Ce merveilleux voyage en Egypte… Que je n’ai jamais fait. 27 juin 2019

Jean-Paul Dominici

Ce merveilleux voyage en Égypte…

 Que je n’ai jamais fait !

Editions de la Sirène

Collection D’un monde à l’autre

photo de couverture : Steam Ship Sudan

 Oui oh oui. Bien sûr que oui ! Oui on peut le dire sans prendre grand risque de trop s’éloigner de la sacro-sainte vérité ! Oui, car il est vrai que j’ai plutôt bien vécu, finalement, malgré un départ qui fut pour le moins chaotique. Et encore, chaotique, c’est peu dire ! Je vous raconterai peut-être cette édifiante histoire un autre jour si cela vous intéresse, ou lorsque j’aurai apporté la touche finale à mes mémoires que pour l’instant seule ma famille a lues ! J’ai en effet eu la chance d’être le père de trois beaux enfants, intelligents et sérieux, sans qu’ils soient aussi austères que leur sainte mère. Et cerise sur le gâteau ils sont tous les trois en parfaite santé ! Ces enfants aimants m’ont par ailleurs fait papy de cinq adorables chenapans, deux garçons et trois filles. Ils se prénomment Mathias, Noam, Charlyne, Naïa et Camille. Camille, c’est la petite dernière. Elle vit aujourd’hui bien loin de moi, à Louveciennes, en région parisienne, dans une ancienne petite orangerie à laquelle est accolée un étang peuplé d’énormes carpes koï ainsi qu’un verger, un potager et une vaste pelouse sur laquelle se démènent trois amusants coureurs indiens, honorables représentants d’une étrange variété de canards qui passent leur journée à courir inlassablement dans tous les sens. Oui, j’ai aussi eu cette chance, inconcevable en notre époque troublée d’avoir pu bénéficier pendant toute ma vie professionnelle d’assez bons emplois. En effet, je gagnais plutôt bien ma vie quand je travaillais, surtout vers la fin de ma longue carrière dans les services informatiques, lorsque j’ai décroché ce prestigieux mais très prenant, voire épuisant, poste de dirigeant. Mais il est bien connu que lorsqu’on aime son boulot on ne compte pas ses heures de travail!

J’en ai donc profité pour courir inlassablement, comme les canards, de par ce vaste monde. Car j’’ai beaucoup crapahuté, à pied, à cheval et en pirogue des forêts de Guyane à celles du Brésil. J’ai même rencontré les chercheurs d’or, des mecs tout crottés réfugiés au beau milieu de leurs clairières. Je me suis copieusement fait dorer la pilule sur les longues plages de Cuba afin d’admirer à mon aise les assauts donnés par les puissants rouleaux sous les cocotiers mais j’ai aussi erré sur celles de la Jamaïque, des Seychelles et bien sûr des Maldives. J’ai fait deux longs séjours en Thaïlande, j’ai donc eu le temps de visiter quasiment tout le territoire de ce singulier pays, de Chiangmai, la rose du nord à Phuket, la perle du sud. J’y ai passé plusieurs mois pendant lesquels j’ai parcouru ces enchanteresses contrées, rencontré de pittoresques minorités et testé ses fameux salons de massage. J’ai pu à plusieurs reprises apprécier les prestations de leurs charmantes et peu farouches hôtesses, que ce soit dans les salons dédiés au massage médical ou à celui fort sympathique de l’amical. J’ai participé activement à l’extraordinaire fête de l’eau à Chiangmai juché sur un pick-up équipé d’un puisant motopompe afin d’arroser un maximum de personnes en leur criant à tue-tête « Happy new year. » J’ai aussi passé trois nuits sur la délicieuse île quasi déserte de Koh Sak.

J’ai visité le temple de la dent de Bouddha à Colombo, au Sri Lanka. J’ai aussi parcouru en tous sens les immenses plantations de thé qui s’étalent avec nonchalance sur les flancs des collines situées tout autour de Kandy.

Le Mexique n’a plus beaucoup de secrets pour moi. J’ai nagé avec les dauphins sur les immenses plages de Cancun et de Playa del Carmen. J’ai arpenté sans relâche les principaux sites mayas de ce pays et ceux du Guatemala, de Chichen Itza à El Aguacate, et je suis bien sûr passé par Balankanche et Tulum. 

J’ai dormi dans un hôtel de glace en Finlande, bien au-delà du cercle polaire. J’ai participé à une folle campagne de pêche sur un petit chalutier qui grinçait et bringuebalait d’une manière franchement inquiétante autour des îles Lofoten. J’ai pu apprécier les palais des maharadjas, et pas seulement le Taj Mahal. J’ai dormi dans celui du maharadja d’Udaïpur au Rajasthan qui a été aménagé depuis peu en un somptueux hôtel de charme.

Ah oui, j’ai aussi eu la chance de pouvoir longuement poser mes valises en Grèce pour en faire un tour complet et m’attarder paresseusement sur les plages dorées des Cyclades.

Bien entendu, je connais l’Europe et l’Afrique comme le fond des nombreuses poches de ma veste de baroudeur de la marque Camel. J’ai longuement flâné dans les rues de Rome et de Naples, ainsi que sur les pittoresques plages de Capri au bras de ma Vénus callipyge à moi, et j’ai bien entendu j’ai parcouru les longues et périlleuses pistes des savanes africaines au volant de mon puissant et polluant 4X4 avec ma charmante gazelle aux longs cheveux comme passagère non clandestine, mais toujours follement et pour mon plus grand bonheur câline et affectueuse !

Ainsi sans que je m’en rende compte le temps me fila entre les doigts si bien que l’’heure de la retraite allait bientôt sonner pour moi. J’aurai en effet soixante ans prochainement, et après avoir beaucoup travaillé, le temps était enfin venu de passer la main aux jeunes générations, afin de pouvoir envisager dans la sérénité de me reposer sur mes lauriers chèrement acquis.

Comme tout un chacun j’ai divorcé au préalable, par deux fois, presque trois, si je ne m’étais pas tristement mais inopinément retrouvé veuf peu avant ! 

Depuis, je partageais mon temps libre et ces merveilleux voyages avec une agréable compagne, jolie, un peu plus jeune que moi, et surtout très amoureuse ! Ce qui me changeait radicalement de mes épouses, ces femmes qui avaient su se montrer parfois tellement lassantes, languissantes ou inconsidérément pénibles. Et qui plus est s’étaient montrées affreusement jalouses ainsi que, malheureusement, pas désopilantes pour un sou ! Bien heureusement ma vie avec la ravissante Charlotte fut à l’exact opposé de ces déplorables mésaventures sentimentales ratées. Car j’adorais la prendre dans mes bras pour l’embrasser jusqu’à plus soif et l’aimer comme un fou pendant des heures, jusqu’à ce qu’au final une pacifique petite mort s’ensuive. Oh ce que j’au pu adorer lui faire l’amour de toutes les façons qui soient possibles et imaginables, avec ou sans sex-toys, car ma toute belle n’était absolument pas bégueule. Ainsi, je dois vous avouer que pour mon plus grand bonheur elle adorait jouer avec tout ce qui lui tombait sous la main, surtout si cela mouvait l’aider à monter haut vers le ciel, à s’éclater un maximum au pieu et ainsi connaitre de longs et mythiques orgasmes ! Ah, surtout, ce que j’adorais, c’était plonger mes yeux dans ses océans de paisible tranquillité quand elle s’envolait sereinement pour le septième ciel alors que ma respiration s’attelait à la sienne et qu’ainsi nous mourions le plus souvent ensemble. J’expirais quand elle expirait et j’inspirais quand elle inspirait, de même que je cessai de respirer quand elle retenait son souffle afin de vivre pleinement sa jouissance. Je caressais sans fin ses longs et soyeux cheveux blonds et je ne reprenais mon souffle que lorsqu’elle reprenait le sien, surtout à l’instant fatidique et merveilleux de notre climax simultané, ce fantastique orgasme partagé qui nous submergeait tous deux presque toujours soudainement, sans que nous ayons eu le temps de le voir s’approcher tant il s’avançait imperturbablement à pas de loup avant de nous prendre tous deux par surprise.

En fait, la seule question que je me posai à l’époque c’était de savoir où je pourrais bien aller traîner mes guêtres à l’occasion de la prochaine escapade.

L’image de Célestin Morestin, mon inimitable professeur d’histoire de la classe de sixième, celui qui nous faisait systématiquement mourir de rire avec ses extravagances, notamment avec un courrier qu’il avait adressé aux impôts, une administration qu’il trouvait un peu trop curieuse. Un courrier manuscrit dans lequel il précisait aux services du fisc qu’avec son salaire de misère il ne pouvait pas se permettre d’entretenir de danseuses nues et encore moins de chevaux de course me revint à l’esprit. C’est lui qui avait éveillé en moi ce goût immodéré pour les voyages qui me vit partir, l’année de mes dix-sept ans, sur la route de la méridionale, mystérieuse et envoûtante Espagne, accroché au guidon de ma vaillante 250 Jonghi, la moto de toutes les libertés que j’avais achetée d’occasion avec mes propres sous vaillamment gagnés en faisant le pompiste à la station du père Georges[i] pendant les week-ends.

Mais de quel pays que je n’avais jamais visité nous parlait-il donc avec autant d’enthousiasme ce très estimé professeur ?

Mais oui, c’était de l’Égypte, de l’Égypte éternelle, bien sûr !

Ce pays sans aucun doute intéressant, pour ne pas dire passionnant que j’avais négligé jusqu’à présent car je ne le je jugeais pas assez lointain, pas assez exotique, pas digne, en un mot, que je me dérange pour l’honorer de ma visite. Et puisque tout le monde connaissait l’Égypte, qu’irais-je donc y faire à mon tour ? N’y serais-je pas ce que je détestais le plus être, un touriste anonyme de plus au pays des pharaons millénaires ?

Je proposai néanmoins, parce que j’étais à court d’idées, cette destination à ma délicieuse Charlotte. À mon grand étonnement elle se montra franchement enthousiaste !

— J’aimerais tant faire une croisière sur le Nil, m’a-t-elle déclaré en me serrant avec chaleur dans ses bras que je trouvai être, depuis je jour où j’avais eu la chance de la rencontrer, à l’occasion d’un dîner chez des amis communs, infiniment chaleureux et câlins !

Je me plongeai aussitôt dans les méandres de l’Internet et me pris à rêver. Je dénichai rapidement un programme qui me sembla en tous points se rapprocher de l’idéal. Il s’agissait d’une croisière sur le Nil à bord d’un très beau bateau, le Steam Ship Sudan. C’était un authentique vapeur du début du vingtième siècle qui ressemblait comme un frère au navire emprunté par les personnages d’Agatha Christie dans son célèbre roman « Mort sur le Nil »  qui fut publié le 1er novembre 1937 au Royaume-Uni. Je vais me faire un plaisir de vous en rappeler la trame : La riche et belle héritière Linnet Ridgeway s’éprend de Simon Doyle, le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort et l’épouse dans la foulée. Les jeunes mariés partent en voyage de noces mais ils sont poursuivis par la jeune femme délaissée dans leurs étapes successives jusqu’en Égypte. Ils séjournent dans un hôtel où se trouve également Hercule Poirot. Ce dernier pressent alors une situation dramatique. Poirot, les jeunes mariés, leur poursuivante ainsi que divers clients  aisés  de l’hôtel se retrouvent fortuitement pour faire une croisière à bord du vapeur S.S. Karnak. Tout se passa bien jusqu’au jour où Linnet est retrouvée assassinée. La suspecte la plus probable est Jacqueline, puisqu’elle nourrissait une véritable haine envers celle-ci. Elle est pourtant une des seules personnes à avoir un alibi inattaquable. Mais les fameuses « petites cellules grises » de Poirot vont mettre à mal tousces alibis et révéler une machination diabolique.     

Une croisière sur le Nil dans la légende des grands pharaons, disait le dépliant. De Louxor à Assouan, le Steam Ship Sudan allait nous emmener à la découverte des sites majeurs de la Haute-Egypte.

Ce programme, qui mariait harmonieusement les plaisirs sophistiqués de la découverte à ceux d’une paisible promenade au fil de l’eau me parut particulièrement alléchant. Je l’ai d’ailleurs précieusement conservé au fond de mon portefeuille où je vous certifie qu’il se trouve encore aujourd’hui.

Après avoir quand même un peu hésité et tergiversé en me demandant s’il n’y aurait pas quelque chose de mieux à faire, comme un trekking au Népal où une de ces toutes nouvelles croisières qui venaient d’être proposées aux voyageurs amateurs d’émotions fortes afin de leur permettre de découvrir les mystères et les beautés de l’Antarctique en navigant parmi les icebergs à la dérive et les manchots empereurs. Cependant j’ai finalement réservé deux billets pour cette semaine de rêve en la douce et sensuelle compagnie de ma compagne bien aimée.

Nous partîmes un soir en train pour Paris afin de passer une nuit tranquille à l’hôtel avant de nous rendre paisiblement, le lendemain matin, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Un dernier long et très agréable câlin sur le sol français nous permit de nous endormir sereinement, affectueusement blottis dans les bras l’un de l’autre.

Mais je fis de nombreux et étranges rêves cette nuit-là.

Un client furieux me poursuivit en vociférant armé d’une lourde hache. Je courus comme un fou jusqu’à en perdre haleine et me retrouvai soudain dans un sous-sol mal éclairé envahi par des vieux vélos dépenaillés, de vieilles mobylettes rouillées et des poussettes sans roues. Autant d’épaves dans lesquelles je me cognai comme un papillon de nuit ivre avant d’émerger en pleine lumière par un vaste porche donnant sur un canal aux eaux troubles qui charriaient d’immondes détritus cependant qu’une tonalité stridente particulièrement irritante me vrillait inlassablement les tympans. Soudain une lumière aveuglante me réveilla en sursaut !

Je m’éveillai, soulagé que cet affreux cauchemar prenne fin, dans une vaste pièce inondée de soleil.

Il faisait grand jour ! Merde, me dis-je dans l’affolement inhérent à cette stupéfiante découverte ! Ainsi, je n’aurais pas entendu le réveil de mon portable ! J’étais pourtant certain de l’avoir correctement enclenché pour qu’il sonne à sept heures !

Je cherchai aussitôt ma douce Charlotte en tâtonnant tout autour de moi. Mais force me fut de constater qu’elle n’était pas là et pour ne rien arranger j’avais horriblement mal à la tête. Je souffrais d’une étrange et inhabituelle migraine. Tandis que l’infernale douleur me submergea petit à petit je portai instinctivement la main à mon crâne et ce fut pour constater avec effarement qu’il était entouré de tissu. Qu’était-ce donc ? Un bandage ?!

J’en étais là de mes stupéfiantes constatations quand un délicieux ange blond tout de blanc vêtu se pencha doucement sur moi. Ce ne fut qu’à cet instant que je compris enfin ce qui m’arrivait ! Au Ciel, j’étais au ciel ! J’étais manifestement mort et bien mort ! Décédé sans avoir eu le temps de faire mes adieux à cette chienne de vie tant aimée ! Un avion avait dû s’écraser sur notre hôtel pendant la nuit ou quelque chose comme ça, car on voit régulièrement ces sortes de dramatiques accidents à la télé !

— Vous allez bien, monsieur, me demanda l’ange de sa plaisante voix de jeune femme.

Est-ce donc par ces déconcertantes paroles que l’on accueille les nouveaux-venus au paradis juste après leur mort, par ce déstabilisant : « vous allez bien, monsieur? »

— Oui, bien sûr que je vais bien, répondis-je après quelques secondes d’hésitation. Je suis mort mais je vous assure que par bonheur je me sens merveilleusement bien, quand elle ajouta de son aimable filet de voix :

— Je suis heureuse de vous savoir enfin réveillé, insista lourdement le charmant ange blond. Cela fait trois semaines, vous savez, que vous dormez ! Je vais appeler le médecin, et il va venir vous voir incessamment.

Le disciple d’Esculape qui arriva quelques dizaines de minutes plus tard. Il m’expliqua posément que j’étais enfin sorti du coma et que j’étais bien portant, en toute sécurité, sauvé, dans une chambre du service de réanimation de l’hôpital des Invalides !

— Sauvé, je veux bien être sauvé mais sauvé de quoi suis-je donc, demandai-je avec l’effarement que vous pourrez sans peine imaginer. ?

— Vous avez fait un grave AVC hémorragique, monsieur, il y a quelques semaines dans votre chambre d’hôtel, m’expliqua-t-il. Heureusement que les pompiers vous ont tout de suite transporté chez nous et que par bonheur nous avons pu vous tirer d’affaire sans difficultés excessives.

Du coup je compris tout de cet étrange rêve que j’avais fait. Les bruits de ferraille, c’était le bruit produit par le chariot que l’on poussait à toute vitesse le long des couloirs. La vrille horrible, c’était certainement le trépan avec lequel on m’avait perforé le crâne afin d’évacuer un hématome !

Depuis lors, je suis installé à Avignon, Ma fille m’y a fait venir afin de pouvoir s’occuper de moi au mieux. C’est en face du superbe parc Chico Mendès que je vois de ma fenêtre que je repense souvent à ce beau voyage que je n’aurai jamais fait.

Hier j’ai posé le programme bien à plat sur la table basse du salon et je l’ai longuement relu. J’en ai éprouvé une incommensurable nostalgie.

« Croisière La Dynastique

Plus qu’une croisière sur le Nil, il s’agit d’une porte ouverte sur la légende à bord du

Steam Ship Sudan.

De Louxor à Assouan, vous irez à la découverte des sites majeurs de la Haute Égypte. Vous marcherez sur les traces des plus importants pharaons.

Cinq jours de voyage pour une rencontre avec l’histoire humaine et spirituelle.

Jour 1 – Louxor (mardi)

 Transfert privé. Embarquement et installation dans votre cabine.

Déjeuner à bord.

 Dans le courant de l’après-midi vous découvrirez la rive Est de Louxor avec la visite du complexe de Karnak, Il s’agit de l’un des plus grands ensembles sacrés du monde. Il abrite notamment le temple du dieu souverain de Karnak, Amon, dont la construction s’échelonna du moyen empire à l’époque ptolémaïque. Vous visiterez en soirée le temple de Louxor. Il s’agit du plus élégant des édifices pharaoniques. Il fut construit sous Aménophis III et agrandi par un autre grand bâtisseur, Ramsès II.

Jour 2 – Louxor / Esna / Edfou (mercredi)

 Vous partirez tôt le matin à la découverte de la nécropole thébaine.

Vous découvrirez la Vallée des rois qui est la demeure d’éternité des pharaons.

La Vallée des Reines fut quant à elle la nécropole des épouses royales et de leurs filles au cours des XIXe et XXe dynasties.

La Vallée des Nobles abrite pour sa part la tombe de Ramozé dont la beauté et la finesse des reliefs sont d’un réalisme exceptionnel.

Vous visiterez le temple de Ramsès III à Médinet-Habou. Presque entièrement conservé il est l’exemple le plus parfait des temples funéraires de la dynastie Ramesside.

Retour à bord et début de la navigation. En soirée, passage de l’écluse d’Esna et navigation de nuit, sous les étoiles, vers Edfou.

Jour 3 – Edfou / Kom Ombo (jeudi)

Le matin, départ pour la visite du Temple d’Edfou. Dédié à Horus et Hathor il fut commencé au IVe siècle av. J.-C., sous la dynastie des Ptolémées, et achevé 170 ans plus tard. C’est l’un des temples les mieux conservés de l’Égypte antique.

En Soirée vous visiterez du temple de Kom Ombo dont la singularité est autant architecturale que religieuse. Ce type de complexe est unique en Égypte car il est consacré à deux divinités à travers deux temples réunis dans un même lieu. La partie sud était dédiée au dieu faucon Horus l’Ancien (Haroéris) tandis que la partie nord était consacrée au dieu crocodile Sobek.

Jour 4 – Kom ombo / Assouan (vendredi)

Navigation vers Assouan où prend fin la vallée du Nil et où commence la Nubie. Aux champs cultivés bordant les boucles du fleuve succèdent maintenant de grandes berges sableuses. C’était autrefois la limite de la civilisation.

 Visite du temple de Philae, domaine de la déesse Isis, mère universelle et magicienne, qui régnait sur la vie, la mort et la résurrection. Philae fut l’un des sanctuaires les plus importants d’Égypte et de Nubie jusqu’en 550 de notre ère, lorsque l’empereur byzantin Justinien ordonna sa fermeture.

Jour 5 – Asouan (samedi)

Débarquement et transfert après le petit déjeuner.

Un jour peut-être, puisque maintenant, par une sorte de miracle j’ai la chance incroyable d’aller bien je ferai ce beau voyage. Mais ce sera sans ma douce et sensuelle Charlotte puisque je l’ai définitivement perdue dans la bataille. Elle est en effet restée sous le ciel de Paris. Elle a bien sûr, mignonne comme elle l’est, rapidement rencontré un nouveau compagnon, m’a-t-elle dit au téléphone. Aujourd’hui, figurez-vous qu’elle envisage sans rire de faire ce merveilleux voyage avec lui !

Je ne l’oublierai jamais, ma somptueuse pouliche, puisque c’est elle qui m’a redonné du goût pour l’aimable et enrichissante vie à deux.

 Parfois j’ai l’impression de l’entendre me murmurer à l’oreille :

« Je suis celle qui possède la rame

Dans la barque du commandement.

Je suis la souveraine de vie.

Le guide de la lumière sur les plus belles routes,   
Je suis celle qui fixe les câbles devant les gouvernails,

Sur les longues routes de l’Occident.

Je suis la Troisième,

La souveraine de brillance.

Je suis celle qui guide le grand, qui est épuisé,

Sur les routes des éveillés.

Je suis celle qui possède la splendeur sur les routes du ciel nuageux.

Je suis celle qui possède les vents dans l’île de la joie,

Je suis celle qui possède les avirons.

Celle qui guide ceux qui sont dans leurs cavernes. 
Je suis Hathor,

La souveraine du ciel du Nord

Celle qui fixe les câbles des éveillés.

Je suis une place de quiétude pour celui qui pratique la justesse.

Je suis un bac pour ses élus.

Je suis celle qui crée la barque

Juste faite pour traverser le Juste. ».

Ancien poème Égyptien


[i] Voir : «  Assis sur son poêle »

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