-t-elle. La belle se lova entre ses hommes, puis elle colla ses longues cuisses veloutées contre celles des garçons, et elle déploya ses bras, telle une araignée géante, afin de diriger ses mains vers les sexes et les roustons de ses compagnons, qu’elle entreprit de caresser longuement et tendrement avant de se redresser avec délicatesse dans le plumard afin de rabattre son doux visage vers les attributs virils de Max, qu’elle goba avec gourmandise et vivacité. L’ayant divinement pompé elle sauta ensuite sur le dard de Jérémy, qu’elle suça avec dévotion jusqu’à ce qu’il lui éjacule paisiblement dans la bouche. Elle avala consciencieusement le tout, et deux heures plus tard, elle regagna gentiment sa chambre. Elle brancha son induction Wi-Fi et elle s’endormit paisiblement, avec la satisfaction du devoir accompli. Les jours, les semaines, puis les mois s’écoulèrent le plus sereinement du monde. Tout le monde, dans l’entourage des amoureux et dans leur voisinage, connaissait maintenant la belle Vénus, qui leur avait été présentée comme étant la jeune épouse de Max, qu’il aurait rencontrée lors d’un séminaire professionnel au Japon.

— Quelle chance il a, ce type, et dire qu’on pensait tous qu’il était homo, ne purent s’empêcher de baver ses collègues de travail et ses amis.

Était-ce la nouvelle ambiance matrimoniale qui régnait à la maison, peut-être, mais il n’en est pas moins vrai que l’idée de ce bébé se frayait de plus en plus son petit bonhomme de chemin dans leur esprit, qui était désormais triplement amoureux, car c’était un fait solidement établi, ils aimaient tous les deux cette ravissante jeune femme, qui faisait tout ce qui était en son pouvoir pour leur assurer au quotidien un bonheur sans tâches, maintenant qu’elle n’était plus perturbée par ses anciennes et saugrenues velléités d’émancipation.

N’y tenant plus, Max finit par en en parler à Jérémy. Le jeune homme se serra tendrement dans ses bras, et il approuva sans réserves, avant de lui dire, sur avec un petit air gêné tout de même, mais alors, il va nous falloir la, la baiser, lui faire l’amour pour de bon, par, par la cramouille, mon chéri…!

— Eh oui, mon grand, se marra son mec, c’est encore comme ça qu’on fait les bébés, à notre époque, alors, pour une fois, tu vas devoir abandonner ta mentalité de Shadock, et renoncer un temps à me pomper et à te faire pomper, et l’avantage sera double, pour toi : car premièrement tu seras sûr de ne pas mourir idiot, et secondo, tu vas enfin te retrouver papa.

— Co-papa, tu m’aimes, Maxou ?

— Mais bien sûr que je t’aime, ma grosse truffe, et je t’aime même comme un fou ! Viens, allons de ce pas en toucher deux mots à la petite.

C’était génial, c’était même grandiose, elle allait enfin faire l’amour normalement, elle n’allait pas être obligée de se limiter à les sucer, comme la dernière fois, non, cette fois elle allait enfin faire l’amour normalement, en conne mère de famille, et c’était génial, parce qu’il y avait bien longtemps que cela ne lui était pas arrivé. Les souvenirs émus de ses premières semaines le chez beau Maxime lui remontèrent à la tête, tels un nuage de vapeur s’échappant d’une cocotte-minute !

Elle se prépara longuement en vue de ce qui s’annonçait déjà comme devant être une soirée de folie ; elle prit un bon bain parfumé et relaxant et elle n’oublia pas d’enduire avec soin, à l’aide d’un bon lubrifiant, sa caverne aux plaisirs, car, s’il lui arrivait bien sûr de mouiller un peu quand elle jouissait, parce qu’elle avait été programmée pour ça, sa lubrification naturelle en début de rapport serait certainement insuffisante pour assurer un accueil confortable aux larges et vigoureux vits de ses hommes.

Elle tint absolument à entamer cette soirée par des caresses et de tendres et voluptueux baisers, par des roulages de pelles dont elle voulut qu’ils soient conséquents, enroulant sa langue et mêlant sa salive à celles de ses époux, ce qui était un désir légitime pour une jeune femme qui s’apprêtait à se faire engrosser, si bien que les garçons répondirent favorablement à sa demande, découvrant par là même tout ce que la douceur d’une petite langue rose féminine, qu’ils avaient déjà eu le plaisir d’éprouver sur le bout de leurs queues, pouvait apporter à un tendre baiser d’amour.

Jérémy souhaita en faire un peu plus, alors il positionna son visage entre les cuisses de la belle, puis il colla amoureusement sa bouche contre les délicieux poils de sa foune, dont il écarta avec émotion les grandes lèvres afin de chercher ce mystérieux organe tactile, ce refuge du plaisir féminin, dont il avait si souvent entendu parler. Dès qu’il l’eût trouvé il l’attaqua sensuellement à petits coups de langue, et il insista tellement qu’au bout d’un moment il entendit la jeune femme miauler : « Oh mon Dieu, Jaime, mais, tu, tu vas me faire jouiiir, si tu continues à me faire des choses pareilles…

Et dans le même temps il reçut sur ses lèvres un avenant jet de cyprine translucide et adorablement parfumée.

Max, qui souhaitait ne pas se sentir trop dépaysé, lui demanda ensuite gentiment de bien vouloir se placer dans l’exquise position de la levrette, qui lui offrirait un paysage sexuel des plus familiers au moment de la pénétration, cet acte longtemps refoulé mais dont il avait à présent follement envie de redécouvrir tous les mystères, et tous les plaisirs, aussi.

Kanaboshi reçut avec bonheur le fut de son canon au creux de ses entrailles et elle apprécia à sa juste valeur le doux martèlement des burnes bien pleines sur son délicat postérieur, qui rosissait de félicité, mais elle comprit bien vite que son homosexuel d’amant ignorait tout du clitoris, et certainement jusqu’à son existence, aussi se contorsionna-t-elle afin d’atteindre du bout de ses doigts le précieux organe qui se trouvait en sérieux manque de stimulation, afin d’en entreprendre un savant massage, qu’elle trouva singulièrement excitant, vu qu’elle savait si bien le pratiquer, pour s’être plusieurs fois longuement masturbée lors de ses longs mois de solitude au fin fond de l’atelier de réparations. Cependant, tout homosexuel qu’il était, Max n’en était pas moins un fameux baiseur et elle sentit bientôt une puissante vague de plaisir monter en elle, monter, monter, monter, jusqu’au moment où son corps survolté se relâcha soudain, alors que de ses lèvres entrouvertes s’échappait une sourde et joyeuse plainte :

— Oh, oh, cielo, darling, io, io, godoooooo°°°

Jérémy regarda Max avec de grands yeux étonnés.

— Qu’est-ce qu’elle raconte, la p’tite ?

— Oh rien, rendors toi, je crois qu’elle vient de jouir, tout simplement, et apparemment elle s’est pris un super panard.

— Ah, elle a joui en italien, alors !

— Et pourquoi pas, tu sais bien qu’elle parle toutes les langues, cette satanée fumelle, et jouir dans cette langue si belle et sensuelle qu’est l’Italien, cela me semble être pour le moins approprié, non ?

— C’est à toi, maintenant, amour, viens donc vider tes ravissantes burettes ici.

— Dans, dans son derrière ?

— Mais non, patate, dans son ventre, dans son putain de vagin. Ces robots sont peut-être ultra sophistiqués, mais il y a encore des limites au progrès, tu sais, alors on ne peut pas encore les engrosser par l’anus, Ah Ah Ah…

Jérémy ne put cependant pas résister, agenouillé devant le fabuleux et irrésistible cul de Kanaboshi, au plaisir de prodiguer une longue et savoureuse feuille de rose à son épouse avant de pointer son joli gland lisse et rose à l’entrée du tabernacle convoité. Il la pénétra avec joie et il émit un intense soupir de satisfaction, s’immisçant lentement entre ses grandes lèvres, qui étaient si délicieusement lubrifiées, et après avoir franchi cette porte ésotérique il fut charmé de se retrouver au cœur de son confortable et accueillant vagin, dans lequel il entreprit de mener la lancinante ronde ses voluptueux va et vient, jusqu’au moment où il s’agrippa nerveusement à ses adorables petites fesses et qu’il leva les yeux au ciel pour hurler : « Oh oui, oui, oh doux Jésus, oui, oui, je jouiiis…»

Magnifique cri d’amour auquel la douce Kanaboshi ne put que répondre : « Moi’aussi, moi aussiii mon amour, je… je jouis, oh mon Dieuuu ouiiii !»

Les garçons avaient les burnes bien vidées, tandis que Kanaboshi, par contre, avait la foune bien enspermée, aussi ils s’écroulèrent pêle-mêle tous les trois sur les draps froissés pour se couvrir de milliards de baisers et d’autant de folles, tendres et affectueuses caresses.

Par mesure de précaution, et afin d’être sûrs de réussir leur coup, ils remirent le couvert deux ou trois fois dans les jours qui suivirent, ce qui fit le bonheur de la jeune androïde, qui du coup n’était plus obligée se livrer à de discrètes et solitaires masturbations dans le secret de sa chambre, pendant que ses hommes se bouffaient longuement et paisiblement la queue dans la leur.

Trois mois plus tard, leur assistante leur annonçait, au cours du petit déjeuner, avec fierté et une visible émotion, qu’elle était certainement enceinte, puisqu’elle n’avait pas eu ses règles à la date prévue, ce qui fut confirmé dès le lendemain par un test de grossesse qui aligna joyeusement ses trois barres fluo afin de leur confirmer la bonne nouvelle.

— Ce sera mon premier bébé, soupira Kanaboshi, vous ne pouvez certainement pas imaginer l’émotion qui est la mienne, et qui s’empare littéralement de moi, je vais enfin être maman. Quelle joie, mon dieu, oh, mais, quel ineffable bonheur !

La vie se déroula paisiblement au cours des sept mois qui suivirent, comme dans toutes les familles où madame est tombée enceinte, meublée de délicates attentions ainsi que de mille précautions, car désormais elle était obligée de surveiller tout ce qu’elle mangeait, tout ce qu’elle buvait, dans quelle position elle devait se placer pour bien faire l’amour, mais cela fut le moins compliqué, car une fois le bébé mis en route, les garçons n’avaient pas tardé bien longtemps avant de reprendre leurs bonnes vieilles habitudes et ils se faisaient de préférence gentiment sucer, ce qui devait induire, pour le bébé, qui naturellement se nourrissait de ce que sa mère consommait, comme une sorte de cannibalisme light. «Comment j’ai mangé mon père », pourrait-il écrire plus tard ?

— Pourquoi ne dit-on pas, montée, enceinte, demanda un jour la douce androïde ; c’est une aventure tellement merveilleuse et enthousiasmante, que tomber me semble être un terme totalement inapproprié !

Et un jour il fallut emmener la fabuleuse à la clinique, où elle donna le jour à un magnifique garçon qui pesait presque trois kilos pour cinquante-deux centimètres.
Les papas furent bien entendu émerveillés par leur progéniture, qu’ils admirèrent longuement ce jour-là, mais ce fut bien le seul, car le lendemain, quand ils arrivèrent à la clinique avec un magnifique bouquet de fleurs, la maman et le bébé avaient disparu, ils étaient partis, s’étaient tout simplement évaporés, envolés !

Personne ne s’était aperçu de rien, personne n’avait strictement rien vu d’anormal !

Le directeur de l’établissement leur précisa que l’on ne s’était aperçu de leur disparition que ce matin, à l’occasion du changement d’équipe.

Alertée, la BSA, la Brigade Spéciale des affaires Androïdaires, était sur les dents. L’hôpital fut fouillé de fond en comble, les bandes vidéo des caméras de surveillance furent soigneusement examinées. Sur l’une d’elles on pouvait en effet voir la mère, portant dans ses bras l’enfant, qui se dirigeait vers la sortie. Sous son bras libre elle emportait aussi un mystérieux paquetage. Un chien policier fut emmené sur les lieux. Il suivit sa piste jusqu’à l’arrêt de bus situé au-delà des grilles de l’hôpital. Le chauffeur qui avait fait la ligne ce jour-là fut longuement interrogé. Il confirma qu’une jeune femme avec un bébé était bien montée dans son bus à l’arrêt Hôpital. Il s’en souvenait parce qu’elle avait payé son ticket avec de la menue monnaie, ce qui lui avait laissé pensé qu’elle ne possédait pas de porte-monnaie électronique, ce qui n’était pas le cas de Kanaboshi, qui détenait ce moyen de paiement pour régler ses menus achats à la boulangerie ou chez le traiteur. De même il se souvint qu’elle était descendue à la gare routière. Comme les enquêteurs pensèrent qu’il pouvait quand même s’agir de la jeune androïde ils poursuivirent leurs investigations à la gare routière. Les employés furent tous interrogés. Une femme se souvint qu’elle avait parlé à une Espagnole aux traits asiatiques qui s’était renseignée sur les bus en partance pour Barcelone. Elle lui avait alors signalé qu’il y avait une navette aérienne qui faisait la ligne mais la jeune femme lui avait répondu que c’était trop cher. Le chauffeur du car pour Barcelone fut lui aussi interrogé, mais il leur dit que cette personne ne pouvait pas être Japonaise, parce qu’elle parlait un Espagnol châtie, quasi parfait, sans le moindre accent, et qu’en plus elle semblait connaître Barcelone comme sa poche, parce qu’elle lui avait demandé de s’arrêter à un endroit précis qui se trouvait à proximité de l’hôtel où elle comptait descendre. Des avis de recherches furent lancés dans toute la ville, qui ne donnèrent aucun résultat. Ils furent rapidement étendus à l’ensemble du territoire national et même à toute l’Europe-Unie, mais ce fut toujours sans succès. Vénus fut bien signalée à plusieurs reprises, dans une rue du seizième arrondissement de Paris, dans un square de Soho, à Londres, et même une fois au musée Georges Pompidou. Les inspecteurs arrivés en urgence sur place furent obligés de reconnaître que les témoins s’étaient trompés, car il s’agissait d’une jeune et jolie touriste Chinoise avec son bébé. Après de minutieuses vérifications il fut établi que toutes les androïdes signalées de par le monde étaient des sœurs de Kanaboshi, des assistantes ou des secrétaires qui étaient sorties des chaînes de montage à peu près en même temps qu’elle, jusqu’au jour où…

L’appel, qui arriva au petit matin à la BSA, provenait d’un petit hôtel familial au crépi ocre entouré de maisons blanches situé face à la mer de Tossa de Mar, dans l’enceinte de la ville haute, en Espagne. Il s’agit d’une station balnéaire réputée pour ses nombreuses et magnifiques plages située un peu au sud de Barcelone.

— Bonjour, c’est bien une grande asiatique incroyablement belle, avec un adorable petit bébé, que vous cherchez depuis trois semaines, c’est ça ?

— Oui madame, tout à fait, pourquoi, vous avez des renseignements à nous communiquer sur cette personne ?

— Je pense avoir plus que des renseignements, monsieur, parce qu’en fait, nous pensons, mon mari et moi, qu’elle est chez nous ! Oh, elle est super discrète, on dirait un chat, une ombre, vous savez, mais je pense que c’est elle ! Elle a réservé sa chambre il ya quelques jours par Hypernet et dès qu’elle est arrivée elle a tapé dans l’œil de mon époux, qui la surveille depuis comme du lait sur le feu. Elle ne sort que pour se rendre à la pharmacie pour acheter du lait maternisé, et elle prend toujours ce qu’il y a de mieux, d’après la commerçante.

Moins de trois heures plus tard, le spationef de la gendarmerie municipale faisait entendre le discret ronron de ses moteurs rotatifs au-dessus de l’héliport de l’hôtel, qui était situé tout simplement sur son toit, et sur lequel, après avoir tangué quelques minutes, il se posa en douceur.

Les gendarmes descendirent par l’escalier métallique de service et ils montèrent ensuite par l’escalier de bois intérieur recouvert d’une moquette vert bouteille jusqu’au deuxième étage où se trouvait la chambre de la jeune femme, qui était meublée d’un mobilier classique un peu vieillot qui datait du vingtième siècle.

Kanaboshi, serrant tendrement son bébé dans ses bras, les attendait, manifestement, et elle se laissa appréhender sans la moindre résistance, elle avait simplement les yeux inondés par de larmes. Elle et le bébé semblaient bien se porter, elle avait même presque l’air d’être soulagée que sa folle et difficile cavale se termine enfin.

Elle fut longuement interrogée par les fonctionnaires municipaux, auxquels elle déclara qu’elle avait obéi à une mystérieuse pulsion qui lui avait été dictée d’en haut, une mystérieuse injonction qui lui aurait dit qu’elle et son bébé avaient, comme tout un chacun sur cette Terre, qu’il soit humain, animal, androïde, ou technométis, comme son fils, un droit inaliénable à la liberté, ou du moins à la plus large autonomie.

Chez Nakishima, on leur confirma qu’en effet, la belle androïde avait été soignée dernièrement pour des troubles de cette nature, mais que l’on avait considéré en haut lieu que le problème avait été réglé par une longue et délicate opération.

Cet enlèvement n’était donc pas de nature criminelle mais il résultait bel et bien d’un trouble neuronal avéré; ainsi Kanaboshi n’aurait pas en répondre devant la justice universelle, celle des hommes et des androïdes, réunis dans des tribunaux paritaires, mais elle serait simplement hospitalisée à nouveau dans les lumineux ateliers de Nakishima, pour une longue cure de repos qui serait assortie d’une nouvelle, pénible et traumatisante révision. Mais ainsi va la vie, n’est-ce pas, un jour heureux et en bonne santé, un autre triste et malade, et il faut bien, alors, accepter de se soigner !

Le bébé fut remis à ses papas, auxquels il ne restait plus qu’à lui trouver un prénom, et un droit de visite fut aménagé pour la génitrice, qui entrerait en vigueur dès que le ministère des affaires Androïdaires lui remettrait à nouveau son certificat d’aptitude à la vie en société.

En réminiscence de sa mère, le gamin de Max et Jérémy fut appelé Mars. C’était un ravissant petit garçon, qui deviendrait bientôt un des plus beaux de son école et de son quartier, et un des plus intelligents, aussi, faisant ainsi la fierté de ses deux papas, et pour ce qui est de son nom de famille, il porterait naturellement celui de ses deux géniteurs, séparés par un trait d’union.

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