Ce n’est pas mon genre 28 juin 2019

Jean-Paul Dominici

Ce n’est pas mon genre

éditions de la Sirène

collection « d’un monde à l’autre »

couverture : Gerrymages /Pixabay

Hello tout le monde ! Je me présente : je m’appelle Anne. D’après ce que j’entends à mon sujet, j’aurais toujours été, et ce depuis ma plus tendre enfance, une jolie petite fille, une agréable et gentille brunette aux formes délicieusement androgynes, même si je me suis parfois montrée un peu tapageuse, Car j’ai toujours été, il est vrai, une de ces sales gamines qui adorent se friter avec les mecs, à commencer par celui que j’ai en permanence sous la main, à savoir Hugo, qui à le malheur d’être mon frère jumeau. Cependant j’ai aussi été une fille qui a toujours su se montrer d’une tendresse exemplaire avec ses copines. Toute petite, je travaillais assez bien à l’école, mais sans faire de miracles, je suis bien obligée de le reconnaître. La matière dans laquelle j’excellais, c’était les travaux manuels, le découpage, le modelage, les cubes, puis les jeux de construction, quand j’ai fait ma maternelle. Plus tard, mes préférences iront tout naturellement aux sciences naturelles, au dessin et à la musique.

A partir de l’âge de douze ans je me suis mise à grandir à vitesse accélérée. Mon visage poupin s’affina tandis que les contours d’une sympathique poitrine commencèrent à se dessiner.

C’est à cette époque que j’ai commencé à délaisser mes poupées pour aller affronter les garçons sur le terrain de foot. C’est un jeu que j’ai adoré et pour lequel je fis preuve de dons stupéfiants car je dribblais, courais et shootais comme une aliénée.

C’est à l’issue d’un de ces matchs endiablés, alors que je prenais paisiblement ma douche, qu’un léger écoulement de sang suinta de ma mounine pour dévaler lentement, comme un ruisseau à sa source, le long de ma cuisse à la peau brune.

Sur le coup je ne dis rien à personne mais je m’inquiètai tout de même un peu. J’évoquai ce curieux phénomène avec ma mère, le soir à la maison. Nous habitions à l’époque un charmant pavillon abrité sous les saules pleureurs, près de la rivière. Oh ce n’était pas une grande rivière comme celles qui coulent aux Etats-unis au milieu de vastes teritoires quasi vierges mais il s’agissait plutôt d’un cours d’eau tranquille, un de ces endroits prisés des pêcheurs du dimanche, ceux qui ne pêchent que les petits poissons blancs comme les ablettes et les gardons, un cours d’eau sur lequel nageaient paisiblement de nombreux canards de toutes races et tout autant de foulques noirs à tête blanche. Parfois, à ma grande joie, je pouvais y apercevoir une mouette égarée et aussitôt je me sentais au bord de la mer Méditerannée.

— Oh ma chérie mais ce n’est rien, ça ! Ce n’est absolument rien, je t’assure, me dit-elle avec pédagogie d’une voix qui se voulut rassérénante ! Ce petit écoulement de sang s’appelle les règles. Il va falloir que tu t’y habitues, mon amour, parce que ce phénomène se reproduira tous les 28 jours, très exactement. C’est le mois lunaire, un rythme auquel nous sommes soumises depuis toujours, nous les femmes ! C’est parce que tu ne seras bientôt plus une petite fille, pour la simple raison tu vas devenir une véritable petite femme à partir d’aujourd’hui.

Le phénomène se reproduisit, en effet, mais pas tous les 28 jours, comme me l’avait imprudemment annoncé ma mère. Il se reproduisit selon un rythme qui fut beaucoup plus irrégulier et aléatoire.

C’est vers l’âge de seize ans que je commençai à sortir seule. J’adorais danser, que ce soit dans les bras d’un garçon ou mieux encore, dans ceux d’une fille ! Puisque, à choisir, je préférais les bras plus chaleureux et bouleversants des filles. Je m’y sentais plus au chaud, mais surtout, je m’y sentais plus en confiance.

A force de me frotter ainsi à la gent féminine, à tout ce qui porte sympathique petite culotte et charmant soutien-gorge vous comprendrez, je pense, que le temps passant comme il passe d’habitude, c’est-à-dire à vitesse accélérée, que ce qui devait arriver finit par arriver, et cela arriva relativement vite ! Car, de papouilles en papouilles, puis de caresses en caresses, nos cajoleries se firent de plus en plus chaudes et osées. Ce fut ainsi que j’en vins tout naturellement à échanger, du moins avec les plus allumées demes charmantes copines, mes premiers baisers. Oh ce ne furent que de chastes et innocents bisous au début, mais ils virèrent rapidement en délicieux baisers francs à l’occasion desquels je pris un immense plaisir à avancer ma langue à la rencontre de celles de mes petites amies afin de l’entortiller longuement et voluptueusement, pour ne pas dire inlassablement, à la leur.

Cependant, afin d’être d’une honnêteté irréprochable je dois vous avouer que je ne fus pas longtemps fidèle à Stéphanie, cette adorable blondinette aux cheveux longs et soyeux qui pourtant l’aurait mérité, tant elle était mignonne à tous points de vue. Il fut mon premier et innocent flirt, cet ange tombé du ciel qui était une jolie petite blonde aux cheveux longs et lisses qui sentaient toujours très bon, mais au contraire, et je n’ai pas honte de l’avouer, je multipliai, je surmurmultipliai même, pour être tout à fait franche, ces aventures aussi bouleversantes qu’enthousiasmantes !

Ce fut ainsi que je me sentis rapidement beaucoup proche des filles que des garçons, même si je trouvais que certains d’entre eux étaient franchement mignons, pour ne pas dire que je les trouvais craquants ! Ainsi, c’est tout naturellement que ma première véritable relation sensuelle et sexuelle eut lieu avec une de ces charmantes demoiselle. Elle se prénommait Viviane, oui comme la fée, et il est vrai que pour moi c’en était une, et une sensationnelle, même ! C’était une brune vraiment mignonne avec ses longs cheveux noirs bleutés qui cascadaient joliment sur ses épaules, qu’elle avait charmantes, surtout en été, lorsqu’elles étaient impudemment dénudées dès le retour des premiers rayons du soleil. La séduisante nymphette qui m’a initiée à ces nouveaux jeux qui furent pour moi d’un genre inédit fut suivie de nombreuses autres. Elles furent blondes ou brunes et j’eus même le bonheur de tenir dans mes bras, longtemps, oh oui pendant des mois et des mois, une ravissante et chaude petite antillaise originaire de Saint-Martin. C’est une petite île située tout près de celle de la Guadeloupe, m’a-t-elle expliqué. Je pris vraiment beaucoup de plaisir, je vous le jure, à nos tendres et chaleureux ébats avec cette fille dont la peau était douce et sucrée comme du miel d’acacia. Cependant ce furent de tendres ébats dont je souhaitai qu’ils restent les plus clandestins possibles car mes parents semblèrent s’inquiéter de ne me voir fréquenter que des minettes. Un jour, en effet, ma mère ne m’avait-elle pas dit : « J’espère que tu ne vas pas virer lesbienne, ma fille, parce que moi, vois-tu, j’aimerais beaucoup que vous nous fassiez des petits enfants, ton frère et toi. Oui j’adorerais que vous nous fabriquiez beaucoup d’insupportables loupiots tels que vous l’avez été vous-même, mais ce fut à vrai dire pour notre plus grand bonheur, parce que nous vous toujours breaucoup aimés quelles que soient les bêtises que vous faisiez !

Elle s’appelait Célimène ! Eh oui, comme dans la chanson de David Martial ! C’est pour cette raison que toute la journée on pouvait m’entendre chanter, où que je me trouve, à la maison, au sport et même au bahut, parfois !

« Depuis deux mois
J’en reviens pas
Je m’demande si je n’rêv’ pas.
Tout ça est bien trop beau pour moi
Imaginez
Une poupée
La plus bell’ fill’ du pays
Et la plus a-moureus’ aussi
C’est tout cela
Cé-li-mèn’

Et plus que ça
Cé-li-mèn’
Et c’est pour mèn’
Cé-Cé-Cé-Cé-li-mèn’
Moi je nag’ en pleine folie… »


Cependant, à force de faire plus ou moins l’amour avec mes adorables conquêtes je finis par prendre conscience de faits auxquels je n’avais jusqu’à présent pas accordé grande importance. Si je dis « plusoumoins », cela signifie bien plus ou moins, parce qu’en fait nous ne nous satisfaisions le plus souvent que de nous embrasser à en perdre haleine et nous caresser sur toutes les faces afin de nous procurer un maximum de plaisir mutuellement mais nous n’allions que très rarement jusqu’à connaître d’authentiques jouissances, de véritables orgasmes. Ainsi, comme cela me semble naturel, je ne connus pas dans mon jeune âge de sensationnelles éclates telles que celles je les connaîtrai par la suite ! Tenez, regardez mes seins, par exemple. S’ils étaient joliment dessinés, car oui, c’est vrai, je les ai toujours trouvés mignons, mes seins, mais n’étaient-ils pas plus petits que la moyenne ? Cela il vous faut le savoir, parce que c’est un détail, peut-être, mais c’est un détail très important si vous voulez comprendre quelque chose à la suite de mon étonnante histoire ! Vous devriez de la même manière noter que mes hanches, elles aussi, étaient sensiblement moins larges que celles de mes copines. Mais la différence la plus importante résidait sans aucun doute dans la taille de mon clitoris. Car, loin d’être petit, mignon et discret comme ceux de mes amies, ces adorables boutons de rose que j’adorais suçoter longuement, interminablement et lascivement, le mien était franchement plus épanoui, voire il se montrait tout simplement conquérant ! De fait, il ressemblait un peu à la zézette de mon frère, mais en plus petit, tout de même. Il ne faudrait pas tomber dans une exagération de mauvais aloi, et les testicules en moins, bien sûr ! Il arrivait même que sa taille devienne franchement impressionnante quand il était amoureusement sollicité par la langue agile ou par les doigts délicieusement fripons de mes peu farouches partenaires.

Je sortais régulièrement, aussi, à cette époque, pour aller me balader, pour aller faire les boutiques, en ville ou dans les centres commerciaux, pour aller à des concerts mais j’adorais aussi aller danser en discothèque. Un vendredi soir ne voilà-t-il pas que je tombai sur Maxime, un de mes anciens camarades du lycée. C’était même un de mes bons copains, un garçon assez grand et très mignon avec de très beaux cheveux longs, pas noirs mais presque. Nous nous connaissions bien, et nous nous appréciions aussi beaucoup. Ainsi, les manœuvres d’approche de ce charmant garçon un peu plus âgé que moi aboutirent rapidement, peut-être même un peu plus rapidement que ce qu’il aurait pu l’imaginer dans un premier temps. Et c’est ainsi qu’après avoir dansé quelques slows langoureux collé-serré avec lui il prit affectueusement ma bouche, et toujours en douceur il me mordilla la lèvre inférieure puis il m’embrassa tendrement et il continua de plus en plus fougueusement, et même passionnément, un peu comme s’il s’était soudain senti tomber follement amoureux de moi, de bibi, et oui, moi qui jusqu’à ce jour n’avais aimé que des filles ! Aussi, le moins que l’on puisse dire c’est que cette déclaration d’amour muette m’a fait tout drôle. Elle m’a même décontenancée mais par contre elle ne m’a pas le moins du monde fait mouiller ma culotte, même si je suis restée longtemps scotchée contre lui en le tenant tendrement par la taille, et oui, vous avez bien lu, j’ai bien dit « tendrement ! » !

Lorsque nous nous quittâmes, ce fut sur le coup de une heure du matin, il me dit, en me prenant gentiment la main : « Est-ce ça te dirait de venir avec moi à la mer, dimanche, parce que mon père serait d’accord pour me prêter sa voiture. C’est très sympa, tu sais, parce que c’est loin d’être une guimbarde, sa bagnole ! Mais le problème c’est qu’il en prend le plus grand soin, alors il va falloir que je fasse super gaffe ! » « Pourquoi pas, où voudrais-tu aller », lui demandai-je en lui dédiant mon plus beau sourire ?

— Oh pas très loin, vraiment pas très loin, juste à Cabourg, parce que je n’ai pas encore l’habitude de conduire sur de longues distances, je viens juste d’avoir mon permis, tu sais.

— Cabourg, oh chouette, je n’y suis jamais allée ! Il paraît que c’est vraiment très sympa, comme bled, alors oui, c’est OK, tu peux m’embarquer pour la grande aventure, si du moins tu n’as pas peur que je sois trop pénible à supporter pendant une journée entière ! « Peur, absolument pas, au contraire, parce que je te trouve adorable, sais-tu ? » me répondit-il du tac au tac.

Et ce fut ainsi que le dimanche matin Maxime vint me chercher, moi, sa nouvelle conquête aux cheveux longs mais aux nichons trop petits, déplorai-je une fois de plus, pour m’emmener à la mer. J’étais heureuse mais en même temps j’étais un peu inquiète parce que c’était une aventure, mais il se trouve que j’aime ça moi, les aventures, parce que ça m’excite et ça me fait monter l’adrénaline en flèche ! Ainsi je trouvai cet instant très agréable, quand il se gara adroitement devant le portail vert de notre pavillon !

Cette journée de fin juin me parut idéale pour une sortie en amoureux, car il n’y avait pas trop de monde sur la route et le temps était resplendissant. Le soleil brillait furieusement tandis qu’aucun nuage, pas même un mouton blanc, ne vint maculer le ciel, qui resta toute la journée d’un bleu irrésistible.

Et je dois avouer que cette nouvelle relation me changeait plutôt agréablement de mes habituelles fréquentations féminines.

Oh non, ce n’est pas parce que j’en avais ma claque des filles, n’allez surtout pas penser ça, car elle était loin de moi cette idée saugrenue, mais j’avais alors, en bonne curieuse et exploratrice que je suis, vraiment envie de goûter à autre chose, de passer de la savoureuse salade de clitoris à quelque chose que j’imaginais être beaucoup plus ferme et consistant, vous voyez sans doute ce que je veux dire… Et, pour ne rien gâcher, je trouvai en Maxime un garçon plutôt charmant, attentionné, et surtout c’était quelqu’un de formidablement intéressant !

Passionné comme il l’était de littérature contemporaine et d’astronomie, sa conversation était par conséquent très agréable, et elle fut aussi riche que variée.

Nous arrivâmes dans la ville préférée de Marcel Proust en fin de matinée. Nous garâmes notre belle auto bleue abysse sur un grand parking surveillé à l’entrée du bourg, prudence oblige, car il ne nous fallait prendre aucun risque avec le carrosse de Cendrillon !

Nous commençâmes par faire un tour en ville, à flâner sur l’avenue de la mer et nous admirâmes la façade du Grand Hôtel, qui fut le lieu de villégiature favori de Marcel, celui qui lui inspirera sa « recherche du temps perdu ». Nous contemplâmes aussi les bagnoles de luxe garées sur son parking ; Puis nous commençâmes à arpenter le front de mer, et là, à ma grande joie, mon nouvel ami me prit tendrement par la main. Il tint absolument à m’emmener au resto. C’est ainsi que nous nous installâmes à une belle terrasse face au grand bleu alors que pour ma part je me serais satisfaite d’un sandwich. nous y dégustâmes une délicieuse assiette de fruits de mer, des crevettes, des bulots, des praires, des bigorneaux, des moules et des langoustines, des palourdes, six huîtres, quelques couteaux, un oursin et un demi-tourteau que nous fîmes glisser avec un verre de de muscadet bien frais, sur lie, comme il se doit ! Maxime régla l’addition tout seul et je laissai  deux euros pour le pourboire puis nous prîmes le chemin de la longue plage que nous trouvâmes paisible et ensoleillée. Comme nous avions emmenés nos maillots nous en profitâmes pour prendre un petit bain car l’eau était calme et relativement bonne, ce qui me donna l’occasion d’admirer le corps plutôt agréable de mon copain tandis qu’il me sembla qu’il détaillait aussi le mien, car ce fut la toute première fois que nous pûmes nous considérer en détail alors que nous étions presque nus.

Après cette tendre escapade au cours de laquelle nous avions copieusement flirté je suis bien obligée de vous le dire, vu la suite, nous prîmes l’habitude de sortir régulièrement ensemble et, du coup, je vis moins mes copines. Charlotte, cette délicieuse jeune fille blonde dont les cheveux tiraient un peu sur le roux m’en a même fait la remarque. Elle en eut même l’air un peu fâchée. Bien heureusement, je ne lui avais pas parlé de ma relation intime avec le beau Maxime, me satisfaisant d’évoquer un surcroît de travail, des révisions, en maths et en chimie, qui étaient comme chacun le sait les matières où j’avais de tous temps été la plus faible, tant il est vrai que je me sens, aujourd’hui encore, plus l’âme d’une artiste que celle d’une ingénieure !

Je ne me sentais bien sûr pas encore amoureuse de lui, oh ça non, pas vraiment, pas  du tout, même, mais j’appréciais tout de même la solidité et le charme de ce premier compagnon, de ce beau et sympathique mâle, ce qui eut aussi pour mérite de rassurer définitivement ma mère sur mon orientation sexuelle, et dès lors elle commença à se voir vieillissante en train de faire des confitures bios pour une ribambelle d’adorables et turbulents marmots.

Un jour, bien sûr, à force d’insister, de flirt en flirt, le temps passant, de langoureux baisers en baisers plus chauds et passionnés, de flirt poussé en flirt encore plus poussé, qui avait vu sa main droite se promener lascivement sur ma culotte humide tandis que la gauche explorait minutieusement ma petite poitrine dont il me dit qu’il la trouvait adorable, oh comme j’en fus heureuse, vous ne pourriez même pas l’imaginer, lorsqu’il me fit ce doux compliment ! Cependant il n’a caressé ma petite chatte qu’à travers le voile de ma culotte, quand même, et après qu’il m’ait gentiment, mais résolument, cette fois, un jour, mise carrément à poil, je me retrouvai au creux d’un lit avec lui, collés serrés sous la couette !

Oh, je dois vous dire que nous n’avons pas eu à aller le chercher bien loin, ce plumard providentiel, puisque ce fut celui de ses parents, tout simplement ; ses parents, qui étaient partis pour trois longs jours dans leur maison de campagne du Touquet en lui abandonnant les lieux avec un frigo plein à craquer de bonne boustifaille!

Ce fut une folle et douce après-midi, et là vous pouvez me croire, une après-midi au cours de laquelle, après avoir copieusement chahuté, nous nous sommes tout aussi copieusement et longuement embrassés, et même amoureusement caressés sur tout le corps, de la racine des cheveux à l’extrémité des orteils, en passant par les bras, les épaules, le cou, le torse et les seins, les jambes, le ventre et les fesses, mais aussi bien entendu la foune et la bite, son sexe que je trouvai fort joli, tout en étant follement intrigant, ce gros machin, là, qui se tenait fièrement dressé entre ses cuisses! Puis, lorsque nous parvînmes tous deux au summum de l’excitation et que nous commencions, lui comme moi, il faut bien le dire, car n’allez surtout pas croire que je n’aurais pas eu autant envie de le faire que lui, moi aussi, car en réalité j’en avais envie au point de ne plus en pouvoir, mais il avait quand même fallu que j’aille faire un gros pipi avant que Maxime enfile sagement un préservatif avant de m’écarter cette fois doucement, tendrement et amoureusement, les jambes et, après m’avoir de nouveau longuement caressée et encore tout aussi délicieusement et longuement embrassée il me pénétra, mais il le fit avec infiniment de tact et de délicatesse, rassurez-vous. Ainsi, je n’ai absolument pas eu l’impression qu’il n’explosait la pachole à la dynamite, comme cela a été le cas pour quelques-unes de mes copines. Elles m’ont raconté leurs dépucelages laborieux et traumatisants, mais au contraire j’eus l’impression qu’un long et sympathique serpent de mer s’y faufilait avec infiniment de douceur, et ce fut pour moi, je vous assure, mieux qu’une sympathique découverte, car en fait ce ne fut rien de moins qu’une véritable révélation, et ce fut même un authentique bonheur !

Arrivés à ce point de mon histoire, qui est loin d’être terminée, parce ce n’est bien entendu pas de mon dépucelage réussi que je voulais vous parler, mais bien de tout autre chose, de quelque chose de beaucoup plus compliqué, comme vous allez le voir ! Il n’est peut-être pas nécessaire que je vous dise en détail comment, après m’avoir si agréablement pénétrée, Maxime me fit ensuite longuement et paisiblement l’amour. Il me l’a même fait comme un grand chef, car il m’a baisée avec une étonnnante maestria !

Il sembla y prendre beaucoup de plaisir, mais malheureusement, pour moi, je dois vous dire que cela fut hélas un peu différent.

Car si j’appréciai à sa juste valeur le doux martèlement du ventre du garçon contre le mien, je fus néanmoins un peu gênée par une douleur diffuse que je ressentis au niveau de mon vagin pendant tout le temps où il m’a besognée, ce qu’il avait pourtant fait calmement et posément, avec infiniment d’amour, du moins c’est comme cela que je le ressentis. Et pourtant, ce fut un peu comme si un jardinier m’avait énergiquement binée de l’intérieur.

Je dois dire que cette sensation désagréable m’a un peu gâché le plaisir de faire enfin l’amour comme le font toutes les vraies filles, aussi il était hors de question que je reproduise cette expérience sans avoir entrepris au préalable les actions nécessaires et indispensables afin d’y porter remède.

Lassée de devoir me refuser à mon compagnon, qui me sembla, pour sa part, avoir pleinement apprécié notre tout premier véritable rapport sexuel, au point de souhaiter de toute évidence en avoir un autre au plus tôt, je me décidai à prendre rendez-vous avec un gynécologue.

Je dois faire de la sécheresse vaginale, ou avoir une mycose, pensai-je. Tout ça se soigne sans le moindre problème, de nos jours, me dis-je, il n’y a même pas à hésiter.

Le médecin était une belle femme blonde aux cheveux dorés qui ressemblait comme une sœur jumelle à Catherine Deneuve. Elle me sembla n’être âgée que d’une petite quarantaine d’années. Elle fit preuve de beaucoup de professionnalisme en m’accordant tout le temps qu’elle jugea nécessaire pour m’examiner le plus soigneusement possible.

— Bonne nouvelle, s’exclama-t-elle joyeusement après m’avoir considérée sous toutes les coutures à l’aide de tous ses machins et de tous ses bidules en acier chromé, vous n’avez pas de mycose, mademoiselle, je ne vois pas la moindre trace d’un problème de ce côté-là, et vos sécrétions, elles aussi, me semblent tout à fait satisfaisantes. En d’autres termes, vous devriez pouvoir mouiller suffisamment pour assurer une lubrification correcte de votre vagin pendant les rapports sexuels !

Vous avez un frère jumeau, m’avez-vous dit, un faux jumeau, forcément.

— Oui, bien sûr, forcément, parce que nous sommes dizygotes. Nés de deux spermatozoïdes, m’a expliqué maman, et de deux ovules, aussi.

– En fait je crois voir d’où viennent les problèmes que vous avez rencontrés lors de ce rapport, votre vagin est simplement très étroit, il aurait même tendance à se refermer, par endroits. Alors soyez rassurée, cela devrait s’arranger avec le temps, et avec la pratique, si j’ose dire ! Alors allez-y, mademoiselle, faites l’amour, faites-le bien, faites-le longtemps et paisiblement, et surtout faites-le le plus souvent possible !

Bien, bien…écoutez, je vais quand même vous prescrire un petit examen de laboratoire, juste pour éclaircir certains points, et surtout pour confirmer mes premières hypothèses.

Je quittai le cabinet rassurée, vous devez vous en douter, puisque par bonheur je n’étais pas plus malade que ça. Cela fait toujours du bien d’apprendre une si bonne nouvelle, pas vrai ! J’appellerai Maxime dès que je serai rentrée, méditai-je gaiement. Parce que, maintenant que je sais ce qu’il me faut, et surtout ce qu’il me suffit de faire pour me soigner, je vais me soigner, et pour ça, vous pouvez me croire, une fois encore…

Il faisait beau sur ma tranquille petite ville de la grande banlieue, les oiseaux gazouillaient dans les arbres, le soleil brillait, les fleurs des plates-bandes sentaient bon, bref, la vie était belle !

Dans la semaine je me rendis au laboratoire pour faire mon examen, bien que je ne sache pas exactement de quel genre d’examen il s’agissait.

— C’est pour établir votre caryotype, tout simplement, me dit l’infirmière qui me fit la prise de sang. Si votre médecin vous demande de faire ça, c’est afin de connaître votre patrimoine génétique. Vous avez des problèmes, de ce côté-là ?

-— Oh, je ne pense pas, non !

Je ne fus donc pas beaucoup plus avancée, ainsi que vous pouvez le voir ! Je me précipitai chez Maxime, je lui fis mille câlins et l’embrassai avec fougue, et cette fois c’est moi qui lui demandai de me faire l’amour.

Je me détendis au maximum afin de favoriser la pénétration, et cette fois je n’eus pas trop mal quand il me fit l’amour, ce qu’il fit pourtant beaucoup plus énergiquement et longuement que la fois précédente avant d’éjaculer pour le final en grommelant agréablement, mais un petit peu, quand même, mais ce coup m’avait quand même été beaucoup plus bienfaisant que la première fois.

— Youpiii… jubilai-je, me voilà sur la bonne voie. Je vous jure que c’est la première fois que je suis une prescription médicale qui me soit aussi agréable.

Quelques jours plus tard j’allai récupérer mes résultats et je pris rendez-vous avec ma gynéco.

Le médecin décacheta l’enveloppe, elle en sortit trois feuillets et les lut avec une grande attention.

Son regard scrutateur se posa alors sur moi. Elle sembla dès lors me disséquer de la tête aux pieds, un peu comme si j’avais été une extraterrestre qui venait de descendre de sa soucoupe volante pour se faire examiner l’intimité par une terrienne dûment diplômée pour ce faire ! Elle planta ses grands et beaux yeux d’azur dans les miens pour me dire :

— C’est bien ce que je pensais, mademoiselle, ainsi tout s’éclaire, maintenant. Parce que j’ai enfin compris d’où viennent vos petits problèmes.

— Ah oui, vous avez compris, m’étonnai-je ! Mais, je, je pensais que… qu’est-ce que j’ai, alors ?

—Vous n’avez absolument rien, Anne, ça je peux vous le confirmer, maintenant, mais par contre, ce qu’il y a, c’est que vous possédez un caryotype un peu particulier, un 46, XX Y !

Je l’ai regardée intensément, ainsi que vous pouvez aisément l’imaginer, je pense, avec de grands yeux ronds, un peu comme si elle venait de m’annoncer que j’avais le cœur à droite !

— 46 XX Y ?! Ah oui, et alors, ça veut dire quoi, ça ?

— Alors, cela signifie, excusez-moi de vous le dire aussi crûment, Anne, cela signifie que vous n’êtes pas vraiment une femme, même si vous en avez tous les attributs, qui sont fort mignons, d’ailleurs ! ajouta-t-elle en jetant un regard furtif, mais qui me sembla être intéressé, vers mes adorables petits lolos.

— Pas une femme, mais je serais quoi, alors, un homme, m’exclamai-je?

D’un seul coup, tout s’éclaira dans ma petite tête, cela expliquait le goût immodéré pour les jolies jeunes filles qui m’avait poursuivi pendant toute mon adolescence !

— Pas plus, laissa alors tomber cruellement le médecin.

Alors ce fut qu’une panique irraisonnée qui s’empara de moi, tandis que je hurlai comme une folle:

— Comment ça, pas plus ! Je serais quoi, alors, une truie, une chèvre, ou une loutre? Oui, j’ai compris, c’est ça, je suis une loutre, ce qui explique la taille minuscule de mes soi-disant nichons !

C’est alors que le médecin me sourit amicalement pour me dire : « Non, non, rassurez-vous, Anne… »

— Rassurez-vous, merde, rassurez-vous, ça fait deux semaines que vous me serinez ça, rasurez-vous, et voilà que vous m’annoncez maintenant que…

— Et je vous le redis, mademoiselle, rassurez-vous, et surtout calmez-vous, vous n’êtes rien de tout ça, vous êtes bien un être humain, il n’y a aucun doute à ce sujet, mais vous êtes un être humain d’un genre un peu particulier, d’un genre différent, il est vrai.

— Différent ? Vous voulez dire que je suis une sorte de handicapée ?

— Handicapée ? Mais non voyons, vous n’êtes pas le moins du monde handicapée, Anne, parce que de toute évidence vous vous portez à merveille, mais vous êtes juste une sorte… une variété rare d’her, d’hermaphrodite !

— Un hermaphrodite, mais, comment est-ce possible, mais, il n’y a pourtant jamais rien eu de tel dans ma famille !

— C’est sans doute une conséquence de votre gémellité, Anne, voyez-vous, vous avez longuement baigné dans les androgènes de votre frère quand vous étiez dans l’utérus de votre mère. Mais je vois, d’après votre numéro de sécurité sociale, que vous êtes née à l’étranger. Où êtes-vous née, exactement ?

— A Lomé, au Togo. Mon père était directeur d’une cimenterie, là-bas, à cette époque.

—Eh bien, ceci explique donc pour quelle raison vous n’avez pas été diagnostiquée à la naissance. Parce que si vous étiez née en France, vous auriez reçu un traitement hormonal de substitution depuis votre naissance.

— Et, et il est trop tard, maintenant, je suppose ?

— Je le crains, en effet, mais rassurez-vous, une fois encore, tout simplement parce que de nombreux intersexes, comme nous les appelons aujourd’hui, mènent une vie tout à fait normale. Je vais vous signaler quelques associations qui les, qui vous, représentent.

— Ah ! Parce qu’en plus nous sommes nombreux ?

— Nombreux, non, ce n’est pas exactement le terme qui convient, je vous l’accorde, mais vous êtes quelques milliers, quand même, dans notre pays…

— Et, et, est-ce que je pourrai avoir des enfants ?

Elle me sourit alors très aimablement pour me dire :

— Bien sûr que oui, et même sans aucun problème, Anne, à condition toutefois que vous suiviez scrupuleusement mon conseil.

— Votre conseil, mais, quel conseil ?

Le médecin éclata d’un très beau rire :

— Oui, vous vous souvenez, ce que je vous ai conseillé la dernière fois, faites l’amour, faites-le même le plus souvent et le plus longuement possible!

— Oh, chouette, c’est Maxime qui va être content, parce qu’il adore faire ça !

— Pourquoi, parce que vous n’allez pas l’être, vous ?

— Si, si, moi aussi, bien sûr que oui, oh doux Jésus, ce que ma vie va être belle !

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